Edgar Hilsenrath

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Edgar Hilsenrath

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Edgar Hilsenrath au Salon du livre de Paris en mars 2010

Nom de naissance Edgar Hilsenrath
Naissance 2 avril 1926 (88 ans)
Leipzig
Langue d'écriture Allemand, Anglais

Œuvres principales

La Nuit, Le Nazi et le Barbier, Orgasme à Moscou, Fuck America, et Le Conte de la Pensée Dernière

Edgar Hilsenrath, né le 2 avril 1926 à Leipzig, est un écrivain juif allemand, connu avant tout pour ses romans La Nuit, Le Nazi et le Barbier et Le Conte de la Pensée Dernière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edgar Hilsenrath est venu au monde en 1926 dans une famille de commerçants juifs. Il a grandi à Halle. A l’avènement du nazisme en janvier 1933, la situation familiale change, brimades à l'école, confiscation des biens... Le père cherche vainement à obtenir un visa pour les États-Unis. En effet depuis 1920, il existe dans ce pays un système de quotas limitant l'entrée des immigrants européens. Avant « la nuit du pogrom du Reich » en 1938, il s'enfuit avec son jeune frère et sa mère chez ses grands-parents à Siret en Bucovine, Roumanie. Le père a tout d'abord l'intention de les rejoindre, ce que la déclaration de guerre rend impossible; il gagne la France où il reste pendant toute la guerre. En 1941 Edgar Hilsenrath, son frère et sa mère, ainsi que tous les camarades et leurs parents de Sereth sont déportés dans le ghetto roumain de Mogilev-Podolsk, qui se trouve aujourd'hui en Ukraine. Lorsque le ghetto est libéré en mars 1944 par les troupes russes, Hilsenrath se rend à pied à Sereth et de là gagne Tchernivtsi. Avec l'aide de l'organisation de Ben Gourion, Hilsenrath, ainsi que de nombreux juifs survivants, tous munis de sauf-conduits étrangers, gagne la Palestine. Pendant le voyage, aussi bien qu'en Palestine même, il lui arrive souvent de se retrouver en prison, mais chaque fois il recouvre peu après la liberté. En Palestine il vit de petits jobs, mais ne se sentant pas chez lui résout en 1947 de rejoindre en France sa famille, qui s'était dans l'intervalle trouvée réunie. Au début des années cinquante la famille entière émigre à New York. Là, Edgar Hilsenrath subvient à ses besoins à l'aide de petits boulots tout en écrivant son premier roman, La Nuit, dont la première publication rencontre de sérieuses difficultés car la direction de la maison d'édition, effrayée par la crudité du texte, retire le livre de la vente peu de temps après sa parution (voir la note sur la critique acerbe de Raddaz, rubrique « Littérature »). Le roman suivant, Le Nazi et le Barbier, qui a fait connaître Hilsenrath en tant qu'écrivain aussi bien en Allemagne que dans le monde entier, a été conçu pendant un long séjour à Munich. En 1975, Edgar Hilsenrath revient définitivement en Allemagne afin de s'immerger dans la langue allemande. Depuis il réside à Berlin.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Depuis son premier roman Nuit, dans lequel il relate avec un réalisme cruel son expérience en tant que survivant du ghetto, Hilsenrath prend l'Holocauste comme thème central sans jamais porter une seule accusation directe ni dépeindre les criminels et les victimes en noir et blanc, le but de son œuvre entière étant d'écrire contre l'oubli. En revanche, dans le reste de son œuvre il est passé à des formes d'expression plus vigoureuses, qui tiennent le lecteur à distance, comme la satire, le grotesque ou le conte. Le Spiegel écrit sur son roman Le Nazi et le Barbier : « ... une satire sur les juifs et les SS. Un roman picaresque, grotesque, étrange et parfois d'une cruelle sobriété qui évoque avec humour noir une sombre époque. » L'histoire met en scène un Allemand dénommé Max Schulz qui participe allègrement à la furie meurtrière de ses compatriotes après avoir rejoint la SS puis, après la défaite, usurpe l'identité de son ami d'enfance, Itzig Filkenstein, se rend en Israël et devient un sioniste fanatique... Le livre, écrit en 1968/69, ne parut en Allemagne qu'après avoir été publié en 1971 avec succès aux Etats-Unis dans la traduction anglaise sous le titre The Nazi and the Barber. A Tale of Vengeance. Après que le manuscrit eut été refusé par plus de 60 maisons d'édition allemandes, il parut enfin dans les derniers jours d'août 1977 chez un petit éditeur de Cologne, Helmut Braun. La première édition (10 000 exemplaires) fut vite épuisée, deux autres suivirent rapidement. Le livre fut très positivement accueilli par Heinrich Böll, entre autres, dans Die Zeit du 9 décembre 1977, et plus de 250 000 exemplaires se vendirent en Allemagne[réf. nécessaire]. Le livre fut édité dans 22 pays rt en 16 langues. Dans le roman Le Conte de la pensée dernière, paru en 1989 et pour lequel Hilsenrath reçut le Prix Alfred Döblin, l'auteur s'attaque au problème du souvenir et du récit historique. En décrivant le génocide arménien et en le comparant à la Shoah, il s'élève contre toute forme de violence faite à un peuple et met en garde contre l'oubli. La forme du conte, choisie par l'auteur, pour s'attaquer au mensonge signifie également que l'histoire racontée n'a plus de témoins. Dans beaucoup de livres d'Hilsenrath on trouve nettement des traits autobiographiques, qui sont cependant habituellement repris sous forme de fiction. Son ouvrage autobiographique le moins romancé est paru en 1997 sous le titre Les Aventures de Ruben Jablonski.

Les œuvres d'Hilsenrath out été traduites en 18 langues et se sont vendues dans le monde entier à plus de cinq millions d'exemplaires. Beaucoup de leurs couvertures ont été conçues par Natascha Ungeheuer, une artiste amie d'Hilsenrath. En Allemagne, la plupart de ses ouvrages sont parus dans les éditions Piper, qui rendit cependant en 2003 tous ses droits à l'auteur. De 2003 à 2008 la maison d'édition Dittrich (située d'abord à Cologne et depuis 2006 à Berlin) avec Helmut Braun comme éditeur, a publié Les œuvres complètes d'Edgar Hilsenrath en 10 tomes, édition qui, outre ses huit romans, réunit ses récits en prose et articles de presse jusque-là éparpillés (dans : Ils battaient la mesure à coups de poing, Tome 9) ainsi que le tout nouveau roman Berlin... Terminus (Tome 10).

En français[modifier | modifier le code]

  • Le nazi et le barbier, Paris, Éditions Fayard,‎ 1974
    - Trad. de Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb, Attila, 2010
  • Le conte de la pensée dernière, Paris, Trad. de Bernard Kreiss, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions »,‎ 1992, 478 p. (ISBN 978-2226058492)
  • Le Retour au pays de Jossel Wassermann, Paris, Trad. de Christian Richard, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions »,‎ 2007 (réimpr. Livre de Poche Biblio, 2007), 321 p. (ISBN 978-2226079701 et 978-2253001911)
  • Fuck America, Paris, Trad. de Jörg Stickan, Attila,‎ 2009, 291 p. (ISBN 9782917084069)
  • Nuit, Paris, Trad. de Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb, Attila,‎ 2012, 560 p. (ISBN 9782917084427)
  • Orgasme à Moscou, Paris, trad. de Sacha Zilberfarb et Jörg Stickan, Attila,‎ 2013, 320 p. (ISBN 978291-7084-526)

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

(Liste incomplète)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :