Eddie Izzard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Eddie Izzard

Eddie Izzard, né Edward John Izzard le à Aden, au Yémen, est un acteur et humoriste britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Eddie Izzard est né à Aden, au Yémen. Il est le plus jeune fils d'un couple anglais Dorothy Ella, une sage-femme et infirmière, et Harold John Izzard, un comptable[1] qui travaillait au Yémen pour British Petroleum. Un an après sa naissance, la famille Izzard déménagea en Grande-Bretagne, où sa mère mourut d'un cancer en mars 1968.

Eddie Izzard trouva un peu de consolation dans la comédie après la mort de sa mère. Il tira le plus grand réconfort des travaux des Monty Python, Steve Martin, Richard Pryor et du Benny Hill des débuts. Ses premiers pas dans le stand-up se firent à l'université de Sheffield et, après avoir été renvoyé de son cours de comptabilité, il joua son spectacle dans la rue. Ayant passé une grande partie des années 1980 à travailler comme artiste de rue en Europe et aux États-Unis, il emmena son spectacle dans les salles du stand-up en Grande-Bretagne, avec une première apparition au Comedy Store de Londres en 1987. Il affina ses sketchs durant les années 1980 et commença à se faire connaître au début des années 1990.

Il a souvent exprimé sa forte admiration pour le comédien Bill Hicks, et encouragea Billy Connolly à ses débuts. Il a également dit être intéressé par la paternité, même si le mariage n'est pas au programme[réf. nécessaire].

Succès en tant qu'humoriste[modifier | modifier le code]

Son travail dans le stand-up lui apporte un British Comedy Awards en 1993 (pour Live at the Ambassadors) et en 1996 (pour Definite Article). Après la partie britannique de la tournée, il joueDefinite Article dans de grandes villes hors du Royaume-Uni. Il fait notamment un arrêt, couronné de succès, à New York. Malgré tout, sa percée américaine ne s'est pas vraiment manifestée avant 1999, lorsque Dress to Kill a été diffusé sur la chaîne télévisée américaine HBO, environ un an après qu'il a joué son spectacle aux États-Unis, au Royaume-Uni. et en France (cette même année, il interpréta un second rôle dans le film Mystery Men). Brusquement, l'Amérique prit conscience de son existence et le spectacle finit par lui apporter deux Emmy Awards en 2000 (dans les catégories « Meilleure interprétation » et « Meilleur scénario »). Cependant, il n'interprète que rarement les sketchs de son spectacle à la télévision. Il déclare[réf. nécessaire] en effet que cela revient à user du matériel trop rapidement, alors que les sketchs sur scène peuvent être joués pendant des mois devant des publics différents.

En 2005, il fut la voix off de la campagne télévisée du gouvernement britannique pour le recyclage. Le slogan de cette campagne était « Recycler. Les possibilités sont infinies ! » (« Recycle. The possibilities are endless! »).

En janvier 2006, la chaîne télévisée américaine FX annonce la production d'une nouvelle série dramatique coécrite par Eddie Izzard appelée The Riches (devant à l'origine s'appeler Low Life). Eddie Izzard et l'actrice britannique Minnie Driver interprètent un couple marié, Wayne et Dahlia Malloy, qui faisaient partie d'une caravane d'escrocs itinérants irlandais, parcourant les États-Unis avec leurs enfants. Après avoir trouvé une famille tuée dans un accident de voiture, les Malloy prennent leurs identités et débutent une nouvelle vie en tant qu'habitants de banlieue respectueux des lois à Bâton-Rouge en Louisiane. Le cadet a montré de l'attrait pour les vêtements féminins, amenant à penser que le rôle a été basé sur les expériences personnelles d'Izzard. Izzard a affirmé dans plusieurs interviews que le personnage de Sam avait déjà des tendances au travestissement bien avant qu'il ait été choisi pour le rôle de Wayne Malloy, mais il a participé au développement du personnage pour le garder réaliste.

Il a également joué aux côtés du musicien écossais Midge Ure au Live8 à Édimbourg, en Écosse. Il jouait l'accompagnement au piano pour la chanson Vienna.

Rôles sur les planches[modifier | modifier le code]

En 1994, Eddie Izzard fait son entrée dans un drame du West End en tant que personnage principal de la première mondiale de The Cryptogram de David Mamet avec Lindsay Duncan, joué au London's Comedy Theatre. Le succès de cette interprétation le mena à un second rôle dans la comédie noire de David Beaird : 900 Oneonta. En 1995, il joua le rôle-titre dans Edward II de Christopher Marlowe.

Il incarna l'humoriste Lenny Bruce en 1999 dans Lenny (pièce créée en 1971) dans une mise en scène de son auteur, Julian Barry[2]. En 2001, il remplace Clive Owen dans la pièce de Peter Nichols de 1967 A Day in the Death of Joe Egg au Comedy Theatre. Eddie Izzard et Victoria Hamilton ont ensuite repris leurs rôles principaux lorsque le spectacle est arrivé à Broadway en 2003, dans une production de la Roundabout Theatre Company. Cette reprise reçut quatre nominations aux Tony Awards dont « Meilleure reprise d'une pièce », « Meilleur acteur et meilleure actrice dans un premier rôle » (puisqu'elle comprenait Izzard et Hamilton dans leurs débuts à Broadway) et « Meilleure mise en scène » pour Laurence Boswell.

Il a fait récemment une apparition remarquée dans le film Across the Universe. Il y interprète M.. Kite dans la séquence Being for the Benefit of M.. Kite, où il récite les paroles au lieu de les chanter. Enfin, il tient un petit rôle de Roman, un arnaqueur professionnel, dans Ocean's Twelve et Ocean's Thirteen.

Style comique[modifier | modifier le code]

Son style est fortement influencé par celui des Monty Python, en particulier dans sa manière d'exposer le fil de ses pensées entre deux sujets en utilisant des transitions inhabituelles. Il travaille rarement depuis un scénario écrit[réf. nécessaire], à cause de sa dyslexie. A la place, son discours se nourrit sans cesse de nouvelles idées de blagues, les personnages qu'il joue se transforment en d'autres, et il passe nonchalamment de l'analyse historique à ses rêveries à propos d'appareils électro-ménagers. Cela se termine souvent par de brèves interruptions dans le spectacle qu'il remplit par des « so, yeah… » et autres tics verbaux qui sont devenus sa marque de fabrique. Penser tout haut fait également partie de la tentative, réussie, d'Izzard pour inclure l'écriture du spectacle aux sketchs. Comme il le dit dans une interview[3] donnée au journal The Guardian en 2004, « C'est la tradition orale. L'Homme la pratique depuis des millénaires ». Il note souvent les réactions du public à une blague, parfois en plein milieu d'un sketch, en mimant de l'écrire sur sa main (« ça devrait être plus drôle » ou « là, je les ai perdus »), pose des questions au public et interpelle les spectateurs turbulents.

Izzard est aussi capable de faire des imitations et du mime. Il représente Dieu (comme étant une figure maladroite de l’autorité ne semblant pas vraiment savoir ce qu’elle fait) en prenant la voix de James Mason, et John F. Kennedy et Noé avec celle de Sean Connery, ces imitations étant présentes dans toutes ses prestations ; il imite également des activités comme couper du bois, passer l’aspirateur et tondre la pelouse, en utilisant l’anthropomorphisme pour donner vie aux machines avec un accent et une personnalité. Les imitations réussies deviennent des plaisanteries récurrentes qui reviennent dans différents spectacles, comme son professeur de clarinette écossais, Mme Badcrumble (littéralement, Mauvais crumble). Il s’attaque à des sujets aussi bien contemporains qu’historiques, parmi lesquels de fréquentes réécritures d’événements historiques aboutissant à des scènes uchroniques comme « Cake or Death: Church of England runs the Inquisition » (Un Gâteau ou la Mort : l’Église d’Angleterre organise l’Inquisition), ou « Jesus Ministers to the Dinosaurs » (Jésus prêche aux Dinosaures). Quand George Stroumboulopoulos, présentateur du talk show de CBC Television The Hour, l’a interrogé au sujet de son style comique, Izzard a dépeint son utilisation de l’Histoire comme suit :

« Je raconte juste de pures conneries. L’Histoire, la politique, j’ai remarqué que personne n’utilisait l’Histoire, alors il y a beaucoup d’Histoire qui traîne un peu partout, et c’est complètement gratuit, et c’est sur Wikipédia ! En fait, j’utilise Wikipédia comme un taré, maintenant. Ensuite je prends tous ces trucs, et je les régurgite sous un angle bizarre[4]. »


En 2008, dans son Stripped tour (littéralement « Tournée à nu »), Izzard s’est mis à utiliser Wikipédia elle-même comme élément de sa prestation : il en lit un article en direct (via un iPhone) et ironise sur le style rédactionnel auto-référent de l’encyclopédie ; à ce jour, ses lectures proviennent des articles Herring (« Hareng »), Spoon (« Cuillère »), Thumbtack (« Punaise (outil) »), Jam (« Confiture »), Bristol Stool Scale, Kabuki, Chutney, Battle of Prestonpans (« Bataille de Prestonpans »), Opera (« Opéra »), Hashshashin (« Nizârites ») lié depuis Assassination (« Attentat »), Age of consent (« Majorité sexuelle »), Sausage (« Saucisse »), Ho Chi Minh (« Hô Chi Minh »), Kelvin, J. R. R. Tolkien, Bread (« Pain ») et Rhode Island.

Bien que son humour traite pour une large part de questions sensibles, tout particulièrement en matière de religion, cela n’est fait de manière ni malintentionnée, ni irrespectueuse. Izzard se concentre plutôt sur les possibilités créatives que procure le fait d’imaginer des situations absurdes en direct. Son attention se porte également sur sa personne et sur sa personnalité, ce qui inclut son travestissement (« c’est là manifestement mon destin que de porter une robe sur les sept continents[5]»). La culture populaire (Harry Potter, Star Wars, etc.) est un autre sujet qui apparaît fréquemment, aussi bien pour en critiquer les faiblesses que pour épicer les anecdotes du comédien.

Son penchant pour le surréalisme est tel qu’Eddie Izzard est allé jusqu’à produire une sitcom intitulée Cows (littéralement « Vaches ») en 1997 pour Channel 4, une série comique avec de véritables acteurs déguisés en vaches[6].

Travestissement[modifier | modifier le code]

Izzard se décrit comme un travesti « cadre » (« executive transvestite ») ou « d'action » (« action transvestite »), ainsi que comme un « garçon manqué homme » (« male tomboy ») ou un « homme lesbien » (« lesbian male ») plutôt que comme un travesti « cinglé » (« weirdo ») (il prend J. Edgar Hoover comme exemple illustrant ce dernier type de travesti). Il se travestit régulièrement à la fois sur scène et dans la vie, tout en précisant bien que ce n’est pas sexuel en ce qui le concerne : il aime simplement être maquillé et vêtu d’habits, ce qui est traditionnellement considéré comme étant réservé à la gent féminine dans la culture occidentale. Dans l’un de ses spectacles, il observe que « Les femmes portent ce qu’elles veulent et moi aussi[7]. » Selon Izzard, « La plupart des travestis sont attirés par les femmes[8]. » Il rejette les allégations d’homosexualité en affirmant être soit un travesti hétérosexuel, soit un « homme lesbien ». Il s’est aussi décrit comme « une lesbienne piégée dans un corps d’homme » (« a lesbian trapped in a man's body »), mais cela n’est en général pas compris comme voulant dire qu’il se perçoit comme transsexuelle.

Izzard, qui parle parfois de son « envie de poitrine » (« breast envy »), porte occasionnellement une paire de faux seins depuis qu’il a tourné dans le film Chapeau melon et bottes de cuir ; ceux-ci auraient été modelés à l’image des propres seins d’Uma Thurman et devaient être à l’usage de sa doublure[réf. nécessaire].

Engagements politiques et culturels[modifier | modifier le code]

Izzard a fait connaître son opinion publiquement sur divers sujets ; il est particulièrement connu en tant que fervent défenseur pro-Union européenne de l’intégration du Royaume-Uni dans celle-ci. En mai 2005, il a participé au débat politique Question Time de la BBC où il s’est décrit comme un « Britannico-Européen » (« British-European »), comparant ceci à d’autres identités culturelles telles qu’« Afro-Américain » ; dans la lignée de son soutien à l’intégration européenne, il a été l’un des premiers à dépenser un euro à Londres. Son approche paneuropéenne a influencé son travail : il se produit régulièrement en français, langue qu’il a apprise, et à l’occasion en allemand, en plus de l’anglais.

En juillet 2003, Izzard a été fait Doctor of Letters honoraire par l’University of East Anglia à Norwich (en Angleterre) pour son « activisme pro-européen », « son rôle dans la promotion des langues modernes et de la tolérance des autres cultures et modes de vie » ainsi que pour avoir « transcendé les barrières nationales » avec son humour[9]. "pro-Europe campaigning" "his contribution to promoting modern languages and tolerance of other cultures and lifestyles" "transcended national barriers"

Il a également milité sans succès contre la fermeture des départements respesctifs de théâtre d’une part, et de Langues, linguistique et traduction d’autre part (« Drama » ; « Languages, Linguistics and Translation ») de l’université d’Est-Anglie.

En 2005, il a figuré dans un court-métrage télévisé en faveur du Parti travailliste britannique dans le cadre des élections législatives britanniques de 2005.

Le , il a obtenu un doctorat ès lettres honoraire de la faculté des Arts de l’université de Sheffield[10], où il avait étudié pendant un an dans un cours de Comptabilité et gestion financière au début des années 1980. Du temps où il allait à l’université, il créa la Alternative Productions Society in the Union of Students (littéralement « Société de productions alternatives du syndicat des étudiants »), aujourd’hui disparue, qui visait à promouvoir les formes d’art alternatives.

Le , Izzard était l’un des présentateurs de l’étape de Londres (en) du Live Earth.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le , Izzard a été classé troisième des cent plus grands comiques dans la série d’émissions 100 Greatest… (« Les 100 plus grands… ») de Channel 4. Dans un sondage de 2005 portant sur « Le comiques des comiques » (The Comedian’s Comedian), Izzard est arrivé parmi les vingt plus grands artistes comiques de tous les temps sur la base du vote de collègues et du monde de la comédie ; dans l’émission 100 Greatest Stand-ups of All Time, sur Comedy Central, il a été classé 75e. Durant le programme spécial It’s… the Monty Python Story[11] télédiffusé en 1999 et présenté par Eddie Izzard, John Cleese a dit de ce dernier qu’il est le « Python égaré » (« Lost Python »). Cette idée a fait du chemin du fait de la participation d’Izzard à des œuvres des Monty Python où il a repris le rôle de feu Graham Chapman au milieu des autres membres historiques du groupe comique. En 2008, Izzard a reçu le James Joyce Award (en) de la part de la Literary and Historical Society (en).

Filmographie et spectacles[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Spectacles[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Live at the Ambassadors
  • 1994 : Unrepeatable
  • 1996 : Definite Article
  • 1997 : Glorious
  • 1999 : Dress to Kill
  • 2002 : Circle
  • 2003 : Sexie
  • 2009 : Stripped

Télévision[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eddie Izzard Biography (1962-)
  2. Julian Barry a aussi adapté sa pièce pour le film Lenny, avec Dustin Hoffman.
  3. (en) «  'Mentally, I'm all boy - plus extra girl'  » sur le site du Guardian
  4. (en)  The Hour [Émission télévisée]. Canada: CBC Television. « I just talk complete bullshit. The history, the politics, I noticed that no one was using history, so there's a lot of history lying about the place, and it's all free, and it's on Wikipedia! You know, I use Wikipedia like a crazy idiot, now. Then I take all this stuff, and I regurgitate it into a weird angle »
  5. « it is my manifest destiny to wear a dress on all seven continents »
  6. (en) « cake or death? an Eddie Izzard site :: the bio », sur http://www.auntiemomo.com/cakeordeath, Auntie Momo (consulté en 17/04/2009)
  7. « Women wear what they want and so do I. »
  8. « Most transvestites fancy girls. »
  9. (en) « University of East Anglia: Events and News: Eddie Izzard »,‎ 2007 (consulté en 26/03/2008)
  10. (en) « Comic genius receives honorary degree » sur le site de l’université de Sheffield
  11. (en) It’s… the Monty Python Story (1999) (TV)

Liens externes[modifier | modifier le code]