École de Mars

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Epée de l'Ecole de Mars déssinée par David.

L'École de Mars est une école dispensant un enseignement militaire et civique pendant la Révolution française.

Créée par décision de la Convention nationale du 13 prairial an II (1er juin 1794), l'École de Mars est installée dans la plaine des Sablons, à Neuilly-sur-Seine, aux portes de Paris. Elle doit recevoir de jeunes citoyens, six par district, choisis parmi les fils de sans-culottes. Il est prévu qu'ils y reçoivent une instruction militaire, afin de fournir les cadres de l'armée, mais aussi qu'ils soient formés[1] « à toutes les vertus républicaines ». Elle compte 3 468 élèves[2].

Les représentants du peuple Jean-Pascal Charles de Peyssard et Philippe-François-Joseph Le Bas sont chargés de l'administrer par arrêté du Comité de salut public du 14 prairial (2 juin). Après le 9-Thermidor, Le Bas, qui s'était suicidé, est remplacé par Jacques Brival le 15 thermidor, puis Louis-Bernard Guyton-Morveau le 26 thermidor. Le 27 fructidor, un décret renouvelle les représentants près le camp des Sablons ; le lendemain, elle nomme Marie-François Moreau et Alexis-Joseph Bouillerot-Demarsenne[3].

Vêtus d'une blouse de gros coutil blanc et d'un bonnet de police, les élèves se lèvent très tôt le matin pour faire l'exercice sous les ordres d'un vétéran. Après un moment de repos et une légère collation à neuf heures, ils s'exercent au maniement de la pique, à l'armement et l'entretien d'un fusil, à l'art de la poudre, du chargement d'un canon de tir. À midi, leur déjeuner se compose d'un demi-litre de légumes secs, haricots et fèves, et d'une livre et demie de pain, avec un peu de porc — menu remplacé par une livre de bœuf, du chou, du riz et des pommes de terre chaque décadi[1].

Les cours ont lieu sous une grande tente, sont donnés par les plus grands savants[1] de l'époque : Claude Louis Berthollet, Antoine-François Fourcroy, Guyton-Morveau, Jean Henri Hassenfratz, Gaspard Monge[4], et comprennent les fortifications et les sapes, la physique et la chimie, la justice et l'administration militaire. Interrompus à deux heures, ils reprennent de cinq à sept heures[1].

Après le 9-Thermidor, le personnel est épuré de ses éléments robespierristes, à la suite d'un décret proposé par Jean-Lambert Tallien[3].

La Convention thermidorienne décide le 2 brumaire an III (23 octobre 1794), sa fermeture[1], qui se déroule du 3 au 15 brumaire[3]. On retrouve plusieurs de ses élèves dans les registres de contrôle des troupes comme sous-officiers ou officiers jusqu'à l'Empire[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bertaud, « École de Mars », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (Quadrige, 2005, p. 387).
  • Arthur Chuquet, L'École de Mars, 1794, E. Plon, Nourrit, 1899, 363 pages.
  • J. Guillaume, « L'École de Mars et le livre récent de M. Arthur Chuquet », La Révolution française: revue d'histoire contemporaine, Paris, Société de l'histoire de la révolution française, Charavay frères, 1899, tome 37, p.294-316.
  • Dominique Julia, « Sélection des élites et égalité des citoyens. Les procédures d'examen et de concours de l'ancien Régime à l'Empire », dans Léo Hamon (dir.), La Révolution à travers un département (Yonne), Éditions MSH, 1990, 391 pages, p. 117-153.
  • Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Jean-Paul Bertaud, p. 387.
  2. Dominique Julia, p. 136.
  3. a, b et c J. Guillaume, p. 311.
  4. Dominique Julia, p. 134.