Ecclésiaste Rabbah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L’Ecclésiaste Rabbah ou Ḳohelet Rabbah (en hébreu, קהלת רבה) est un commentaire de la Aggada sur le livre de l’Ecclésiaste, inclus dans la compilation du Midrash Rabbot. Il suit le livre biblique verset par verset, seuls quelques versets n'étant pas commentés. Dans la liste des anciens sedarim pour la Bible, quatre sedarim sont assignés à l'Ecclésiaste, à savoir i. 1, iii. 13, vii. 1, et ix. 7 ; le Midrash Ḳohelet était probablement divisé selon ces sections. Cela se déduit de la phrase "Sidra tinyana" insérée entre les commentaires à Eccl. vi. 12 et vii. 1, et de la phrase "Sidra telita'a" entre les commentaires à Eccl. ix. 5 et ix. 7. Ces phrases interviennent à la fin de la deuxième et troisième sections du midrash, de la même manière que "Seliḳ sidra" indique la fin des sections dans Ruth Rabbah et Esther Rabbah dans les éditions plus anciennes. Le commentaire de iii. 12 ayant été perdu, l'exposition de la conclusion de la première section est manquante. Rien ne reste pour indiquer où une section s'achève et où une commence, et il n'y a pas de remarques introductives au commentaire sur ii. 13. Mais une introduction manque aussi au commentaire à vii. 1 et ix. 7.

Adaptations de Midrashim plus anciens[modifier | modifier le code]

L'auteur s'est limité principalement à la compilation et à l'édition et n'a pas composé de nouvelles introductions aux sections. Œuvrant entre le VIe siècle et le VIIIe siècle, il a largement utilisé les introductions qu'il pouvait trouver dans des midrashim antérieurs — Bereshit Rabba, Pesiḳta, Eikha (Lamentations) Rabbati, Vayiḳra (Lévitique) Rabbah, Shir ha-Shirim (Cantiques) Rabbah — ou dans les anthologies à partir desquelles ces midrashim furent compilés. Cela montre le rôle important que les introductions aux midrashim plus anciens jouaient dans les midrashim postérieurs, puisqu'ils servaient soient de source soient directement de composants pour ces derniers. Pour les introductions aux commentaires sur le texte biblique et pour les homélies sur les sedarim et le cycle Pesiḳta, il était coutumier de choisir des textes qui ne se trouvaient pas dans le Pentateuque, mais principalement dans l'Hagiographa, y compris l’Ecclésiaste. Cette pratique entraîna très tôt un traitement aggadique de nombreux passages de l’Ecclésiaste, qui à son tour fournit une grande partie de la matière servant à la compilation du Midrash Ḳohelet.

Les passages les plus longs dans le Midrash Ḳohelet sont les introductions à Pesiḳta et Wayiḳra Rabbah, que l'auteur a toutes utilisées. Certaines introductions furent abrégées, et les introductions de divers midrashims furent combinées dans un commentaire sur un passage de l’Ecclésiaste. Par exemple, le long passage sur Eccl. xii. 1-7 est une combinaison de l'introduction à Wayiḳra Rabbah xviii. 1 et de la vingt-troisième introduction à Ekah Rabbati (ed. S. Buber, pp. 9a-12a). Sur les 96 colonnes que le Midrash Ḳohelet comprend dans l'édition vénitienne, presque 20 sont occupés par des expositions que l'auteur a empruntées aux introductions aux Bereshit Rabba, Pesiḳta, Wayiḳra Rabbah, et Shir ha-Shirim Rabbah. Il s'agit des commentaires à Eccl. i. 1, 3, 5, 18; ii. 2, 12b, 21, 23; iii. 1, 11, 15, 16; v. 4, 5, 8, 15; vi. 7; vii. 14, 23 et seq.; viii. 1; ix. 2, 15; x. 20; xi. 2, 6; xii. 1-7. Beaucoup d'autres passages, outre les introductions, ont été transférés de ces sources dans le Midrash Ḳohelet. Par ailleurs, il comprend plusieurs passages communs avec Ruth. R. : on peut comparer en particulier le commentaire sur Eccl. vii. 8 qui inclut l'histoire de R. Meïr et de son maître Elisha b. Abuya avec Ruth Rabbah vi. (se rapportant au Livre de Ruth iii. 13), avec lequel il correspond presque mot à mot. Dans cet exemple, l'histoire n'a pas été empruntée directement à sa source dans Yer. Ḥag. ii. 77b, c.

Parallèles avec le Talmud de Babylone[modifier | modifier le code]

Bibliographie de la Jewish Encyclopedia[modifier | modifier le code]

  • Zunz, G. V. 1st ed., p. 265;
  • J. Theodor, in Monatsschrift, 1880, pp. 185 et seq.;
  • Müller, Masseket Soferim, p. 221;
  • Weiss, Dor, iii. 274, iv. 209;
  • Grünhut, Kritische Untersuchungen des Midrash Ḳohelet, v.;
  • Winter and Wünsche, Jüdische Litteratur, i. 570 et seq.;
  • German transl. of Midrasch Ḳohelet by Aug. Wünsche, Leipsic, 1880.

Lien externe[modifier | modifier le code]