Eardwulf de Northumbrie

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Eardwulf (fl. 790 – v. 830) fut roi de Northumbrie de 796 à 806, date à laquelle il fut déposé et exilé. Il régna peut-être à nouveau à partir de 808, jusqu'en 811 ou 830.

La fin du VIIIe siècle fut une période troublée en Northumbrie, qui vit la lutte entre plusieurs familles nobles pour le pouvoir, et en 790, le roi Æthelred Ier tenta de faire assassiner Eardwulf. Celui-ci survécut, ce qui fut peut-être considéré à l'époque comme un signe de la faveur divine. En avril 796, Æthelred fut victime d'un complot fomenté par des nobles. Un certain Osbald lui succéda, mais fut déposé après seulement vingt-sept jours de règne, et Eardwulf devint roi le 14 mai 796.

La famille d'Eardwulf est quasiment inconnue, mais on sait que son père, qui s'appelait également Eardwulf, était noble. Au moment de son avènement, Eardwulf était marié à une femme dont on ignore le nom ; il est possible qu'il ait épousé par la suite une fille illégitime de Charlemagne. En 798, il affronta à Billington Moor un noble du nom de Wada, qui était parmi les responsables de la mort d'Æthelred. Wada fut vaincu et chassé du royaume. En 801, Eardwulf mena une armée contre Coenwulf de Mercie, peut-être parce que ce dernier soutenait d'autres prétendants au trône de Northumbrie.

Eardwulf fut déposé en 806 et, d'après un document franc, reprit son royaume en 808. Ni sa mort ni la fin de son règne ne sont documentées, et des dates allant de 811 à 830 ont été proposées. Il est possible qu'il ait été inhumé au monastère mercien de Breedon on the Hill, lequel est dédié à sainte Marie et saint Hardulph, auquel Eardwulf est identifié par plusieurs historiens.

Contexte[modifier | modifier le code]

La Northumbrie à la fin du VIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Situation politique de la Grande-Bretagne vers 800

Durant la seconde moitié du VIIIe siècle, plusieurs lignées s'affrontèrent pour le trône de Northumbrie, et plusieurs rois furent déposés ou assassinés. Les principales lignées étaient celles d'Eadberht, d'Æthelwald Moll et d'Alhred. Durant les huit années qui précédèrent l'avènement d'Eardwulf, ces trois lignées furent impliquées dans la querelle dynastique : le 23 septembre 788, le roi Ælfwald, petit-fils d'Eadberht, fut assassiné par le patricius Sicga près de Hexham, et son cousin Osred, de la lignée d'Alhred, lui succéda. Il fut déposé un an plus tard, et Æthelred, fils d'Æthelwald Moll, qui avait été déposé enfant en 778, récupéra le trône[1].

Certains monarques anglo-saxons ont été tués par des membres de leurs maisonnées, ou bien durant une lutte ouverte contre des rivaux, mais dans l'ensemble, il en reste peu de traces. Les témoignages de rois déposés sont tout aussi rares. Au VIIIe siècles, seules deux dépositions se font dans un contexte connu : celle d'Æthelwald Moll en Northumbrie, et celle de Sigeberht de Wessex. Dans les deux cas, la décision est présentée comme ayant été prise par une sorte de conseil[2].

Les successions difficiles n'étaient en aucun cas le monopole de la Northumbrie : les royaumes de Mercie et du Wessex connurent des troubles semblables aux VIIIe et IXe siècle. Au Wessex, les relations entre les rois qui se succédèrent de 685 (mort de Centwine) à 802 (avènement d'Egbert) sont peu claires, et seuls quelques-uns sont indubitablement des parents proches de leurs prédécesseur ou successeur. On peut en dire autant de la Mercie entre 716 (mort de Ceolred) et la disparition du royaume, à la fin du IXe siècle[2].

Les rois ne régnaient pas seuls : ils gouvernaient avec les principaux ecclésiastiques et nobles. Les institutions des royaumes du sud sont mieux connues que celles de la Northumbrie par leurs chartes, mais il subsiste suffisamment d'éléments pour permettre de reconstruire certains aspects de la vie politique northumbrienne. Ce sont principalement des documents latins, qui emploient les termes dux et patricius pour désigner les principaux nobles du royaume. Dux est généralement traduit par le terme anglo-saxon ealdorman. L'historien Alan Thacker estime que ce titre était porté par environ huit hommes dans la Northumbrie tardive[3]. Patricius est généralement traduit par « patricien », un terme qui signifie simplement « noble », mais qui, dans l'Empire romain tardif, désignait une position particulièrement élevée, inférieure à l'empereur uniquement. Le sens du titre en Northumbrie est incertain, mais il semble n'avoir été porté que par une seule personne à la fois. Il est possible qu'il s'agisse d'un simple synonyme de dux, ou bien qu'il représente une position à peu près équivalente à celle des maires du palais chez les Mérovingiens[4].

L'Église était l'un des principaux propriétaires terriens de Northumbrie, peut-être derrière le roi seul[5]. À sa tête se trouvait l'archevêque d'York, poste occupé par Eanbald Ier jusqu'en 796, Eanbald II jusqu'à une date incertaine après 808, puis par Wulfsige jusqu'en 830 environ[6]. Trois évêques étaient directement sous les ordres de l'archevêque : l'évêque de Lindisfarne, l'évêque de Hexham et l'évêque de Whithorn. Les principaux ecclésiastiques restaient généralement longtemps au pouvoir, si bien que les rois devaient fréquemment collaborer avec des hommes choisis par leurs prédécesseurs, avec lesquels leurs relations pouvaient être difficiles[7].

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Au sud de la Northumbrie, la Mercie des rois Æthelbald, Offa et Coenwulf était la puissance majeure de l'Angleterre anglo-saxonne. Offa, le plus puissant des trois, régna sur la Mercie jusqu'en 796, suivi peu après par Coenwulf[8]. La domination d'Offa était en partie assurée par des alliances matrimoniales avec les autres grands royaumes : il avait donné ses filles en mariage à Beorhtric de Wessex et Ethelred de Northumbrie[9]. Plus loin, Charlemagne semble avoir porté intérêt aux affaires northumbriennes. Les événements dans le sud de l'Angleterre jusqu'en 796 ont parfois été considérés comme témoignant d'une lutte entre Offa et Charlemagne, mais le pouvoir du second, dont l'empire s'étendait de l'Atlantique à la grande plaine de Hongrie, était de loin supérieur à celui du premier, qui était clairement par comparaison une figure mineure[10].

Les premiers éléments de relations amicales entre Charlemagne et Offa sont tempérés par des signes de tension. Charlemagne accueillit à sa cour deux exilés d'Angleterre : Odberht de Kent (probablement Eadberht Præn) et Egbert de Wessex. Eadberht Præn régna brièvement sur le Kent après la mort d'Offa, mais fut déposé par Coenwulf ; Egbert connut un meilleur sort, s'emparant du trône du Wessex en 802 et parvenant à le conserver[11]. Il est clair que les intérêts merciens et francs ne pouvaient pas toujours coïncider, et la politique franque bascula vers le soutien des opposants d'Offa[12]. Pour Charlemagne, cela visait avant tout la Northumbrie ; selon Patrick Wormald, « aux yeux de Charlemagne, l'Angleterre n'était gouvernée que par deux rois : Æthelred en Northumbrie et Offa dans le Sud[13] ». Le soutien franc à la Northumbrie semble donc issu d'une volonté de contrer l'influence mercienne sur le sud de l'Angleterre, une région liée depuis longtemps à la Francie[14]. Toutefois, il a également été suggéré que l'intérêt de Charlemagne pour la Northumbrie était motivé par un désir de coopération contre les Vikings, dont les premiers raids avaient frappé la Northumbrie au début des années 790[15]. Il est également possible que Charlemagne ait considéré la Grande-Bretagne comme relevant de son autorité, en tant qu'ancienne province de l'Empire romain[16].

Toutefois, Charlemagne et Offa semblent avoir à l'origine soutenu tous deux le roi Æthelred, le beau-fils d'Offa[17]. Peu avant son meurtre, en 796, une ambassade venue de Francie apporta des cadeaux au roi Æthelred et à ses évêques. Lorsque Charlemagne apprit le sort d'Æthelred, il fut pris de colère, qualifiant les Northumbriens de « peuple traître, pervers [...] qui tue ses propres seigneurs », et menaça de le venger. Ses ambassadeurs, qui avaient poursuivi leur voyage en Irlande et se préparaient à rentrer, revinrent en Northumbrie pour reprendre leurs cadeaux[18]. En fin de compte, Charlemagne se rangea du côté d'Eardwulf[19]. Eardwulf aurait épousé une de ses filles, mais si tel est le cas, ce devait être une fille illégitime, car les mariages de toutes ses filles légitimes sont connus[20]. En revanche, Coenwulf, qui devint roi de Mercie peu après l'avènement d'Eardwulf, affronta celui-ci en 801[21].

Jeunesse et avènement[modifier | modifier le code]

Rien ne nous permet de lier Eardwulf à aucune des factions en lutte pour le pouvoir jusqu'au milieu des années 790. Son origine est incertaine, bien que l’Historia Regum Anglorum et Dacorum de Siméon de Durham, texte du début du XIIe siècle basé sur la chronique de Byrhtferth, datant du Xe siècle et aujourd'hui perdue, indique que son père s'appelait également Eardwulf[22], et que père comme fils portaient le titre de dux[23]. L'historienne Barbara Yorke a proposé qu'il descende d'un certain Eanwine qui, selon Siméon de Durham, fut tué en 740 sur ordre du roi Eadberht[1]. Cet Eanwine est peut-être la même personne que le fils du roi Eadwulf qui porte ce nom[24]. Le père d'Eardwulf était peut-être l'un des deux Eardwulf dont Siméon de Durham note le décès en 774 et 775[25].

Eardwulf semble s'être opposé à Æthelred Ier. Il apparaît pour la première fois dans les sources vers 790, lorsque Siméon de Durham indique que[26]

Eardulf fut fait prisonnier, et conduit à Ripon, et là le roi susdit [Æthelred] ordonna qu'on le mît à mort devant la porte du monastère. Les frères emportèrent son corps dans l'église en chantant, et le placèrent dans une tente à l'extérieur ; après minuit, il fut trouvé vivant dans l'église.

Une lettre d'Alcuin à Eardwulf suggère que cette guérison fut considérée comme miraculeuse[27],[28].

Les faits et gestes d'Eardwulf après sa guérison sont inconnus. Il eut plus de chance que les fils d'Ælfwald, qui furent noyés sur ordre d'Æthelred en 791[29]. Osred revint d'exil, mais fut trahi et tué sur ordre d'Æthelred le 14 septembre 792[30]. Æthelred lui-même fut assassiné le 18 avril 796, peut-être à Corbridge, par des conspirateurs menés par le dux Ealdred[31]. Le successeur d'Æthelred fut Osbald, d'origine inconnue ; il fut déposé après vingt-sept jours de règne et s'enfuit chez les Pictes avec quelques partisans[32].

Règne[modifier | modifier le code]

Eardwulf devint roi le 14 mai 796. La Chronique anglo-saxonne indique qu'il fut sacré par Eanbald, archevêque d'York, et les évêques Æthelberht, Beadwulf et Hygebald à York Minster le 26 mai 796[33],[27],[28].

Eardwulf était marié avant son avènement : Alcuin lui reproche d'avoir abandonné sa femme pour une concubine peu après son couronnement. Cela rendit ses relations avec le nouvel archevêque difficiles — Eanbald Ier mourut l'année de son couronnement et fut remplacé par Eanbald II. Tout en condamnant l'oppression séculaire de l'église, Alcuin affecte la surprise en voyant que l'archevêque Eanbald était accompagné lors de ses voyages d'une importante escorte, en partie composée de soldats, et qu'il accueillait et protégeait les ennemis du roi. Eanbald et Eardwulf s'opposaient probablement sur des questions de propriété, mais il est probable qu'il soutenait également des prétendants au trône[34].

Æthelred et Eardwulf avait été ennemis, mais les assassins du premier se révélèrent tout aussi hostiles à l'égard du second. En 798, le dux Wada, qui avait participé à la conspiration contre Æthelred, affronta Eardwulf à Billington Moor, près de Whalley. Wada fut vaincu et s'enfuit peut-être en Mercie. Il espérait peut-être remettre Osbald sur le trône. Ce dernier ambitionnait encore de reprendre le pouvoir : Alcuin lui écrivit, probablement en 798, pour tenter de le dissuader de continuer à se mêler des affaires northumbriennes. L'argumentation d'Alcuin semble avoir été efficace, puisqu'à sa mort, en 799, Osbald s'était fait abbé, abandonnant donc ses ambitions[35],[27],[28]..

Les deux années suivantes virent deux autres tentatives de renverser Eardwulf, apparemment issues des lignées qui s'affrontaient pour le trône. En 799, le dux Moll fut tué sur « ordre exprès » d'Eardwulf[36]. Son nom laisse à penser qu'il puisse s'agir d'un parent du roi Æthelred, dont le père s'appelait Æthelwald Moll. L'année suivante, Ealhmund, « fils du roi Alhred, d'après certains[37] », fut tué par les hommes d'Eardwulf, et par la suite révéré comme un saint à Derby[38],[27],[28].

Il est possible qu'Ealhmund ait été soutenu par le roi Coenwulf de Mercie[35],[27],[28]. Siméon de Durham indique qu'en 801 :

Eardwulf, roi des Northumbriens, mena une armée contre Coenwulf, roi des Merciens, parce qu'il avait donné asile à ses ennemis. En rassemblant son armée, il obtint également de nombreux auxiliaires d'autres provinces, ayant réalisé une longue expédition parmi eux. Enfin, avec le conseil des évêques et des chefs des Angles des deux camps, ils firent la paix grâce à la bonté du roi des Angles[39].

La guerre ouverte s'acheva ainsi, mais Eardwulf fut déposé en 806 dans des circonstances inconnues. Les lettres échangées par Charlemagne et le pape Léon III suggèrent que Coenwulf y joua un rôle[18]. D'après Roger de Wendover, chroniqueur du XIIIe siècle, Eardwulf fut remplacé par Ælfwald II, au sujet duquel les sources ne nous apprennent rien d'autre, bien qu'il subsiste quelques pièces frappées sous son règne[38].

Comme le montre l'exemple d'Ælfwald, si les sources écrites pour l'histoire tardive de la Northumbrie sont rares, et fréquemment rédigées plusieurs siècles après les faits, les preuves archéologiques offertes par les monnaies sont indépendantes des annales qui subsistent. À l'époque anglo-saxonne, les monnaies portaient généralement le nom du souverain sur ordre duquel elles avaient été émises, et portaient parfois également le nom de l'endroit où elles avaient été frappées (York pour les pièces northumbriennes) et celui du monnayeur. Leur poids et leur taux d'argent peuvent être comparés avec ceux d'autres règnes, fournissant des indications sur la situation économique, et leur style et leur taille permettent également d'inférer des influences culturelles par comparaison avec les monnaies d'autres royaumes. Les monnaies northumbriennes sont particulièrement précieuses au IXe siècle, période pour laquelle les sources écrites contemporaines ont presque toutes disparu[40].

À partir des années 740 et jusqu'à la fin du royaume de Northumbrie, la plupart des rois émirent des monnaies, en quantités diverses. Jusque récemment, on ne connaissait aucune monnaie du règne d'Eardwulf, ce qui laissait penser qu'il s'agissait d'une période d'instabilité, ou que le royaume avait été appauvri par le paiement d'un tribut aux rois merciens Offa et Coenwulf[40]. On sait aujourd'hui que l'émission de nouvelles monnaies ne cessa pas sous le règne d'Eardwulf, depuis l'identification de deux pièces dans les années 1990[41]. L'émission de nouvelles monnaies paraît cependant avoir été limitée sous le règne d'Eardwulf, et on ne retrouve un nombre significatif de monnaies northumbriennes qu'à partir du règne d'Eanred, le fils d'Eardwulf[42].

Exil et retour[modifier | modifier le code]

Comme nombre de ses prédécesseurs, Eardwulf s'exila après sa déposition. À la différence des rois liés à Lindisfarne, qui semblent avoir choisi l'exil chez les Pictes (comme Alhred et Osbald), Eardwulf, lié à Ripon, choisit de s'exiler au sud. On retrouve sa trace dans les Annales d'Éginhard, à l'année 808 :

Cependant le roi des Northumbres, de l’île de Bretagne, nommé Eardulf, chassé de sa patrie et de son royaume, se rendit près de l’empereur, alors à Nimègue, lui exposa la cause de son voyage, et partit pour Rome. A son retour de Rome, par l’entremise des légats du pontife romain et de l’empereur, il fut rétabli dans son royaume. Le chef de l’Église romaine était alors Léon III ; son légat en Bretagne était Ædulf, diacre de ce pays, saxon de nation. L’empereur envoya avec lui deux abbés, Rutfried, notaire, et Nantharius, abbé de Saint-Otmar.

Une lettre de Léon III à Charlemagne confirme qu'Eardwulf se rendit à Rome, et passa un certain temps à la cour de Charlemagne[43].

Les Annales d'Éginhard indique clairement qu'Eardwulf fut « rétabli dans son royaume »[44], mais les sources anglo-saxonnes ne font nulle part état d'un second règne. Ælfwald fut-il remplacé par Eardwulf, qui aurait alors régné de 808 à 811/812, ou bien le règne d'Eanred, le fils d'Eardwulf, commença-t-il dès 808[45] ?

Des études récentes se basent sur la découverte d'un penny d'Eanred pour lequel aucune date antérieure à 850 n'est proposée pour suggérer une chronologie tout à fait différente des rois de Northumbrie du IXe siècle[46]. D'après cette chronologie, le second règne d'Eardwulf s'est achevé vers 830, plutôt que peu après 810, et les règnes des rois ultérieurs doivent être adaptés en conséquence : Eanred de 830 à 854, Æthelred II de 854 à 862, Rædwulf en 858, et Osberht de 862 à 867[27],[47].

L'église Sainte-Marie-et-saint-Hardulph, à Breedon on the Hill

Les historiens identifient Eardwulf au saint Hardulph ou Hardulf, auquel est dédiée l'église royale mercienne de Sainte-Marie-et-saint-Hardulph, à Breedon on the Hill. Bien qu'il ne soit pas prouvé, ce lien a été avancé par plusieurs historiens et ne fait pas débat. Une preuve indirecte provient d'une liste de sépultures de saints compilée à Peterborough au XIIe siècle, qui appelle ce saint Hardulph « Hardulfus rex », soit « roi Eardwulf », et affirme qu'il est inhumé à Breedon[48].

Dans l'église, une structure de panneaux en pierre, gravée de processions d'hommes barbus en robe passant sous des arches, semble reproduire des détails provenant du Livre de Cerne, un texte associé à l'évêque Æthelwold de Lichfield (818-830)[49]. Les panneaux formaient peut-être à l'origine l'extérieur d'un sarcophage renfermant les reliques d'une personne de haut rang comme saint Hardulph ; la similarité de leurs illustrations avec celles du Livre de Cerne permettent de les dater du premier tiers du IXe siècle[50]. D'après un calendrier de saints médiéval, les moines bénédictins de Breedon fêtaient Hardulph le 21 août[51].

Aucun texte n'évoque la mort d'Eardwulf. En dépit de l'opposition considérable qu'il rencontra, il parvint à fonder une dynastie : son fils Eanred et son petit-fils Æthelred II régnèrent sur la Northumbrie jusqu'au milieu du IXe siècle[27],[52]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 90, table 11
  2. a et b Patrick Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », dans Campbell, The Anglo-Saxons, p. 114-115
  3. Yorke, Kings and Kingdoms p. 92-93
  4. Campbell, The Anglo-Saxons, p. 90-92
  5. Higham, Kingdom of Northumbria, p. 147-149
  6. D'après la Prosopography of Anglo-Saxon England.
  7. Higham, Kingdom of Northumbria, p. 147
  8. Kirby, Earliest English Kings, p. 130-179
  9. Yorke, Kings and Kingdoms p. 114-141 ; Kirby, Earliest English Kings, p. 174
  10. Janet L. Nelson, « Carolingian Contacts », dans Brown & Farr, Mercia, notamment p. 139-143. Pour le point de vue adverse, voir Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », p. 101-106.
  11. Kirby, Earliest English Kings, p. 176, 189 ; Yorke, Kings and Kingdoms p. 31-32, 121 ; Nelson, « Carolingian Contacts », p. 137-139, 141
  12. Kirby, Earliest English Kings, p. 176
  13. Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », p. 101
  14. Nelson, « Carolingian Connections », p. 137-139
  15. Riché, Les Carolingiens, p. 134
  16. Story, Carolingian Connections, p. 162, 166-167 ; Forsman, « Appeal to Rome »
  17. Kirby, Earliest English Kings, p. 155 ; Story, p. 162
  18. a et b Forsman, « Appeal to Rome »
  19. Forsman, « Appeal to Rome » ; Higham, Kingdom of Northumbria, p. 149
  20. Yorke, Kings and Kingdoms p. 95
  21. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 58-59
  22. Siméon de Durham, Histoire des rois, s.a. 796. Roger de Hoveden et les Chroniques de Melrose appellent son père Ea[r]nwulf. Concernant l'histoire de ces annales nordiques, voir Lapidge, « Byrhtferth » ; David Rollason, « Northern annals », et Rollason, « Symeon of Durham », dans Lapidge et al., Encyclopedia of Anglo-Saxon England.
  23. Yorke, Kings and Kingdoms p. 89, 93
  24. Kirby, Earliest English Kings, p. 145 ; Yorke, Kings and Kingdoms p. 90, table 11
  25. Joanna Story (Carolingian Connections, p. 159) s'intéresse particulièrement au second d'entre eux qui, « pris par traîtrise, fut en peu de temps tué, enterré et oublié » vers le début du premier règne d'Æthelred Ier. Voir aussi Siméon de Durham, Historical Works, p. 451.
  26. Siméon de Durham, Histoire des rois, s.a. 790.
  27. a, b, c, d, e, f et g Rollason, « Eardwulf », dans Oxford Dictionary of National Biography
  28. a, b, c, d et e Williams et al., « Eardwulf »
  29. Siméon de Durham, Histoire des rois, s.a. 792.
  30. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, s.a. 792, p. 55
  31. Kirby, Earliest English Kings, p. 155. Ealdred fut tué par Torhtmund en 799 (Alcuin loua sa loyauté à Æthelred à Charlemagne).
  32. Siméon de Durham, Histoire des rois, s.a. 796 ; Kirby, Earliest English Kings, p. 155
  33. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, Ms. D, s.a. 796
  34. Kirby, Earliest English Kings, p. 156-157 ; Campbell, The Anglo-Saxons, p. 102. Alcuin accuse également Eanbald II de s'être approprié les terres d'autrui ; Rollason, « Eardwulf », dans Oxford Dictionary of National Biography.
  35. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 156
  36. Siméon de Durham, p. 461
  37. Siméon de Durham, p. 462
  38. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 157
  39. Siméon de Durham, p. 463. La version de Roger de Hoveden donne « roi des Anges ». Campbell note (The Anglo-Saxons, p. 89) : « cela ne donne vraiment pas l'impression que Coenwulf eut la partie aussi aisée que pourraient le laisser penser certaines estimations modernes des puissances northumbrienne et mercienne ».
  40. a et b Higham, Kingdom of Northumbria, p. 166-172
  41. Kirby, Earliest English Kings, p. 198; Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 296. Les deux monnaies d'Eardwulf, des styccas « série Y », sont visibles sur le site du Fitzwilliam Museum, aux numéros EMC 1995.6001 et 1997.6002 : [1].
  42. Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 296-299
  43. Prosopography of Anglo-Saxon England
  44. Forsman, « Appeal to Rome », note 27
  45. Kirby (Earliest English Kings, p. 196), Rollason (« Eardwulf », dans Oxford Dictionary of National Biography), Williams et al. (« Eardwulf » dans Biographical Dictionary) penchent en faveur d'un second règne, mais pas Yorke (Kings and Kingdoms, p. 96).
  46. Kirby, p. 198.
  47. Kirby, Earliest English Kings, p. 198, notes 72 & 73
  48. L'identification d'Eardwulf à saint Hardulph, et le lien avec Breedon, sont acceptés par Rollason (« Eardwulf », dans Oxford Dictionary of National Biography) et Williams et al. (« Eardwulf » dans Biographical Dictionary). Voir aussi Story, Carolingian Connections, p. 159.
  49. Webster & Backhouse, Medieval European Coinage, p. 211
  50. Plunkett, « The Mercian Perspective », p. 220-225 et fig. 70 ; cf. Kendrick, Anglo-Saxon Art, planche LIII.
  51. Wormald, English Benedictine Calendars, p. 98
  52. Kirby, Earliest English Kings, p. 196-198.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • James Campbell, « Elements in the Background to the Life of Saint Cuthbert and his early cult », dans The Anglo-Saxon State, Hambledon, Londres, 2000 (ISBN 1-85285-176-7), p. 85-106
  • James Campbell, Eric John, Patrick Wormald, The Anglo-Saxons, Penguin Books, Londres, 1991 (ISBN 0-14-014395-5)
  • Deanna Forsman, « An Appeal to Rome: Anglo-Saxon Dispute Settlement, 800-810 », The Heroic Age, n° 6, 2003
  • Nick J. Higham, The Kingdom of Northumbria AD 350-1100, Sutton, Stroud, 1993 (ISBN 0-86299-730-5)
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  • Michael Lapidge, The Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, Blackwell Publishing (ISBN 0-631-22492-0)
  • Janet Nelson, « Carolingian Contacts », dans Michelle Brown, Carole Farr (éd.), Mercia, an Anglo-Saxon Kingdom in Europe, Leicester University Press, New York (ISBN 0-8264-7765-8), p. 126-143
  • Steven J. Plunkett, « The Mercian Perspective », dans Sally M. Foster, The St Andrews Sarcophagus: A Pictish masterpiece and its international connections, Four Courts, Dublin, 1998 (ISBN 1-85182-414-6), p. 202-226
  • Pierre Riché, Les Carolingiens: Une famille qui fit l'Europe, Hachette, Paris, 1993 (ISBN 2-01-278851-3)
  • David Rollason, « Eardwulf (fl. 796–c.830), king of Northumbria », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 (consulté le 24 septembre 2009)
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