ESTJ

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne un type psychologique de la classification Myers-Briggs. Pour le type socionique ESTj, voir Socionique.
ESTJ
Image illustrative de l'article ESTJ
Surnom Le superviseur
Tempérament Gardien
Caractéristiques
Fonction principale Pensée extravertie
Fonction auxiliaire Sensation introvertie
Fonction tertiaire Intuition extravertie
Fonction inférieure Sentiment introverti
Statistiques
Fréquence démographique 8 ~ 12%[1]

ESTJ (Extraversion, Sensation, Pensée, Jugement) est une abréviation utilisée dans le cadre du Myers-Briggs Type Indicator (MBTI) au sujet de l'un des 16 types psychologiques du test[2].

Les ESTJ sont l'un des quatre types appartenant à la catégorie Gardien et constituent entre 8 et 12 % de la population américaine[1],[3].

Le test de Myers-Briggs a été développé à partir des travaux du psychiatre Carl G. Jung, notamment ceux développés dans le livre Types psychologiques. Jung y établit une typologie des personnalités, basée sur des théories cognitives développées au travers de plusieurs opérations cliniques.

Les préférences du MBTI[modifier | modifier le code]

  • E - Extraversion préférée à l'introversion : les ESTJ aiment interagir avec les autres. Ils "gagnent" de l'énergie par le contact avec autrui, à la différence des introvertis qui en perdent dans les mêmes situations et ont besoin de solitude pour récupérer, et aiment posséder un large cercle de connaissances[4].
  • S - Sensation, préférée à l'intuition : les ESTJ raisonnent davantage par le concret que par l'abstrait. Ils concentrent leur attention sur les détails plutôt que sur une vision globale des choses, et sur les réalités immédiates plutôt que sur les possibilités futures[5].
  • T – Pensée (Thinking), préférée au sentiment : les ESTJ placent les critères objectifs au-dessus des préférences personnelles. Lorsqu'ils prennent une décision, ils accordent une importance plus grande à la logique qu'à des considérations sociales et/ou passionnelles[6].
  • J – Jugement, préféré à la perception : les ESTJ planifient leurs activités et prennent des décisions rapidement. Leur tendance à prédire les probabilités d'une situation future suscite chez eux un certain self-control, qui peut sembler limitatif aux yeux des types préférant la perception[7].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Certains praticiens estiment que George W. Bush serait ESTJ[8]. Cependant, si l'on suit les règles du MBTI, seul le passage du test permet d'identifier avec certitude un type de personnalité[9].

Les ESTJ sont des personnes pratiques, réalistes, orientées vers les soucis factuels. Ils ont des facilités naturelles pour le commerce ou la mécanique. Bien qu'ils ne soient pas intéressés par des sujets dont ils ne voient pas l'utilité, ils peuvent s'appliquer lorsque nécessaire. Les ESTJ aiment planifier leurs activités avant de les faire, et ils sont de bons administrateurs, en particulier lorsqu'ils s'efforcent de considérer les sentiments et les points de vue des autres, chose qu'ils oublient souvent.

D'après David Keirsey, les ESTJ (qu'il appelle "superviseurs") sont pourvus d'un sens civique et se consacrent au maintien des instructions en place derrière un fonctionnement lisse et sans conflit. Ils sont les défenseurs du statu quo et croient fortement au bien-fondé des règles et des procédures. Extravertis, ils n'hésitent pas à se tourner vers les autres pour leur faire part de leurs opinions et de leurs attentes.

Fonctions cognitives[modifier | modifier le code]

D'après les développements les plus récents, les fonctions cognitives des ESTJ s'articulent comme suit [10]:

Dominante : Pensée extravertie (Te)
La pensée extravertie organise et planifie les idées pour assurer une poursuite efficace et productive d'objectifs donnés. Elle cherche des explications logiques aux actions, évènements et conclusions, et y identifie de possibles erreurs ou sophismes[11]. Avec la pensée comme fonction dominante, et sur le mode extraverti, les ESTJ raisonnent à partir de jugements de fait, tirés de ce qu'ils constatent autour d'eux. C'est de cette fonction que proviennent leurs qualités de leaders.
Auxiliaire : Sensation introvertie (Si)
La sensation introvertie collecte les données du moment présent et les compare avec celles des expériences passés. Ce processus fait remonter à la surface des sentiments associés à des souvenirs que le sujet revit en se les remémorant. Cherchant à protéger ce qui lui est familier, la sensation introvertie identifie dans l'histoire des buts et des attentes en vue d'évènements futurs[12]. Reliée à la mémoire et à la familiarité, la fonction auxiliaire Si conduit les ESTJ à défendre le statu quo et les procédures déjà existantes.
Tertiaire : Intuition extravertie (Ne)
L'intuition extravertie trouve et interprète le sens caché d'un objet, d'un propos ou d'une situation, raisonnant à partir de la question "et si...?" pour explorer d'éventuelles alternatives et faire coexister de multiples possibilités. Ce jeu de l'imagination tisse la toile de l'expérience et d'une certaine perspicacité pour former un nouveau schéma d'ensemble, qui peut devenir un catalyseur pour l'action[13]. L'utilisation de cette fonction abstraite sur un mode extraverti permet aux ESTJ de conceptualiser les choses. Cependant, ils utilisent leur intuition extravertie de manière concrète, à partir de ce que leur donne la sensation introvertie.
Inférieure : Sentiment introverti (Fi)
Le sentiment introverti filtre les informations à partir d'interprétations sur la valeur, formant des jugements en accord avec des critères souvent intangibles. Cette fonction balance constamment entre deux impératifs différents, tels que le désir d'harmonie et celui d'authenticité. Adapté aux distinctions subtiles, le sentiment introverti sent instinctivement ce qui est vrai ou faux dans une situation donnée[14]. Avec la fonction Fi en position inférieure, certains ESTJ peuvent avoir du mal à saisir les liens entre les autres (parenté, amitié, valeurs ou croyances similaires...).

Fonctions secondaires[modifier | modifier le code]

D'après les développements les plus récents, notamment les travaux de Linda V. Berens[15], ces quatre fonctions additionnelles ne sont pas celles auxquelles les individus tendent naturellement, mais peuvent émerger en situation de stress. Pour les ESTJ, ces fonctions s'articulent comme suit :

  • Pensée introvertie (Ti): La pensée introvertie recherche la précision, par exemple celle du mot juste pour exprimer une idée avec exactitude. Elle remarque les menues distinctions qui définissent l'essence des choses, puis les analyse et en opère la classification. La pensée introvertie examine une situation sous tous les aspects, cherche à résoudre des problèmes avec le minimum d'efforts et de risques. Elle recourt à des modèles pour remédier aux flottements et inconsistances du raisonnement logique[16]. Pour les ESTJ, la pensée introvertie soutient la pensée extravertie et augmente la capacité générale de la pensée. Cependant, l'utilisation de cette fonction secondaire requiert un effort plus important, et le terrain d'application de la pensée introvertie est plus étroit.
  • Sensation extravertie (Se): La sensation extravertie se concentre sur les expériences et les sensations du monde physique et immédiat. Pourvue d'une conscience aigüe de ce qui entoure l'individu, elle lui apporte des faits et des détails pouvant constituer le moteur d'actions spontanées[17].
  • Intuition introvertie (Ni): Attirée par des dispositifs ou actions symboliques, l'intuition introvertie opère la synthèse de couples de contraires pour créer dans l'esprit des images neuves. De ces réalisations provient une certaine forme de certitude, qui demande des actions ou des expérience pour nourrir une éventuelle vision de l'avenir ; de telles réalisations peuvent inclure des systèmes complexes ou des vérités universelles[18].
  • Sentiment extraverti (Fe): Le sentiment extraverti recherche le lien social et créée d'harmonieuses interactions par un comportement poli et adapté. Il répond aux désirs explicites (et implicites) des autres, ce qui peut donner lieu à un conflit interne entre les propres besoins du sujet et le désir de satisfaire ou de comprendre ceux des autres[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Keirsey.com Portrait of the Supervisor » (consulté le 10 January 2010)
  2. « Myers-Briggs Foundation: The 16 MBTI Types » (consulté le 2009-05-07)
  3. « CAPT » (consulté le 2008-10-13)
  4. « Changing Minds: Extraversion vs. Introversion » (consulté le 2009-01-10)
  5. « Changing Minds: Sensing vs. Intuiting » (consulté le 2009-01-10)
  6. « Changing Minds: Thinking vs. Feeling » (consulté le 2009-01-10)
  7. « Changing Minds: Judging vs. Perceiving » (consulté le 2009-01-10)
  8. « Bush, an ESTJ » (consulté le 2009-06-01)
  9. « Ethical Feedback of MBTI Results » (consulté le 2009-06-02)
  10. (en) Barron-Tieger, Barbara; Tieger, Paul D., Do what you are: discover the perfect career for you through the secrets of personality type, Boston, Little, Brown,‎ 1995, 2e éd. (ISBN 978-0-316-84522-9, OCLC 32310807, LCCN 95014317)
  11. « Cognitive Processes: Extraverted thinking » (consulté le 2009-05-12)
  12. « Cognitive Processes: Introverted sensing » (consulté le 2009-05-12)
  13. « Cognitive Processes: Extraverted intuition » (consulté le 2009-05-12)
  14. « Cognitive Processes: Introverted feeling » (consulté le 2009-05-12)
  15. « CognitiveProcesses.com » (consulté le 2008-05-21)
  16. « Cognitive Processes: Introverted thinking » (consulté le 2009-05-12)
  17. « Cognitive Processes: Extraverted Sensing » (consulté le 2009-05-12)
  18. « Cognitive Processes: Introverted intuition » (consulté le 2009-05-12)
  19. « Cognitive Processes: Extraverted Feeling » (consulté le 2009-05-12)

Voir aussi[modifier | modifier le code]