E85 (carburant)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir E85.

Le carburant E85 est un mélange constitué d'un biocarburant, l'éthanol et d'essence. C'est un vecteur énergétique majoritairement renouvelable qui permet de limiter la consommation en énergie fossile. Il permet de remplir les réservoirs des véhicules polycarburant (qui fonctionnent indifféremment à l’essence (SP95, SP95-E10, SP98) et au Superéthanol).

Il est utilisé depuis des années au Brésil, en Suède et aux États-Unis. Il a été introduit en 2007[1] sur le marché français.

Les végétaux contenant du saccharose ou « sucre » (betterave, canne à sucre…) ou de l’amidon (blé, maïs…) peuvent être transformés pour donner du bioéthanol par fermentation puis distillation.

Historique de l'introduction du carburant E85 en France[modifier | modifier le code]

La concentration en bioéthanol du superéthanol E85, varie de 65 % lors des périodes hivernales à 85 % en été (en volume)[1].

Le gouvernement français a donné son feu vert, le 1er juin 2006, à l'expérimentation en France du carburant E85. Deux régions pilotes, la Champagne-Ardenne et la Picardie, ont testé des flottes de véhicules fonctionnant avec du bioéthanol[2].

Rapport Prost[modifier | modifier le code]

C’est le mardi 3 octobre 2006 que le groupe de travail « Flexfuel 2010 » a rendu public son rapport, le « rapport Prost », proposant un ensemble de mesures pour développer le Superéthanol E85 en France. Ce rapport a été élaboré avec le concours de l’inspection générale des finances et du conseil général des Mines sous la direction de l'ancien pilote de Formule 1 Alain Prost. Sa mission a consisté à analyser de manière réaliste la mise en place du lancement du Superéthanol E85 en élaborant un plan d’action commun. Ce rapport a mis en évidence toutes les actions devant être conduites pour la mise en place du Superéthanol E85[3].

Dans le rapport, plusieurs points sont soulignés :

  • L’importance d’une fiscalité favorable à une implantation rapide,
  • La nécessité d’un engagement de la part des constructeurs à créer des modèles au même prix entre les voitures Flexfuel (éthanol) et les voitures à essence,
  • L’aide aux exploitants indépendants de stations services pour s’équiper de « pompes vertes »…
  • Le rapport Prost a ainsi fixé au 31 décembre 2006 la date de la définition concise des normes du Superéthanol E85 et au 1er janvier 2007 l’autorisation de vente d’E85.

Commercialisation en France[modifier | modifier le code]

C'est ainsi que, depuis le 1er janvier 2007, la commercialisation des biocarburants est autorisée.

Le gouvernement français s'est engagé à installer 500 pompes E85 sur le territoire avant la fin 2007. 322 pompes E85 étaient ouvertes le 9 février 2010, et 316 le 28 novembre 2010[4].

Afin de développer l'usage de ce carburant la fiscalité à la pompe est avantageuse (prix moyen : 0,929 €/l[5] au 25 mai 2014 dont 0,124 €/l de TICPE[6] (taxe sur les produits énergétiques)) ; la carte grise sur les véhicules flex-fuel est exonérée dans certaines régions[7].

Réclamation de l'ONU pour la fin de la commercialisation de l'E85[modifier | modifier le code]

Le 17 Octobre 2012, dans une déclaration à l'Afp, Olivier De Schutter, rapporteur de l'ONU, recommande l'abandon de la production européenne ainsi qu'en Amérique du Nord « L’Europe doit faire mieux que réviser à la baisse ses objectifs d'incorporation des agrocarburants comme elle s'apprête à le faire: elle doit avoir le courage politique de les abandonner et les États-Unis devraient faire de même (...) Il est dangereux dans une situation où les stocks mondiaux de céréales sont aussi bas de fixer des objectifs aussi inatteignables[8]. »

Modification des véhicules essence à l'aide d'un kit Superéthanol ou d'une reprogrammation Superéthanol[modifier | modifier le code]

La modification d'un véhicule fonctionnant au SP95/98 touche surtout à l'avancement du point d'avance à l'allumage (+4° angulaire avec 100 % de E85), mais aussi au débit des injecteurs et au taux de compression à revoir à la hausse. Une élévation de la pression dans les cylindres est possible grâce à l'indice d'octane plus élevé de ce carburant qui atteint 106: ce qui a pour effet d'augmenter le rendement thermique du moteur, donc son rendement global et fait donc chuter d'autant la consommation spécifique du moteur. Cependant, et malgré le discours des constructeurs, la quasi-totalité des véhicules à essence injection fonctionnent sans anomalie et sans modification jusqu'à au moins 30 % de E85. Certains véhicules peuvent aussi rouler à 100 % à l'E85 sans aucune modification, comme la Toyota Prius, bien qu'elle ne soit pas homologuée pour ce carburant[9].

Il existe de nombreux kits[10] assurant la conversion des véhicules classiques roulant à l'essence. La majorité des véhicules récents (produits après 2000) ont un circuit de carburation prévu pour résister au Superéthanol (durits, réservoirs et autres conducteurs du mélange compatibles). Cela permet à ces véhicules de pouvoir utiliser le nouveau carburant E10 sans modification, mais aussi l'E85 grâce à ces kits. Sous réserve de fiabilité à long terme non-garantie, n'importe quel véhicule à essence équipé d'un système d'injection avec régulation lambda (sonde « à oxygène » disposée sur la ligne d'échappement) peut fonctionner avec un taux élevé d'E85: de nombreux essais empiriques font état de véhicules du début des années 1990 à injection électronique fonctionnant sans à-coups ni problème jusqu’à un taux de 50 % d'E85. Les désagréments constatés pour des taux similaires ou plus élevés encore sont surtout perceptibles moteur froid ou par temps humide (moteur qui "cale" après démarrage, instabilité du ralenti et à-coups en fonctionnement à charges partielles).

Ces modifications ne disposent d'aucun cadre réglementaire. La direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), chargée de valider de telles transformations, refuse de créer une procédure de réception pour les véhicules modifiés, au même titre qu'avec les kits GPL. Il est à noter cependant qu'une différence fondamentale existe entre ces kits E85 et les kits GPL : la nécessité de détecter la teneur en éthanol du mélange, d'assurer la compatibilité matériaux, de valider la compatibilité du système de post-traitement, d'adapter les stratégies de contrôle moteur (phasage injection, temps d'injection, avance à l'allumage)... font qu'un véhicule flexible ne peut en aucun cas être considéré comme un véhicule classique auquel on a ajouté un kit E85, alors que c'est le cas pour les véhicules GPL. Un véhicule Flexible de deuxième monte pourrait, selon certaines personnes, se montrer dangereux.

Depuis 2007, l'on peut trouver sur internet, notamment sur des sites spécialisés, des internautes roulant de 10 à 100 % de E85 sans modification[11]. Contre toute attente ces véhicules sont toujours en parfait état de marche à l'heure actuelle. Il faut également noter que l'utilisation du E85 dans des voitures non adaptées est à l'entière responsabilité de l'usagé. Cependant l'économie réalisée n'est pas à négliger pouvant, avec les années, aller jusqu'au prix d'un véhicule modeste neuf[réf. souhaitée].

Véhicules compatibles d'origine avec le carburant vert Superéthanol E85[modifier | modifier le code]

Flexfuel (ou VCM, Véhicule à Carburant Modulable) est le nom donné aux véhicules spécialement conçus pour fonctionner indifféremment au Superéthanol E85 et/ou au Super sans plomb classique. Plus précisément, les véhicules Flexfuel sont capables d’adapter automatiquement leur fonctionnement pour tout mélange d’essence et d’éthanol pur dans des proportions comprises entre 0 % et 85 % en volume d’éthanol, d’où le mot « Flex ».

Ce sont en pratique des véhicules dotés de moteurs essences équipés de dispositifs d’injections spécifiques (calculateur, injecteurs,…). De plus, les matériaux utilisés doivent être compatibles avec l’éthanol. L’éthanol est en effet plus corrosif que l’essence.

Marques mondiales de véhicules et offres en France en 2011[modifier | modifier le code]

Le Brésil est déjà bien avancé en termes de biocarburants. Pour ce pays, le moteur de leur développement était plus économique qu’écologique. Le parc de véhicules Flexfuel de ce pays est estimé à 2 millions de véhicules. L’offre, dans ce pays, est déjà très complète car pratiquement tous les constructeurs implantés localement proposent des modèles Flexfuel : Fiat, Ford, General Motors, PSA, Renault, Volkswagen, …

Les États-Unis visent leur indépendance énergétique avec le développement des biocarburants. Huit constructeurs y commercialisent en 2011 des véhicules Flexfuel : Chrysler (5 modèles), Ford (7 modèles), General Motors (4 modèles), Isuzu (1 modèle), Mazda (1 modèle), Mercedes-Benz (2 modèles), Mercury (2 modèles), Nissan (1 modèle).

La Suède avait pour volonté d’être indépendante d’un point de vue énergétique en 2010. Les modèles disponibles sont proposés par Ford et Volvo.

Les constructeurs s'étaient organisés en France pour proposer des véhicules dits Flexfuel ou VCM. Deux marques proposaient ce type de véhicules depuis décembre 2005 : Saab (5 modèles) et Ford (2 modèles), auxquels se sont ajoutés Volvo (3 modèles), Dacia (3 modèles), Peugeot (1 modèle) et Renault (3 modèles).

Modèles disponibles en France en 2011
Constructeur, modèle Version Puissance (sans plomb et E85)
Saab 9-3 Berline de Sport 1.8t BioPower 150/175 ch
Saab 9-3 Sport-Hatch 1.8t BioPower 175 ch
Saab 9-3 Cabriolet 1.8t BioPower 150/175 ch
Saab 9-5 Berline 2.0t BioPower 220 ch
Dacia Logan MCV 1.6 HiFlex 105 ch
Dacia Duster 1.6 HiFlex 105 ch
Nouvelle Ford Focus 1.6 Flexifuel 120 ch
Nouveau Ford C-MAX 1.6 Flexifuel 120 ch
Ford Mondeo 2.0 Flexifuel Trend 145 ch
Opel Insignia 2.0 Turbo 220 ch
Volvo C30 2.0L Flexifuel 145 ch
Volvo S40/V50 2.0L Flexifuel 145 ch
Volvo S60 1.6 T4F Flexifuel 180 ch
Volvo V70/S80 1.6 T4F Flexifuel 180 ch
Renault Mégane III 1,6 16v BioEthanol eco2 105 ch
Renault Scénic III 1,6 16v BioEthanol eco2 110 ch
Renault Laguna III Berline Carminat 2.0 16v 140 Ethanol eco2 140 ch
Renault Espace IV Privilège 2.0T SP95/E85 165/170Ch
Cadillac Escalade 6.2 V8 E85 5p ch

D'autres modèles sont apparus, mais ont été retirés du marché comme la Citroen C4I, la Peugeot 307 et 308, ou la Renault Clio III. En 2007, Renault, s'était engagé à ce qu'en 2009, 50 % de ses voitures essence soient flexfuel.

Il est possible d'ajouter un flexfuel dans un moteur sans flexfuel[réf. souhaitée].

Situation en août 2013[modifier | modifier le code]

Modèles en vente neuf : 

  • Jeep Grand Cherokee V6 (depuis le 3e trimestre 2013)

Modèles en vente d'occasion : ceux cités dans le tableau ci-dessus plus :

  • Citroën C4 1.6 16v BioFlex Pack
  • Dacia Sandero E85
  • Ford Flexifuel S-Max et Galaxy
  • Peugeot 308 Bioflex
  • Renault bioéthanol éco² : Clio Rip Curl 1.2 E85, Modus et Grand Modus 1.2 16v75 E85

Pour des raisons économiques (faiblesse des ventes) et de coût lié à la mise aux dernières normes européennes (Euro 5), la quasi-totalité des marques proposant des véhicules flexfuel ont suspendu leurs ventes en France le 1er Janvier 2013[12].

États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

Brésil[modifier | modifier le code]

Les moteurs flex au Brésil sont conçus pour fonctionner à l'essence (qui est toujours mélangée avec 20 % à 25 % d'éthanol au Brésil), alcool éthylique hydraté (96 % d'éthanol, 4 % d'eau), ou n'importe quel mélange de ces carburants. Cela correspondrait plutôt à une sorte de carburant « E90 »[13]. Les véhicules équipés sont, entre autres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]