E-meter

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L'électromètre scientologue

L’E-meter, ou électropsychomètre ou encore électromètre (à ne pas confondre avec l'appareil de mesure physique du même nom), est un instrument de mesure électrique utilisé par l'Église de Scientologie destiné à l'« audition » de ses adeptes. Techniquement, il s'agit simplement d'un ohmmètre. Son usage est basé sur la croyance qu'un état mental peut être caractérisé par la résistance électrique du sujet.

Descriptif[modifier | modifier le code]

Il fut inventé au cours des années 1940 par Volney Mathison et L. Ron Hubbard se l'est approprié[1]. Ce dispositif est une sorte de galvanomètre ou d’ohmmètre similaire aux détecteurs de mensonges primitifs. Le sujet tient dans chaque main une poignée métallique : son corps forme un circuit électrique avec le galvanomètre, à une très basse tension d'environ 1,5V. Les émotions du sujet « audité » pourraient perturber sensiblement la circulation du courant électrique, ce que l'« auditeur » vérifie après avoir posé des questions intimes au sujet. Le but serait de localiser les zones de détresse et de souffrance spirituelle (appelés engrammes dans le jargon scientologue) du sujet puis de supprimer chez lui toute réaction émotionnelle en lui posant inlassablement les mêmes questions - ce qui dans la terminologie scientologue s'appelle l'état « clair ». L'audition des scientologues est souvent décrite comme une psychanalyse ou une confession catholique, mais avec un détecteur de mensonges.

Bien que leurs différents brevets aient expiré et que les E-meter soient constitués de composants rudimentaires, les modèles que vend l'église de scientologie à ses adeptes coutent plus de 4 000 euros[2]. Pour un électronicien, un électricien ou un bricoleur averti, le prix de revient d'un tel appareil est de moins d'une dizaine d'euros.

L'expertise judiciaire de François Kirchner nommé le 4 février 1994 par Georges Fenech, juge d'Instruction à l'époque, indique en conclusion que « l'appareil n'est rien d'autre qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel. »[3]

Sans discuter des qualités d'usage et de précision de cet appareil, les scientologues expliquent que l’Église de Scientologie a « sélectionné un système de donations fixes »[4] en rapport à l’audition et l’entraînement et que c’est un système que l'église considère comme l’un des plus équitables[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Mon père a obtenu les droits d'usage de l'électromètre auprès de Volney Mathison en 1952 de la même façon que tout ce qu'il obtenait: par escroquerie et coercition. « Témoignage sous serment du fils de L. Ron Hubbard, fondateur de la secte criminelle de scientologie » sur www.antisectes.net.
  2. http://eco.rue89.com/2009/05/22/comment-claquer-20-000-au-bazar-de-la-scientologie
  3. Compte rendu de l'expertise judiciaire de François Kirchner
  4. Hernandez v. Commissioner, U.S. Supreme Court

    « The Church charges a "fixed donation," also known as a "price" or a "fixed contribution," for participants to gain access to auditing and training sessions. These charges are set forth in schedules, and prices vary with a session's length and level of sophistication. In 1972, for example, the general rates for auditing ranged from [...]. This system of mandatory fixed charges is based on a central tenet of Scientology known as the "doctrine of exchange," according to which any time a person receives something he must pay something back. Id., at 577-578. In so doing, a Scientologist maintains "inflow" and "outflow" and avoids spiritual decline. 819 F.2d 1212, 1222 (CA1 1987). Hernandez v. Commissioner, 490 U.S. 680, 685 (1989)

  5. New Era Publications « Qu’est-ce que la Scientologie ? », Église de Scientologie, (ISBN 2213021910), 1998 [lire en ligne]

Liens internes[modifier | modifier le code]