Dunette

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La dunette est la partie surélevée du gaillard arrière d’un vaisseau et qui s'étend sur toute sa largeur. Dans la marine à voile, elle sert au logement des officiers et des éventuels passagers. S’y trouve aussi la chambre de l’état-major, notamment celle du capitaine[1]. La dunette peut elle-même être surmontée par une demi-dunette (entre le milieu et la fin du XVIIe siècle).

En raison de sa hauteur, c’est de là que l’on voit le mieux la houle, ce qui explique son nom. Au XVIIe siècle, la houle est couramment appelée la dune, du hollandais duin[1]. C’est pour cette raison que le capitaine, outre que c’est de là qu’il donne ses ordres, n’est jamais mouillé par les vagues qu’il regarde « à plaisir, sans en être incommodé » écrit en 1643 le père Fournier[1]. La dunette peut ou non se terminer en balcon ou galerie[1].

La dunette couvre le gaillard d’arrière à partir du mât d’artimon[2]. Elle est entourée d’une solide balustrade, mais ne constitue pas, contrairement à ce qui a été longtemps affirmé, un espace sacro-saint strictement réservé au commandant[2]. C’est d’abord une plate-forme de manœuvre, dont les postes sont peu prisés par l’équipage, parce qu’il faut travailler sous l’œil inquisiteur des officiers majors, les saluer respectueusement, bien se tenir, ne pas bavarder et encore moins jurer (ce qui est très difficile pour les gens de marine), s’habiller plus proprement qu’au gaillard d’avant et se priver d’un temps de repos, voire d’une petite sieste quand il n’y a pourtant rien d’autre à faire[2].

La dunette est aussi la basse-cour du navire, puisqu’on y met les grandes cages à volailles contenant des dizaines de poules, poulets, canards et pigeons, un matelot –le volailler– étant préposé à la nourriture de ces oiseaux et à l’entretien de leur abri[2]. C’est là enfin où les officiers font le point avec leurs instruments. Cependant, ces derniers évitent plutôt de monter sur la dunette quand le commandant (qu’ils surnomment volontiers le « vieux ») s’y promène[2] ; ou alors, ils se postent toujours par déférence sur le bord opposé, sauf si le capitaine leur demande de venir au rapport[2]. Au combat, c’est de la dunette que le commandant donne ses ordres, ce qui fait de lui, en cas de combat rapproché, une cible de choix pour la mousqueterie ou la mitraille. Les commandants blessés ou tués sur leur dunette au XVIIe-XVIIIe siècle sont innombrables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Vergé-Franceschi 2002, p. 512.
  2. a, b, c, d, e et f Acerra et Zysberg 1997, p. 232.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d’Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2002, 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • Martine Acerra et André Zysberg, L’essor des marines de guerre européennes : 1680-1790, Paris, éditions SEDES, coll. « Regards sur l'histoire »,‎ 1997, 298 p. (ISBN 2-7181-9515-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • Dominique Paulet et Dominique Presles, Architecture navale, connaissance et pratique [détail des éditions]

Articles connexes[modifier | modifier le code]