Dune du Pilat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Dune du Pyla)
Aller à : navigation, rechercher

44° 35′ 23″ N 1° 12′ 49″ O / 44.58986, -1.21361 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pilat (homonymie).
Vue aérienne de la dune du Pilat.

La dune du Pilat[1], située au cœur du massif forestier des Landes de Gascogne sur le bassin d'Arcachon, est la plus haute dune d’Europe (hauteur actuelle  : 110 m).

Situation[modifier | modifier le code]

La dune côté forêt vue de son sommet (pente : entre 30 et 40°)
Position de la dune dans l'entrée du bassin d'Arcachon

Située à l'entrée sud du bassin d'Arcachon, elle s'étend sur 500 m d'est en ouest et sur 2,7 km du nord au sud et contient environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle dépend du territoire de la commune française de La Teste-de-Buch, à proximité d'Arcachon, au cœur des Landes de Gascogne.

Son altitude varie constamment, tout en oscillant aux environs de 100 à 117 mètres au-dessus du niveau de la mer. La pente est plus forte côté forêt que côté océan. La dune avance inexorablement vers l'intérieur du pays et recouvre peu à peu les constructions (maisons, routes) côté forêt, après avoir fait chavirer dans les flots plusieurs fortifications de béton construites sous l'occupation par l'organisation Todt, dans le cadre de l'édification du mur de l'Atlantique.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

L'emplacement actuel de la Dune du Pilat abritait un village protohistorique. Les premières découvertes archéologiques commencent en 1982. Le 31 décembre 2013, un touriste trouve dans le sable, au pied de la dune, une urne funéraire[2] et un vase accessoire datant de l'âge du fer[3], 800 ans avant Jésus-Christ.

Le nom Pilat, déjà présent sur les cartes de Masse (1708) et de Cassini (1786) avec le « petit bassin du Pilat », les « balises du Pilat », des « cabanes du Pilat » et la « grande passe du Pilat ou passe du Sud », correspondait à un lieu situé plus au sud de celui de la dune que nous connaissons sous ce nom et vraisemblablement au large de la côte actuelle. Nous sommes ici dans un pays de dunes mobiles et au fil du temps, le littoral et son relief ne cessent de se modifier, avançant vers l'est, vers l'intérieur des terres. Jusqu'au début du XXe siècle, le secteur du Pilat s'appelle « les Sabloneys » (littéralement « sables nouveaux » en gascon) et aucune route carrossable n'y mène. Ce changement d'appellation a pour origine une opération immobilière. Lorsque vers 1910, le développement de l'habitat opéré sur la partie côtière de la commune d'Arcachon atteint le sud du Moulleau, les promoteurs immobiliers qui convoitent des terrains sur la partie testerine qui prolonge la côte vers le sud, sont confrontés à un problème de taille : le territoire appartient à l'État qui ne veut pas vendre.

Un de ces promoteurs, Daniel Meller, propose alors et obtient de l'administration une transaction : en échange de 463 hectares de terrain qu'il achète sur la commune de La Teste (sur les bords du lac de Cazaux), il obtient 143 hectares entre Le Moulleau et la dune du Pilat. En référence à la grande dune voisine qui forme un monticule de sable, il choisit de baptiser l'endroit « Pyla-sur-Mer ». Un peu plus tard, un autre promoteur, Louis Gaume, crée « Le Pilat-Plage ». C'est à peu près vers les années 1930 que le vieux nom « Sabloney » est remplacé par « dune du Pyla » ou « dune du Pilat ». Aujourd'hui, « les Sabloneys » désigne une petite plage au sud de la grande dune.

Le nom officiel de la dune est bien "Dune du Pilat". La dénomination d'origine Pilat provient du gascon pilhar signifiant tas, monticule.

Formation[modifier | modifier le code]

Schéma en coupe de la dune du Pilat

La formation de la dune est entièrement liée à celle du banc d'Arguin. Au fil des siècles, les courants marins ont charrié du sable (en provenance du large, de la côte, et du bassin lorsque la marée descend) pour former le banc d'Arguin (lequel est, à l'instar de la dune, en constante évolution). Ensuite, les vents violents en provenance du large arrachent à sa surface, avec l'aide de micro gouttelettes d'eau, des grains de sable au banc d'Arguin au moment de la marée basse, qui en s'envolant viennent se poser sur la dune pour former cette gigantesque masse de sable fin.

Géologie[modifier | modifier le code]

Formations sableuses visibles sur le flanc intérieur de la dune.
Carte topographique du bassin d'Arcachon au XVIe siècle

Sur la carte géologique de la partie occidentale du bassin d'Aquitaine et celle de La Teste de Buch, en particulier, on peut voir une formation géologique de la fin du Quaternaire qui porte le nom de « Sable des Landes » : il recouvre toute la région située autour du bassin d'Arcachon et s'étale au nord vers l'estuaire de la Gironde, à l'est vers la vallée de la Garonne et au sud vers l'Armagnac et l'Adour. À l'ouest il est surmonté par une bande de dunes côtières plus récentes dont la dune du Pilat fait partie.

Le sable des Landes et les sables dunaires : aperçu sédimentologique[modifier | modifier le code]

La couverture de sable des Landes est composée :

  • à sa partie inférieure, d'une couche de sables, de graviers voire de galets, d'argiles parfois sableuses et plus ou moins graveleuses dont l'épaisseur atteint 100 mètres près du littoral et qui va en s'amenuisant vers les reliefs continentaux qu'elle recouvre plus ou moins ; ces sédiments ont été épandus par des fleuves et des rivières ; ils ont donc une origine fluviatile ;
  • à sa partie supérieure, de quelques mètres d'un sable fin composé de grains émoussés et dépolis, car éolisés, qui constitue le véritable « Sable des Landes » et qui provient du remaniement des sédiments fluviatiles qu'il surmonte.

Tout le relief de la zone côtière a été recouvert par ce sable qui s'est mis en place dans des conditions très arides, poussé par des vents d'ouest dominants de 20 000 jusqu'à 10 000 av. J.-C. environ. La fraction la plus lourde, les graviers, est restée près du rivage au large de la côte actuelle, tandis que les fractions les plus fines ont été entraînées très loin vers Blaye, l'Entre-deux-Mers et la Chalosse. C'est un sable très homogène (90 % des grains ont une taille comprise entre 0,1 et 0,5 mm ; le diamètre moyen des grains est de 0,3 mm). Cette homogénéité résulte du tri effectué par les eaux et les vents.

À côté des grains de quartz, on retrouve toujours dans ces sables, des minéraux dont la densité est supérieure à celle du quartz et qui portent le nom de minéraux lourds; ils représentent 0,2 à 1,5 % du sable et se composent de minéraux ferrifères (75 %) mais aussi de tourmaline et de grenats. Ils existent dans tous les sables de notre région aussi bien ceux du sol des Landes, que des dunes du littoral.

La région du bassin d'Arcachon et des étangs qui se trouvent au sud, Cazaux, Parentis, a retenu l'attention des géologues qui recherchaient du pétrole dans cette zone autrefois si longtemps recouverte par les mers de l'ère secondaire. Ces travaux ont permis de parvenir ainsi a une meilleure connaissance de la géologie de ces terrains profondément enfouis sous les sédiments du Tertiaire et l'épaisse couche de sable qui s'est mise en place au Quaternaire récent donnant à ce pays son aspect géologiquement monotone. Par ailleurs il s'est avéré que les côtes sableuses basses de la Gironde et des Landes où l'érosion, le transport et l'accumulation des sédiments forment les trois étapes indissociables de l'évolution du littoral et des systèmes dunaires, constituaient un modèle de choix auquel de nombreux géologues régionaux s'intéressent aujourd'hui. L'histoire des dunes de cette région, et du Pilat en particulier, s'inscrit naturellement dans le cadre de ces études.

Site touristique très fréquenté[modifier | modifier le code]

La dune

La dune a fait l'objet de mesures de réhabilitation et sa visite est aménagée dans le cadre d'une opération grand site national, conduite à l'initiative du ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, en partenariat avec les responsables locaux. Ceci pour assurer la préservation du site, fréquenté par plus d'un million de touristes chaque année[4] qu'il faut pouvoir accueillir, informer et guider.

Une importante activité de loisirs aériens est présente sur ce site notamment des parapentes et des planeurs radiocommandés. Un parking payant (voitures/bus) est situé au pied de la dune, côté forêt.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Réseau exploité par Baïa, les transports en commun de l'agglomération d'Arcachon.

  1   Gare d’Arcachon <> Dune du Pilat <> Plage de la Salie

  • Arrêt : Dune du Pilat.

  6   Port du Teich <> Plage de la Salie (fonctionne entre juin et septembre)

  • Arrêt : Dune du Pilat.

Réseau exploité par la RDTL, transports en commun du département des Landes.

Ligne 46: Parentis<>Biscarrosse<>Arcachon (fonctionne entre juin et septembre)

  • Arrêt : Dune du Pilat.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Syndicat Mixte de la Grande Dune du Pilat (2007), Compte rendu de la séance plénière du 25 juin 2007, "[1]"
  • Auly, T. et Veiga, J. (2010), Le bassin d'Arcachon, un milieu naturel en danger ?, éditions Confluences, Bordeaux, 275 p.
  • Froidefond, J.-M. et Legigan, Ph. (1985), La grande dune du Pilat et la progression des dunes sur le littoral Aquitain. Bulletin de l’Institut géologique du bassin de l’Aquitain. Bordeaux, 38, 69-79
  • Paquerau, M. et Prenant, A. (1961), Note préliminaire à l’étude morphologique et palynologique de la grande dune du Pilat (Gironde). P.V. Société linéenne, Bordeaux, 98, 12 pp
  • Legigan, P. (1979), L’élaboration de la formation du sable des Landes, dépôt résiduel de l’environnement sédimentaire pliocène-pléïstocène centre aquitain, Mémoire Institut géologique du bassin d’Aquitaine, 18.
  • Allen, G. P. et P. Castaing. (1977), Carte de répartition des sédiments superficiels sur le plateau continental du golfe de Gascogne, Bulletin de l’Institut de Géologie du bassin d’Aquitaine, France, Institut de géologique du bassin d’Aquitaine, Talence France, 1977, p. 255-260.
  • Enjalbert, H. (1960), Les pays aquitains: le modelé et les sols, Bordeaux, Impr. Bières, 618 p.
  • Bressolier, C., J.M. Froidefond, and Y.F. Thomas. (1990), Chronology of coastal dunes in the south-west of France. En Eds. T.W. Baker, P.D. Jungerius, and J.A. Klijn, Dunes of the European Coasts, Catena Supplement 18, p. 101-107.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]