Duke Energy

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Duke Energy Corporation

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Logo de Duke Energy

Création 1904
Fondateurs Walker Gill Wylie
Personnages clés James Buchanan Duke
Forme juridique société par actions
Action NYSE : DUK
Siège social Drapeau des États-Unis Charlotte (Caroline du Nord) (États-Unis)
Direction James E. Rogers (président et chef de la direction)
Activité Production d'électricité
Transport d'électricité
Distribution d'électricité
Produits Électricité
Société mère Duke Energy
Filiales Duke Energy Generation Services
Effectif 18 680 (2009)[1]
Site web www.duke-energy.com
Dette 16 113 M USD (2009)[1]
Chiffre d’affaires 12 731 M USD (2009)[1]
en diminution 3,6 % (2009)
Résultat net 1 075 M USD (2009)[1]
en diminution 21,1 % (2009)

Duke Energy (NYSE : DUK), est une société par actions américaine du secteur énergétique qui produit, transporte et distribue de l'électricité. Ses centrales électriques de base et de pointe ont une puissance installée totale, en 2009, de 35 000 mégawatts[1]. Son siège social est situé à Charlotte, en Caroline du Nord.

Duke distribue la production de ses centrales à plus de 7 millions de clients répartis dans les Carolines et dans le Midwest. Le territoire de Duke Energy est d'une superficie de 47 000 mi2 (121 700 km2) et son réseau de distribution d'une longueur de 106 000 mi (170 600 km)[2]. La quasi-totalité de la production des centrales de Duke dans le Midwest est de source fossile: charbon, gaz naturel et mazout, alors que la moitié de l'électricité produite dans les Carolines provient de centrales nucléaires. En 2006, Duke Energy a produit 148,8 térawatts-heure d'électricité. La société exerce ses activités aux États-Unis et en Amérique latine.

Depuis sa fusion avec Progress Energy en janvier 2011, le groupe est devenu le plus grand fournisseur d'électricité aux Etats-Unis.

Une filiale de Duke Energy, Duke Energy Generation Services (DEGS), se spécialise dans la construction et l'exploitation de centrales électriques à travers les États-Unis. Cette division de l'entreprise exploite des centrales d'une puissance installée totale de 6 600 mégawatts. Elle construit 240 mégawatts d'éoliennes et planifie la construction de 1 500 mégawatts supplémentaires[3]. Le 9 septembre 2008, DEGS met à jour ses projections dans le secteur de la production éolienne, prévoyant atteindre le cap des 500 MW à la fin 2008 en plus d'augmenter ses objectifs de croissance pour les porter à 5 000 MW[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Le Duke Energy Center à Charlotte.

La société a débuté ses activités en 1900 sous le nom de Catawba Power Company. Fondée par le Dr Walker Gill Wylie et son frère, l'entreprise a financé la construction d'une centrale hydroélectrique à India Hook Sholes, sur la rivière Catawba. Désireux d'obtenir du financement additionnel pour la poursuite de son ambitieux programme de construction de centrales hydroélectriques, Wylie convainc James Buchanan Duke d'investir dans la Southern Power Company fondée en 1905, plus tard connue sous le nom de Duke Power.

Jusqu'aux années 1960, Duke Power avait pour politique de refuser de recruter du personnel afro-américain[5]. L'adoption du Civil Rights Act de 1964 a forcé Duke Power à modifier ses pratiques d'embauche. L'entreprise a adopté un système de recrutement au mérite, et exige un diplôme d'études secondaires ou d'un score minimum à un test de QI.

Un conflit de travail en 1973 entre un groupe de mineurs et Duke Energy a fait l'objet du documentaire Harlan County, U.S.A.. Le film de Barbara Kopple présente l'utilisation de fiers-à-bras armés pour intimider les grévistes au cours du conflit. Le film a remporté l'Academy Award du meilleur documentaire lors de la cérémonie des Oscars de 1976.

Nantahala Power & Light Co., qui desservait le sud-ouest de la Caroline du Nord, a été acquise par Duke en 1988, et la nouvelle filiale opère sous la raison sociale de Duke Power - Nantahala. En 1997, Duke Power fusionne avec PanEnergy pour former Duke Energy. L'utilisation de la raison sociale Duke Power s'est poursuivie pour les activités dans le domaine de l'électricité jusqu'à la fusion avec Cinergy.

Un poste électrique à Lafayette (Indiana). Duke Energy a fait son entrée dans le marché du Midwest avec l'acquisition de Cinergy, en 2006.

Avec l'acquisition de Cinergy Corporation, annoncée en 2005 et achevée le 3 avril 2006, le territoire desservi par Duke Energy comprend maintenant une partie du Midwest américain. La société exploite des centrales nucléaires, des centrales au charbon, des centrales hydroélectriques, des turbines au gaz naturel. L'entreprise exploite des centrales à réserve pompée, pour servir la demande de pointe. En 2006, Duke Energy a également acquis Union Gas, de Chatham (Ontario), une entreprise réglementée par la Commission de l'énergie de l'Ontario.

Le 3 janvier 2007, Duke Energy a cédé ses participations dans le secteur du gaz naturel, y compris dans sa filiale Union Gas, acquise l'année précédente, pour former Spectra Energy. Les actionnaires de Duke Energy recevant une action de Spectra Energy contre deux actions de Duke Energy. Depuis la transaction, la majorité des revenus de Duke Energy proviennent de ses entreprises électriques en Caroline du Nord, et en Caroline du Sud, au Kentucky, en Ohio et en Indiana.

En janvier 2011, Duke Energy annonce un projet de fusion avec Progress Energy, via une transaction d'un montant de 13,7 milliards de $. Créant un groupe avec une capacité de production de 57 GW, qui dessert 7,1 millions de clients, pour une capitalisation boursière de 37 milliards de dollars. Dans ce projet de fusion, les actionnaires de Duke devraient posséder 63 % du nouveau groupe, alors que ceux de Progress Energy en auront 37 %[6],[7],[8]. La société devient ainsi le plus grand fournisseur d'électricité aux Etats-Unis. La fusion entre Duke Energy et Progress Energy a été réalisée en partie par un emprunt de 6 milliards de dollars dont 11 % a été assuré par des banques chinoises[9]

Protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

En 1999, l'Environmental Protection Agency (EPA) a intenté une action contre Duke Energy pour défaut de se conformer au Clean Air Act (loi sur l'assainissement de l'air). Duke a soutient que la réglementation que l'EPA a publié en vertu de la loi a été arbitrairement changée au cours des 25 dernières années. Les groupes environnementaux affirment de leur côté que Duke exploite des échappatoires de la loi pour augmenter ses émissions. Le tribunal de première instance a accueilli la position de Duke mais l'affaire Environmental Defense c. Duke Energy Corp (05-848) a été portée en appel devant la Cour suprême des États-Unis en 2006. Dans une décision unanime, la Cour a statué en faveur des groupes environnementaux et contre Duke Energy, le 2 avril 2007[10].

En 2002, des chercheurs de l'Université du Massachusetts à Amherst ont placé Duke Energy au 46e rang des plus grand émetteurs industriels de pollution atmosphérique aux États-Unis, avec des rejets annuels de 36 millions de lb de produits chimiques toxiques[11]. Les principaux polluants incluent l'acide chlorhydrique l'acide sulfurique, des composés du chrome, et le fluorure d'hydrogène[12]. Le Political Economy Research Institute classe Duke Energy au 13e rang des sociétés émettrices de polluants atmosphériques aux États-Unis. Le classement est basé sur la quantité (80 millions lb en 2005) et la toxicité des émissions[13]. Ce changement découle de l'acquisition de Cinergy - qui dépend beaucoup des combustibles fossiles - en 2005.

Au début de 2008, Duke Energy a annoncé son intention de construire l'unité 6 de la centrale au charbon de Cliffside (800 MW) 55 mi (89 km) à l'ouest de Charlotte, Caroline du Nord. Le plan a été fortement contestée par des groupes environnementaux, comme Rising Tide North America, Rainforest Action Network, la coalition communautaire Canary Coalition et le Southern Environment Law Center, qui menacent Duke de poursuite si elle n'abandonne pas le projet. Le 1er avril, des militants se sont enchaînés à la machinerie du chantier de Cliffside dans le cadre du Fossil Fools Day[14]

Duke Energy a appuyé la mise en œuvre d'un marché d'échange de droits d'émission pour lutter contre les émissions de CO2[15]. L'entreprise s'est retirée de la National Association of Manufacturers, en raison notamment de divergences sur la question des changements climatiques[15],[16].

En février 2010, Duke Energy s'est retrouvée impliquée dans une controverse avec la nation Cherokee, qui s'oppose à la construction d'un poste électrique sur les terres sacrées du tumulus de Keetoowah, en Caroline du Nord. Le conseil tribal Cherokee a adopté une résolution déclarant : « Il est de la responsabilité solennelle de cette Tribu et son devoir moral de protéger l'ensemble de Kituwah de toute profanation et dégradation par l'Homme afin de préserver l'intégrité du site le plus important des origines et du développement de la culture, du patrimoine, de l'histoire et de l'identité Cherokee. » [17] Le 9 mars 2010, Duke Energy se voit imposer un moratoire de 90 jours sur la construction du poste électrique[18].

Projets de construction[modifier | modifier le code]

Centrale nucléaire[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2006, Duke annonce qu'elle a choisi le comté de Cherokee en Caroline du Sud en vue de construire une nouvelle centrale nucléaire. Le site est détenu conjointement par Duke et Southern Company. Duke envisage de construire deux réacteurs à eau pressurisée de type AP1000 de Westinghouse. Chaque réacteur a une puissance nominale de 1 117 mégawatts.

Le 14 décembre 2007, Duke a présenté une demande de permis de construction et d'exploitation à la Autorité de sûreté nucléaire américaine en plus d'annoncer qu'il consacrera 160 millions de dollars en 2008 à cette centrale, dont le coût estimé varie entre 5 et 6 milliards de dollars[19].

Le site sélectionné sera adjacent au site abandonné au début des années 1980. Le site a été utilisé par James Cameron comme décor pour son film Abyss.

Cogénération à la biomasse[modifier | modifier le code]

Duke Energy s'est associée avec le géant français du secteur nucléaire, AREVA. La coentreprise, connue sous la raison sociale ADAGE, a pour but de construire une série de centrale de cogénération à la biomasse dans l'ensemble des États-Unis.

ADAGE planifie la construction d'une de ces centrales dans le comté de Mason, dans l'état de Washington. Le président d'ADAGE, Reed Wills, a récemment annoncé que le premier projet serait construit dans la communauté forestière en difficulté de Shelton, Washington.

L'entreprise négocie avec des propriétaires forestiers afin de garantir un approvisionnement de 600 000 tonnes de résidus forestiers qui seront nécessaires chaque année pour alimenter cette centrale dont le coût de construction est évalué à 250 millions de dollars.

Dans leur demande de permis, Duke-AVERA-ADAGE ont fourni les données suivantes sur la pollution atmosphérique prévue. Ces données sont basées sur les émissions d'une centrale du même type en Floride[20].

  • 247 t/an - PM
  • 239 t/an - PM10
  • 233 t/an - PM2.5
  • 249 t/an - NOx
  • 246 t/an - SO2
  • 248 t/an - CO
  • 40 t/an - H2SO4
  • 63 t/an - COV
  • 29 t/an - F

Parc de production[modifier | modifier le code]

Centrales nucléaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Duke Energy, 2009 Annual Report and Form 10K, Charlotte, NC, Duke Energy,‎ 2010, 21 p. (lire en ligne)
  2. Duke Energy, « Fact Sheet »
  3. (en) Duke Energy Generation Services, « Overview - Duke Energy », sur Duke Energy (consulté le 2008-09-12)
  4. (en) Duke Energy, « Duke Energy Expands Wind Business », sur Duke Energy,‎ 9 septembre 2008 (consulté le 2008-09-12)
  5. David Frum, How We Got Here: The '70s, New York, Basic Books,‎ 2000 (ISBN 0465041957), p. 242–243
  6. BREF-Duke Energy va racheter Progress Energy pour $13,7 mds, Reuters France, 10 janvier 2011
  7. Concentration dans la distribution électrique aux Etats-Unis, La Tribune.fr, 10 janvier 2011
  8. Duke Energy to buy Progress Energy for $13.7 billion, Reuters International, 10 janvier 2011
  9. (en) Duke, Progress Energy tap Chinese banks for credit, Cassandra Sweet, Marketwatch.com, 28 novembre 2011
  10. (en) Public Broadcasting System, « Supreme Court Says EPA Can Regulate Greenhouse Gases », Newshour,‎ 2 avril 2007 (lire en ligne)
  11. (en) Political Economy Research Institute, « Toxic 100 »,‎ 11 mai 2006 (consulté le 2007-08-15)
  12. (en) « Release Inventory », sur rtknet.org
  13. (en) Political Economy Research Institute, « Toxic 100 Index »,‎ 11 mai 2006 (consulté le 2007-08-15)
  14. Jeu de mot intraduisible, inspiré de la tradition du poisson d'avril, April's Fools Day.
  15. a et b (en) « Duke Energy Quits The Right-Wing National Association Of Manufacturers Over Differences On Climate Policy », sur Think Progress,‎ 8 mai 2009 (consulté le 2010-08-06)
  16. (en) « Duke Energy to Leave Trade Group Over Climate Policy », Bloomberg,‎ 8 mai 2009 (lire en ligne)
  17. (en) Scott McKie B.P., « Tribe opposes Substation at Kituwah Site », sur Cherokee One Feather,‎ 8 février 2010 (consulté le 2010-03-10)
  18. (en) Scott McKie B.P., « Swain passes Moratorium on Duke Construction », sur Cherokee One Feather,‎ 9 mars 2010 (consulté le 2010-03-10)
  19. (en) Matt Daily, « Duke Energy files to build new nuclear power plant », Reuters,‎ 13 décembre 2007 (lire en ligne)
  20. (en) « Biomass Facility Planned in Shelton », The News Tribune,‎ 5 février 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]