Duende

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La notion de duende trouve sa source dans la culture populaire hispanique et, plus précisément, dans le cante flamenco et la tauromachie.

Le terme provient du latin « dominus », puis, « domnus » et enfin, « duen », qui donnera en espagnol le mot « dueño » (maître).

Pour le dictionnaire de l'Académie espagnole (1732), un « duende », est le terme commun pour désigner les démons domestiques (trasgos) ; Il faut attendre 1956 pour que l'Académie espagnole l'intègre comme « charme mystérieux et ineffable » et le rapporte au flamenco, « los duendes del cante flamenco ». Elle y reconnaît dès lors cette disposition spéciale rappelant la transe, où le génie, l'inspiration, vient soudainement et tout réussit sans virtuosité à l'interprète musicien, chanteur ou danseur.

Présentation[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Dans la métaphore poétique, le duende habite les entrailles et tisse une couture diaphane entre la chair et le désir. Il est animé par la voix ou par le geste puisqu’il surgit de l’expérience de l’art flamenco, mais il s’étend à tous les domaines de l’art, à chaque fois qu’il s’agit de faire la différence entre la véritable inspiration et l’imposture.

C’est Federico García Lorca, qui le fait entrer dans la Littérature à travers sa conférence « Juego y teoría del duende » prononcée en 1930 à La Havane, en 1933 à Buenos Aires et en 1934 à Montevideo. Il y construit, entre jeu et théorie, une poétique du duende qu’il sépare, à travers de nombreux exemples, de la notion de muse et de celle d’ange.

Pour le poète, le duende naît de la lutte d’un corps avec un autre qui l’habite et gît endormi dans ses viscères. Quelqu’un se risque à témoigner de la vérité de son rapport avec l’art, convoque l’éveil du duende pour lutter avec lui. Dans cette lutte se disloquent la logique et le sens pour céder la place à une érotique qui possède la fraîcheur des choses qui viennent d’être créées ; mais avec le risque couru aussi d’un échec désespérant par la répétition des techniques, dans le silence et l’absence de la création en œuvre.

Très intéressé par la poétique du duende, Ignacio Gárate Martínez essaie de transcrire cette poétique « lorquienne » (dont il traduit en français la conférence Jeu et théorie du duende) dans une première ébauche d’un dire anthropologique. Il y suggère une étroite relation entre l’impossible du sujet (du désir inconscient, dans la théorie psychanalytique) et le sujet de l’impossible (l'impossibilité de construire une articulation objective de l'art).

Ainsi, entre le savoir populaire qui le repère avec finesse lorsqu’il advient, la poétique « lorquienne » qui le précise, et l’anthropologie qui en suggère des ponts conceptuels, le duende devient une notion singulière, intraduisible, pour nommer un savoir sur l’expérience subjective. La langue anglaise (New Oxford Dictionary, 1993) et la langue française (1996, 2004) l’adoptent sans le traduire comme référent singulier de l’art inspiré par la créativité hispanique.

Tauromachie[modifier | modifier le code]

Le terme duende qualifie l'état d'inspiration, le génie du torero « artiste ».

Références et bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]