Duchesnea indica

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Fraisier de Duchesne

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Duchesnea indica, le Fraisier des Indes, le Fraisier de Duchesne, le Fraisier à fleurs jaunes, est une espèce de plante herbacée vivace stolonifère de la famille des Rosaceae.

Cette espèce a un caractère invasif[1] dans les milieux qui lui conviennent, concurrençant même la fraise des bois.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Duchesnea est un hommage à Antoine Nicolas Duchesne, botaniste auteur d'un ouvrage sur l'histoire naturelle des fraises.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Fragaria indica Andr.
  • Potentilla indica

Distribution[modifier | modifier le code]

Duchesnia indica est originaire d'Afghanistan, de l'Inde, d'Indonésie, du Japon, de la Corée et du Nord de la Chine.

Il croît en montagne, dans les prairies, sur le bord des rivières.

Espèce envahissante[modifier | modifier le code]

Duchesnea indica aurait été introduit en Europe dès le XVIIe siècle comme plante décorative. Il s'est localement naturalisé au point de proliférer en couvrant la quasi-totalité du sol, de même ensuite qu'en Amérique centrale et Amérique du Sud (probablement à partir d'échappées de jardins).

En Belgique, cette espèce est considérée comme invasive et sa plantation est interdite en Région wallonne depuis le 1er janvier 2013[2].

Description[modifier | modifier le code]

Dans une strate herbacée piétinée par les passants et fréquentée par des canards, le Fraisier des Indes, introduit (ici à Lille) s'est rapidement adapté aux pressions qu'il subit, en produisant des feuilles plus petites, des stolons moins longs et des plantes filles moins espacées, des fruits un peu plus petits.
Cela ne l'empêche apparemment pas de se multiplier efficacement. À la différence de ce qui se passe dans les zones boisées et sur les bords de chemins à proximité, ici les fruits sont rapidement mangés (par les canards ?)
Stolon (tendu pour la photo) et ses « plantes-filles » pas encore enracinées

Feuilles[modifier | modifier le code]

Les feuilles sont à 3 folioles obovées, de 1-5 × 1-3 cm, à marge crénelée, avec un pétiole de 2-5 cm de long.
Elles ressemblent à celles des fraises des bois. La couleur est légèrement différente, de même que la pilosité.

Stolons[modifier | modifier le code]

La plante produit des fruits, mais ce sont les stolons qui lui permettent de rapidement coloniser un terrain, de manière très concurrentielle face au fraisier des bois quand il est présent.
Chaque plante-mère pérenne génère des stolons de 30 à 100 cm de long qui donnent naissance à des plantes filles (dont le système racinaire diffère).

Fruit[modifier | modifier le code]

Il ressemble de loin à celui de la fraise des bois (baie rouge vif à maturité, de 1-2 cm de diamètre), mais sa chair est blanche et insipide, parfois sèche. Elle peut être à l'origine de troubles digestifs[3].

Ses baies sont dressées et pointent vers le ciel, alors que celles des fraisiers sont retombantes.

Les fruits ne sont pas habituellement consommés mais peuvent l'être occasionnellement en situation de survie. Dans la nature, une parcelle de 2,5 m² peut donner 150 g de fruits par an. D'après certains auteurs[Lesquels ?] sa consommation excessive pourrait entraîner des troubles digestifs.

  • Sucre 3,4 %
  • Protéine 1,5 %
  • Cendre 1,6 %
  • Vitamine C 6,3 mg pour 100 ml de jus

Fleur[modifier | modifier le code]

Ses pétales jaunes permettent de différencier cette espèce des fraisiers comestibles dont les pétales sont blancs.

Les fleurs sont solitaires, jaunes et à long pédoncule. Elles comportent :

  • cinq pétales jaunes, ne se touchant pas, non échancrés ou à peine ;
  • un calice un peu denté ;
  • un épicalice à cinq pièces très développées, plus large que la corolle avec trois lobes nets pour chaque pièce ;
  • vingt à trente étamines et de nombreux carpelles libres.

La floraison a lieu de mai à août, avec quelques fleurs visibles jusqu'en décembre.


Racines[modifier | modifier le code]

Une étude[4] sud-américaine a comparé morphologiquement et anatomiquement les structures primaire et secondaire du système racinaire de Duchesnea indica (Andrews) Focke, Fragaria vesca L. et Potentilla tucumanensis Castagnaro & Arias a montré que si les trois espèces ont une racine principale pivotante (à ramifications variables), elles présentent des différences :

  • chez D. indica et P. tucumanensis la plante mère ne forme pas de racines adventives, alors chez F. vesca, elles présentent des racines séminales à structure primaire diarche et secondaire avec polyderme, et des racines adventives diarches à pentarches. La structure primaire des racines est diarche et la secondaire sans polyderme. ;
  • chez D. indica et F. vesca, les plantes filles forment des racines adventives diarches à polyarches. Il ne semble y avoir des trachées que chez F. vesca et P. tucumanensis.

Le nombre de pôles de protoxylème et la présence de trachées et de polyderme constituent des éléments diagnostiques complémentaires pour l’identification de ces espèces.

Il est possible que la mycorhization joue un rôle dans le caractère plus ou moins compétitif des vrais ou faux fraisiers[5].

Usages médicinaux en Asie[modifier | modifier le code]

En Chine, la plante, connue principalement sous le nom de « fraisier des serpents »[6], est utilisée comme plante médicinale, toute la plante étant utilisable (feuille, fruit, racine, fraîches ou sèches). Elle y est réputée avoir des propriétés anticancéreuses (en association avec d'autres espèces, antiseptiques, anticoagulantes, dépuratives et fébrifuges. Alors que les feuilles séchées sont en préparation huileuses utilisées pour traiter les brûlures et l'eczéma, des cataplasmes de feuilles fraîches sont réputées efficaces contre les morsures de serpents, piqûres d'insectes, abcès et furoncles. Le fruit y est parfois utilisé dans des boissons alcoolisées.

On trouve également la plante sur l'île de la Réunion, où elle est répandue. Elle y est appelée fraise marron, fraise crapaud ou fraise d'l'eau[7].

Hybridation[modifier | modifier le code]

  • Duchesnea × Fragaria – essais réussis avec Duchesnea (qui a une ploïdie très variable mais basé aussi sur n=7 : 2x=14, 3x=21, 4x=28, 7x=49, 8x=56, 12x=84) en parent femelle et Fragaria vesca, viridis, ×bifera, nilgerrensis en mâle. Peu d'akènes arrivent à maturité et les embryons sont généralement mais pas toujours sublétaux

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base de donnée sur les espèces invasives
  2. Service public de Wallonie : Circulaire relative aux plantes exotiques envahissantes
  3. Source
  4. Patricia Albornoz, Marta Arias, Atilio Castagnaro, Juan Carlos Diasz Ricci, Comparative root anatomy of Duchesnea indica, Fragaria vesca and Potentilla tucumanensis (Rosaceae) in Tucumán province, Argentina ; Adansonia, sér. 3, 29 (2) : 255-267.
  5. White P. 1929. — Mycorrhiza as a possible determining factor in the distribution of the strawberry. Annals of Botany 43: 535-544
  6. 蛇莓, shé méi, Dictionnaire Ricci des plantes de Chine.
  7. Tela Botanica

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Naruhashi N. & Ishizu H. 1992. — Comparative anatomy of Duchesnea chrysantha, D. indica and their hybrids (Rosaceae). The Journal of Phytogeography and Taxonomy 40: 5-12.