Duché d'Athènes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Duché d'Athènes

12051458

Blason
Blason des ducs de la famille de la Roche
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Le duché en 1204

Informations générales
Capitale Athènes

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché d'Athènes était l'un des États des Chevaliers croisés mis en place en Grèce après la quatrième croisade au détriment de l'Empire byzantin.

Le duché s'étendait sur l'Attique et la Béotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L'acropole d'Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le centre réel du duché était la ville de Thèbes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tour « franque » sur l'Acropole d'Athènes avant sa destruction.

Période française[modifier | modifier le code]

Les villes d’Athènes et de Thèbes sont conquises dans les années 1204-1205 par Othon de la Roche, un seigneur bourguignon de l'entourage du roi de Thessalonique Boniface de Montferrat. Othon prend le titre de μεγασκυρ (megaskyr, soit « grand-seigneur ») et peut-être celui de duc[1]. La suzeraineté théorique du duché passe du royaume de Thessalonique à l'empire latin de Constantinople, mais dans les faits le duché est indépendant.

Le Duché d'Athènes comprenait les fiefs directs suivants[réf. nécessaire] : Seigneurie puis après 1311 comté de Salona, seigneurie d'Égine, seigneurie de Thèbes, marquisat de Bodonitza jusqu'en 1414.

En 1309 le duché passe à Gautier V de Brienne. Ce dernier, en lutte contre les Grecs de Thessalie soutenus par le Despotat d’Épire et l'empire byzantin, achète les services de la compagnie des Almogavres, un groupe de mercenaires catalans présent en Grèce depuis une dizaine d'années. Mais Gauthier se brouille ensuite avec les Almogavres et trouve la mort au cours d'une bataille contre ces derniers en 1311.

Son héritier, Gautier VI de Brienne, continue à revendiquer le titre ducal mais en pratique il se limite à la seigneurie d'Argos et de Nauplie. Il a comme successeur son neveu, Guy III d'Enghien. L'héritière de ce dernier, Marie d'Enghien, veuve du Vénitien Pietro Cornaro, cède Argos et Nauplie à la république de Venise en 1388.

Période catalane[modifier | modifier le code]

Les Almogavres prennent le contrôle du duché et y imposant les Usatges de Barcelone. Ils demandent au roi Frédéric II de Sicile de prendre la suzeraineté du duché. Ce dernier nomme ducs plusieurs de ses fils, qui ne mettent jamais les pieds en Grèce et se contentent de régner à travers des vicaires généraux. Quelques familles catalanes et siciliennes s'implantent dans le duché, la plus connue est issue du fils illégitime du roi Alphonse Frédéric d'Aragon, comte de Salona. Le comté de Salona fut le plus important fief dépendant du duché durant la période catalane.

En 1315-1316, les Catalans du duché d'Athènes sont appelés par l'infant Ferdinand de Majorque, qui s'efforce de conquérir la principauté d'Achaïe ; ils arrivent cependant trop tard pour pouvoir lui prêter main-forte, et l'infant est tué en juillet 1316.

Profitant de la faiblesse des Grecs, confrontés à l'avance des Turcs en Anatolie et des Serbes dans les Balkans, les Catalans se portent alors vers le nord. Entre 1318 et 1319, en s'appuyant sur Salona, ils conquièrent la Phthie, la Phocide et une partie de la Thessalie, formant le duché de Néopatrie, qui est uni à celui d'Athènes. Mais en 1337, l'empereur serbe Stefan Dušan s'empare à son tour du nord de la Thessalie.

En 1379, les duchés sont attaqués par la compagnie de Navarre, un groupe de mercenaires navarrais qui conquièrent notamment Thèbes. En 1381, les duchés passent non plus au roi de Sicile, mais au roi Pierre IV d'Aragon. Ce dernier, bien que soucieux de la préservation de l'acropole d'Athènes (« le plus beau joyau qu'un roi puisse posséder », écrit-il), n'envoie que de faibles renforts dans les duchés.

Période florentine[modifier | modifier le code]

En 1388, un aventurier florentin, Nerio Acciaiuoli, conquiert Athènes, puis Néopatrie en 1390. Après une éphémère domination vénitienne (1395-1402), les Acciaiuoli restent maîtres des duchés. Après la reconquête byzantine de l’Achaïe en 1430, ils doivent reconnaître l'autorité de Constantinople, mais parviennent à se maintenir.

Conquête turque[modifier | modifier le code]

Le duché est envahi par les forces ottomanes après la chute de Constantinople, invasion facilitée par des luttes internes à la dynastie ducale. En 1456, Mehmed II prend Athènes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Malgré leur perte des duchés en 1388-90, le titre de duc d'Athènes et de Néopatrie est porté par les rois d'Aragon, puis d'Espagne jusqu'à nos jours. Les descendants de Gautier de Brienne portèrent eux aussi le titre de duc d'Athènes, transmis à leurs héritiers, les Enghien.

Ducs d'Athènes[modifier | modifier le code]

Ducs francs[modifier | modifier le code]

Ducs catalans[modifier | modifier le code]

Vicaires[modifier | modifier le code]

Les ducs catalans d'Athènes furent des enfants ou des souverains non résidents qui déléguaient le gouvernement du duché à des Vicaires [2].

Ducs florentins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La date exacte de l'utilisation du titre de duc fait l'objet de controverses.
  2. Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, réédition Israël, 1966, Chapitre d : Principautés Franques du Levant, Chapitre II « Duché d'Athènes  » note n°3 p. 467.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, réédition Israël, 1966, Chapitre d : Principautés Franques du Levant, Chapitre II « Duché d'Athènes  », chapitre VII Tableau généalogique n°18 p. 465-468.
  • Jean Longnon L’Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée, Payot, Paris, 1949.
  • René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X).
  • Venance Grumel, Traité d'études byzantines, « La Chronologie I », Presses universitaires de France, Paris, 1958, « Seigneurs et ducs d'Athènes  » p. 406-407.