Duché d'Athènes

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Duché d'Athènes

12051458

Blason

Blason des ducs de la famille de la Roche

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Le duché en 1204

Informations générales
Capitale Athènes

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché d'Athènes était l'un des États croisés mis en place en Grèce après la quatrième croisade.

Le duché s'étendait sur l'Attique et la Béotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L'acropole d'Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le réel centre du duché était la ville de Thèbes, siège d'un archevêché latin.

Sommaire

[modifier] Histoire

Tour « franque » sur l'Acropole d'Athènes avant sa destruction

[modifier] Fondation

La ville d’Athènes et celle de Thèbes sont conquises dans les années 1204-1205 par un seigneur de la Comté de Bourgogne nommé Othon de la Roche. Ce dernier, appelé μεγασκυρ (megaskyr, ou grand-seigneur) d'Athènes, prend le titre de duc d'Athènes en 1208, soumettant ses possessions au royaume de Thessalonique.

Le Duché d'Athènes était constitué par les fiefs directs suivants : Seigneurie puis après 1311 comté de Salona, seigneurie d'Égine créée en 1294 à la république de Venise de 1451 à 1537, seigneurie de Thèbes jusqu'en 1311, marquisat de Bodonitza jusqu'en 1414.

En 1224, le despote d’Épire Théodore Ier Ange Doukas conquiert le royaume de Thessalonique. Les ducs d'Athènes se soumettent alors au prince d’Achaïe.

En 1308 le duché passe à Gautier V de Brienne. Ce dernier, en lutte contre le despotat d’Épire, engage les services de la compagnie des Almogavres, un groupe de mercenaires catalans présents dans l'Empire byzantin depuis une dizaine d'années. Les relations entre les Almogavres et le duc prennent un tour inquiétant après que ce dernier refuse de payer la solde des mercenaires. Gautier V convoque l'ost de ses vassaux et alliés pour affronter les Almogavres, mais il est vaincu et tué par ces derniers en 1311 à la bataille du lac Copaïs.

Son héritier Gautier VI de Brienne continue à revendiquer le titre ducal mais il se limite à la seigneurie d'Argos et de Nauplie. Il a comme successeur son neveu Guy III d'Enghien. L'héritière de ce dernier Marie d'Enghien et son époux Pietro Cornaro cèdent le « Duché d'Argos et de Nauplie  » à la république de Venise en 1388.

[modifier] Période catalane

Les Almogavres prennent le contrôle du duché et y imposant les Usatges de Barcelone. Ils demandent au roi Frédéric II de Sicile d'accepter la souveraineté du duché. Ce dernier nomme ducs plusieurs de ses fils, qui ne mettent jamais les pieds en Grèce et se contentent de régner à travers des vicaires généraux. Quelques familles catalanes et siciliennes s'implantent dans le duché, la plus connue est issue du fils illégitime du roi; Alphonse Frédéric d'Aragon, comte de Salona et Tercier d'Eubée par mariage. Le comté de Salona fut le plus important fief dépendant du duché durant la période catalane.

En 1314-1315, les Catalans du duché d'Athènes prêtent main-forte à l'infant Ferdinand de Majorque, qui s'efforce de conquérir la principauté d'Achaïe. Les forces catalanes affrontent celles de Louis de Bourgogne, autre prétendant au trône d'Achaïe, qui est soutenu par le seigneur d’Argos Gautier VI de Brienne, le fils de l’ancien duc. Après la mort de Ferdinand au combat, l’Achaïe passe sous le contrôle de Louis de Bourgogne.

Les efforts catalans se portent alors vers le nord. Entre 1318 et 1319, en s'appuyant sur Salona, ils conquièrent la Phthie, la Phocide et une partie de la Thessalie, formant le duché de Néopatrie, qui est uni à celui d'Athènes. En 1330, en partie grâce à l'aide reçue du duché d'Athènes, le roi Jacques III de Majorque, fils de Ferdinand, reconquiert la principauté d'Achaïe. C'est alors l'apogée de la domination catalane en Grèce.

En 1337, l'expansion serbe déborde sur le nord de la Thessalie.

En 1379, l’empereur latin titulaire Jacques des Baux, aidé d'une compagnie de mercenaires navarrais, conquiert Thèbes et la majeure partie du duché de Néopatrie. En 1381, les duchés passent non plus au roi de Sicile, mais au roi Pierre IV d'Aragon. Ce dernier, bien que soucieux de la préservation de l'acropole d'Athènes (« le plus beau joyau qu'un roi puisse posséder », écrit-il), n'envoie que de faibles renforts dans les duchés.

[modifier] Période florentine

En 1388, un aventurier florentin, Nerio Acciaiuoli, conquiert Athènes. Néopatrie tombe en 1390.

Après une éphémère domination de la commune de Venise (1395-1402), les Acciaiuoli restent maître des duchés. Après la reconquête byzantine de l’Achaïe en 1430, ils doivent reconnaitre l'autorité de Constantinople.

[modifier] Conquête

Le duché est envahi par les forces ottomanes après la chute de Constantinople, invasion facilitée par des luttes internes à la dynastie ducale. En 1456, Mehmed II prend Athènes.

[modifier] Postérité

Malgré la conquête ottomane, le titre de duc d'Athènes et de Néopatrie est porté par les rois d'Aragon, puis d'Espagne jusqu'à nos jours. Les descendants de Gautier de Brienne portèrent eux aussi le titre de duc d'Athènes, transmis à leurs héritiers, les Enghien.

[modifier] Ducs d'Athènes

[modifier] Ducs francs


[modifier] Ducs catalans

[modifier] Vicaires

Les ducs catalans d'Athènes furent le plus souvent des enfants ou des souverains non résidents qui déléguaient le gouvernement du duché à des Vicaires [1]

[modifier] Ducs florentins

[modifier] Notes et références

  1. Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, réédition Israël, 1966, Chapitre d : Principautés Franques du Levant, Chapitre II « Duché d'Athènes  » note n°3 p. 467


[modifier] Sources

  • Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, réédition Israël, 1966, Chapitre d : Principautés Franques du Levant, Chapitre II « Duché d'Athènes  », chapitre VII Tableau généalogique n°18 p. 465-468.
  • Jean Longnon L’Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée Payot Paris 1949.
  • René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X) .


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