Du cul à la chatte

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir A2P et ATP.
portrait photo
Katsuni, actrice X habituée de cette prestation[1]

Le cul à la chatte (de l'anglais : ass to pussy, abrégé par les sigles ATP ou A2P[2]) désigne une pratique sexuelle dominatrice constituant une variante de la pratique dite du cul à la bouche (caractérisée par une pénétration anale directement suivie d'une pénétration orale avec le même organe ou objet, mais pas nécessairement la même personne), et qui consiste en l'intromission du pénis directement dans le vagin après une pénétration anale (sodomie). Le membre pénétrant reste le même, alors que la partenaire pénétrée peut changer. Cette pratique présente un risque de contamination de la flore vaginale par la flore intestinale, malgré un lavement préalable.

Dans les films pornographiques[modifier | modifier le code]

À l'orée des années 2000, le cul à la chatte, de même que le cul à la bouche, s'est banalisé de manière croissante dans la filmographie X américaine. Plusieurs pistes permettant d'analyser cette évolution ont été avancées.

Les scènes de cul à la chatte sont visibles presque exclusivement dans les films pornographiques destinés aux hétérosexuels masculins, films dans lesquels les hommes dominent les femmes : cette pratique, consistant en une sodomie suivie d'un coït vaginal classique, est censée satisfaire et contenter l'homme, en faisant de la femme un objet sexuel soumis, subissant un acte considéré majoritairement comme dégradant ou pénible.

Quand on songe que la sodomie, qui se voyait peu dans les films X avant les années 1980-90[3], fut longtemps considérée comme une forme d'avilissement suffisamment significatif pour satisfaire le public concerné, on n'a pas de mal à concevoir que, la pratique de la sodomie étant de nos jours devenue très courante dans l'industrie cinématographique X[4], elle a beaucoup perdu de son pouvoir subversif et s'est émoussée en tant que spectacle stimulant pour les fans de pornographie[5]. Dans ces conditions, les réalisateurs n'ont eu d'autre choix que de repousser toujours plus loin les limites de l'obscénité et de l'extrême dans la représentation et les pratiques exhibées[6]. L'émergence du cul à la chatte, comme du cul à la bouche dans ce contexte, conflue ainsi avec la normalisation de la sodomie dans ce genre de films.

Problèmes d'hygiène[modifier | modifier le code]

Du fait de la proximité qu'elle accentue entre les deux muqueuses de l'entre-jambe féminin, alors que celles-ci, de nature fort différente, devraient en bonne logique rester préservées de toute communication physique pour des raisons d'hygiène, cette pratique sexuelle entraîne nombre de risques, parmi lesquels l’infection vaginale par des parasites fongiques, bactériens ou viraux de la flore intestinale. La nature de l'auto-infection risquée se révélant fort proche, on aura intérêt à lire la section sur l'hygiène de l'article consacré à la pratique dite du cul à la bouche[7].

Parades probables[modifier | modifier le code]

Le lavement intestinal paraît hygiéniquement peu efficace[8], même s'il est visuellement satisfaisant (toute trace de matières fécales superficielles étant éliminée), et qu'il est couramment pratiqué avant une sodomie sur plateau de tournage[8].

L'usage du préservatif s'étant développé dans les tournages (sous la pression de certaines législations touchant la rediffusion télévisuelle des œuvres pornographiques, dans un souci de prophylaxie pédagogique[9]), la parade la plus sûre se trouve là : comme pour la pratique du cul à la bouche, un acteur au membre protégé pourra, lors du retrait de l'anus de sa partenaire, au terme d'une séquence de sodomie, enlever le préservatif et pénétrer vaginalement cette partenaire (ou une autre) sans préservatif (comme d'ailleurs dans la plupart des fellations filmées) ; la chaîne de la contamination et de l'infection sera ainsi brisée[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142)
  • Xavier Deleu, Le Consensus pornographique, Paris, Mango-document,‎ 10 avril 2002, 190 p. (ISBN 9782914353304)
  • Jacques Zimmer, Le Cinéma X, Paris, La Musardine,‎ 27 septembre 2002, 445 p. (ISBN 9782842711719)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. sa filmographie sur IAFD et AFDB .
  2. Notamment sur les filmographies des fiches IAFD, AFDB et EGAFD.
  3. Claude Guillon, « Sodomie », dans Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142), p. 458-459
  4. Annie Baron, « Industrie du porno », dans Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142), p. 232-233
  5. Jacques Waynberg, « Les interdits », dans Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142), p. 234-235
  6. Jacques Zimmer, « Cinéma X », dans Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142), p. 100-101
  7. Jacques Zimmer, « Hardeur, hardeuse », dans Philippe Di Folco et alii, Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF,‎ 2005, 582 p. (ISBN 9782130544142), p. 211-212
  8. a et b Xavier Deleu, Le Consensus pornographique, Paris, Mango-document,‎ 10 avril 2002, 190 p. (ISBN 9782914353304), p. 135-137
  9. Délibération no 2007-234 du 4 décembre 2007 relative au port du préservatif dans les programmes pornographiques diffusés par des services de télévision, JORF no 6 du 8 janvier 2008, texte no 38, NOR CSAX0705234X, sur Légifrance.
  10. Cf: (fr) Bergen RK., Bogle KA., « Exploring the connection between pornography and sexual violence », Violence and victims,‎ 2000.