Drusilla (fille d'Agrippa Ier)

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Vestiges du palais hérodien à Césarée

Drusilla (38 – vers Pompéi 24 août 79) est la fille de Hérode Agrippa Ier et la sœur de Bérénice, Mariamne et Hérode Agrippa II. En 53, elle a d'abord été mariée à Aziz d'Émèse, puis l'a quitté pour se marier au procurateur romain de Judée, Antonius Felix.

Elle est morte, ainsi que son fils Agrippa, dans l'éruption du Vésuve qui a détruit Pompéi en 79.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors qu'elle était une toute petite enfant, son père l'avait promise à Antiochus Épiphane, le premier fils du roi Antiochos IV de Commagène, avec comme condition qu'Épiphane embrasse la religion juive. Finalement comme celui-ci ne s'est pas fait circoncire, le mariage n'aura jamais lieu[1]. Elle avait six ans[2] lorsque son père Agrippa Ier est mort à Césarée (44)[3], peut-être empoisonné par le légat de Syrie Marsus[4],[5].

Selon Flavius Josèphe, Drusilla et ses sœurs ont été la cible du mépris et de la dérision des habitants grecs de Césarée et samaritains de Sébaste. Ceux-ci descendent dans les rues pour manifester leur joie[6],[7]. Les plus audacieux prennent d'assaut les jardins royaux d'où ils arrachent les statues des trois filles du roi, Bérénice, Mariamne et Drusilla. Ils les emportent dans des lupanars et miment des actes de viol sur elles[7].

Lorsque son frère Agrippa II a obtenu l'ancienne tétrarchie de Philippe (la Batanée, avec la Trachonitide et l'Abilène) en 53, elle a cassé l'engagement qui était pris à l'égard d'Antiochus Épiphane. Elle s'est alors mariée à Aziz d'Émèse, à la condition posée par Agrippa II qu'il se fasse circoncire[8]. « Extrêmement belle, Drusilla ne tarde pas à séduire Antonius Felix selon Flavius Josèphe[1]. » , Celui-ci est le frère de Pallas et comme ce dernier un affranchi[9] devenu procurateur romain de Judée[8], ancien esclave d'Antonia Minor, dont il prend le nom (Flavius Josèphe en l'appelant Claudius Felix le considère comme affranchi de Claude[10]). « Mais Félix n'a pas à subir la circoncision ; c'est Drusilla qui renie sa religion[1]. » Drusilla s'est enfuie avec lui et l'a épousé quelque temps plus tard[11]. Ces événements ont fait scandale à l'époque[12].

William Hogarth, Paul devant Felix, 1752. Drusilla est assise à la droite de Felix

Drusilla est brièvement mentionnée dans les Actes des Apôtres, un écrit du Nouveau Testament. Lors d'une audience où comparaît l'apôtre Paul à Césarée, elle se trouve au côté de son mari Félix (Actes 24:24).

Drusilla trouve la mort, ainsi que son fils Agrippa, issu de son mariage avec Antonius Felix, dans l'éruption du Vésuve qui a détruit Pompéi en 79. Bien que la relation ultérieure de cet événement soit annoncée dans le XXe livre des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe, celle-ci ne se trouve pas dans les versions que nous connaissons. Comme quatre autres relations annoncées dans ce XXe et dernier livre sont introuvables dans l’œuvre de Flavius Josèphe, il a été émis l'hypothèse que la fin de cette œuvre avait été tronquée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 255.
  2. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XIX, § V, IX, 1, (354-355).
  3. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 240.
  4. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 409.
  5. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p. 89.
  6. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XIX, § V, IX, 1, (354-357).
  7. a et b Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 241.
  8. a et b (en) E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule: From Pompey to Diocletian: A Study in Political Relations, Brill, 2001 (ISBN 9780391041554), p. 273.
  9. (en) E. Mary Smallwood, op. cit., p. 266.
  10. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, livre XX, VI
  11. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, 7.1.
  12. Jean-Marie Guillaume, Jésus-Christ en son temps, éd. Médiasâul, Paris, 1997, p. 123.