Droits LGBT au Nigeria

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Les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) au Nigeria doivent faire face à des difficultés que ne connaissent pas les citoyens non-LGBT. Les relations sexuelles tant entre hommes qu'entre femmes sont illégales au Nigeria, un pays de plus de 150 millions d'habitants partagés entre un Nord majoritairement musulman et un Sud principalement chrétien.

L'homosexualité est punissable de lapidation dans les douze états qui ont adopté la charia, et elle peut être punie jusqu'à quatorze années de prison dans tout le Nigeria. Il n'y a aucune protection légale contre la discrimination. Peu d'homosexuels le sont ouvertement, et la violence contre les personnes LGBT est fréquente. En 2009, la législation est en voie de criminaliser le mariage entre personnes de même sexe dans tout le Nigeria, après une première tentative en 2006.

D'après le Pew Global Attitudes Project de 2007, 97 % des Nigérians disent que l'homosexualité devrait être « rejetée » par la société, ce qui en fait l'un des rejets de l'homosexualité les plus forts des quarante-quatre pays passés en revue[1].

Lois contre l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Douze États du Nord ont adopté le code pénal de la charia : Bauchi, Borno, Gombe, Kaduna, Kano, Katsina, Kebbi, Jigawa, Niger, Sokoto, Yobe et Zamfara. Ce code pénal ne s'applique pas aux non-musulmans[2].

L'homosexualité au Nigeria est illégale selon les articles 214 et 217 du chapitre 21 du code pénal nigérian, et peut être punie de prison jusqu'à quatorze ans dans tout le Nigeria. Dans les douze états qui ont adopté la charia, la sodomie (Liwat) est punie de cent coups de fouet (pour les hommes musulmans non mariés) et d'un an de prison et de mort par lapidation pour les hommes musulmans mariés ou divorcés[2] [3]. En mars 2006, la presse a rapporté que plus de douze personnes ont été condamnées à la mort par lapidation depuis 2000, mais les sentences n'ont pas été appliquées[3].

Expression de l'identité de genre[modifier | modifier le code]

Le code pénal de la charia interdit aux hommes de s'habiller en femmes ou de parler d'eux en tant que femmes[4].

Reconnaissance des unions homosexuelles[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 2007, le Conseil exécutif fédéral a approuvé une loi, le Same Sex Marriage (Prohibition) Act 2006, qui interdit les mariages homosexuels, et l'a envoyé à l'Assemblée nationale pour une application immédiate. D'après le ministre le justice Bayo Ojo, la loi a été portée par le président Olusegun Obasanjo à la suite de manifestations pour le mariage entre personnes de même sexe lors de la Conférence internationale sur le VIH/SIDA en 2005[5].

Le projet de loi réclamait cinq ans de prison pour quiconque entreprenait, « accomplissait, était témoin de, aidait ou encourageait » un mariage entre personnes de même sexe. Il interdisait aussi toute manifestation extérieure d'une « relation amoureuse homosexuelle » et l'adoption homoparentale[6]. Le projet aurait fait du Nigeria le deuxième pays en Afrique à criminaliser de telles unions, après l'Ouganda en 2005[3].

Le même projet aurait réclamé aussi cinq ans de prison pour tout engagement public ou toute création d'association en faveur des droits des homosexuels[3]. La loi contenait aussi une proposition d'ostraciser toute personne homosexuelle. L'intention du projet de loi était d'interdire tout ce qui se rapportait de près ou de loin à l'homosexualité dans le pays.

En février 2006, le département d'État des États-Unis a condamné le projet de loi[3]. En mars 2006, seize associations internationales pour les droits de l'homme ont signé une lettre condamnant le projet de loi, le dénonçant comme une violation des libertés d'expression, d'association et d'assemblée garanties par la loi internationale ainsi que par la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.

Le projet a été abandonné avec la fin du mandat du président Olusegun Obasanjo en 2007.

Le 20 janvier 2009, le parlement du Nigeria vote une loi punissant de prison la participation à un mariage entre personnes de même sexe et interdisant toute association ou manifestation homosexuelles[7]. Cette loi doit encore être approuvée, dans un délai inconnu[8].

Conditions de vie[modifier | modifier le code]

L'hostilité envers les relations homosexuelles est largement répandue[9]. Peu de personnes se déclarent homosexuelles [4], et les violences sur les personnes LGBT sont fréquentes[10].

Le 12 septembre 2008, des journaux ont publié les noms, adresses et photos de douze membres de l'Église communautaire métropolitaine Maison de l'arc-en-ciel, une église favorable aux LGBT de Lagos. Plusieurs des personnes visées ont été menacées, battues et lapidées. Une femme a été attaquée par onze hommes. Fin 2008, les autorités n'avaient toujours pas fait d'enquête sur ces agressions[4]. Des membres de l'église ont été expulsés ou ont perdu leur emploi. D'autres ont dû se cacher. L'église a dû fermer à cause du harcèlement policier et des menaces[10] .

VIH/SIDA[modifier | modifier le code]

La discrimination des porteurs du VIH est très répandue, le SIDA étant condamné comme une conduite immorale, même si des campagnes de prévention ont été menées pour réduire le stigmate associé au SIDA[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pew Global Attitudes Project
  2. a et b United Kingdom, Foreign & Commonwealth Office Sub Saharan Africa, Nigeria, Travel advice by country, 2009-03-20
  3. a, b, c, d et e "Nigeria To Criminalize Gay Marriage & LGBT Meetings", 365Gay.com, January 19, 2006. URL accessed on March 26, 2006
  4. a, b, c et d United States, Department of State, Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, 2008 Human Rights Report : Nigeria, 2008 Country Reports on Human Rights Practices, 2009-02-25
  5. "Nigeria bans same sex relationships... threatens severe sanctions" NigeriaDirect, Press Release January 19, 2007, URL accessed on March 28, 2007)]
  6. "Nigeria : Obasanjo Must Withdraw Bill to Criminalize Gay Rights", Reuters AlertNet. March 23, 2006. URL accessed on March 26, 2006
  7. "Nigeria. La proposition d’interdiction des unions homosexuelles est une attaque contre les droits humains", Amnesty International,
  8. "Nigéria : information sur le traitement réservé aux personnes homosexuelles", Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 2009
  9. Heidi Vogt, "Nigeria must withdraw anti-gay bill", Independent Online. March 24, 2006. URL accessed on March 26, 2006
  10. a et b House Of Rainbow Metropolitan Community Church Statement at the Public Hearing at the Nigeria Parliament 11th March 2009, House Of Rainbow MCC, 2009-03-11

Liens externes[modifier | modifier le code]