Droits LGBT au Maroc

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La reconnaissance et les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) au Maroc sont des sujets encore tabous. L'homosexualité, est punie par la loi marocaine.

Loi contre les homosexuels[modifier | modifier le code]

L'article 489 du code pénal du Maroc criminalise « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe. »[1]. L'homosexualité est illégale au Maroc, elle est punissable de 6 mois à 3 ans d'emprisonnement et d'une amende de 120 à 1 200 dirhams. Dans la société marocaine, l'homosexualité reste un tabou, elle est considérée comme immorale.

Quelques citoyens du Maroc penchent pour une attitude libérale, mais le gouvernement appuyé par l'écrasante majorité des marocains refuse catégoriquement de modifier la loi[réf. nécessaire].

Selon les calculs de Kifkif, depuis l'indépendance du Maroc en 1956 plus de 5 000 homosexuels, en majorité des hommes, seront passés devant les tribunaux sous l'accusation d'avoir enfreint l'article 489.

Dans la nouvelle constitution de 2011, le préambule stipule que le Royaume du Maroc s'engage à "Bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture, de l’origine sociale ou régionale, de la langue, de l’handicap ou de quelque circonstance personnelle que ce soit". Malgré le fait que les textes de lois soient inconstitutionnels depuis 2011, le pouvoir exécutif et législatif n'a procédé a aucune mise en conformité des textes.

Reconnaissance des couples de même sexe[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de reconnaissance légale des couples homosexuels.

Organisations de droits civils[modifier | modifier le code]

Kifkif est la seule base associative de la Communauté LGBT marocaine, établie en 2004 par des activistes homosexuels marocains, après les détentions de Tétouan. En septembre 2006, Kifkif sollicite au Ministère de l'Intérieur sa reconnaissance légale comme association, mais toutes ses demandes sont rejetées. Elle est depuis administrativement basée en Espagne car le droit marocain ne saurait lui reconnaître une existence juridique. Bien qu'elle ne soit pas légalisée, elle maintient ses activités.

En avril 2010, l'association Kifkif lance Mithly (le titre est un jeu de mots signifiant à la fois « homo » et « comme moi »), le premier magazine LGBT marocain, qui paraît en version papier et sur un site Internet dédié. Le premier numéro, imprimé à Rabat, a été diffusé à 200 exemplaires, de façon clandestine, puisque l'article 489 du code pénal marocain, qui rend l'homosexualité illégale, excluait toute possibilité d'obtenir une autorisation de publication[2].

En mai 2010, les militantes LGBT de Kifkif créent le groupe Menna w Fena (« De nous et pour nous »), un groupe interne à l'association Kifkif et consacré spécifiquement aux femmes lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles ou queer ; il a pour objectif de protéger les femmes LGBT au Maroc et de les aider à s'affirmer au sein de la communauté LGBT[3].

Vie des homosexuels[modifier | modifier le code]

La cour de Ksar el-Kébir, une petite ville à 120 kilomètres au sud de Tanger, a poursuivi six hommes le 10 décembre 2007 pour violation de l'article 489 du code pénal du Maroc. Cependant, selon les avocats des accusés, les poursuites n'ont pu apporter aucune preuve de conduite interdite de la part des hommes poursuivis.

Le 17 décembre 2007, les hommes ont été gardés en détention depuis leur première arrestation par la police entre les 23 et 25 novembre 2007, après la circulation sur internet d'une vidéo montrant une soirée privée montrant prétendument ces personnes. Les revues de presse ont prétendu qu'il s'agissait d'un mariage homosexuel. À la suite de ces arrestations, des centaines d'hommes et de femmes ont manifesté dans les rues de Ksar-el-Kebir, pour dénoncer leurs agissements présumés et demander leur châtiment[1].

Le 14 mai 2014, Six Marocains, accusés notamment « d'homosexualité », ont été condamnés par un tribunal de Fqih Bensalah, dans le centre du royaume, à des peines allant jusqu'à trois ans de prison. Ces six personnes avaient été arrêtées à la suite d'une plainte déposée par le père d'une d'elles. Il accusait les cinq autres « d'inciter » son fils « à avoir des comportements déviants ».[4]. Devant la pression internationale et la seule intention de Human Rights Watch d'intenter une action en justice pour faire reconnaître le caractère anti-constitutionnel de l'article 489 du code pénal, la justice a réduit les peines prononcées et ordonné la libération immédiate des condamnés afin d'être "soignés" car "victimes de la société"[5],[6],[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Six Men in Morocco Sentenced to Prison for ‘Homosexual Conduct’", Gay Wired, 17/12/2007.
  2. « Mithly, la revue gay qui bouscule le Maroc », article de rue89 le 19 avril 2010 sur Tetu.com. Page consultée le 5 juin 2011.
  3. Présentation du groupe Menna w Fena sur le site du groupe. Page consultée le 5 juin 2011.
  4. « Article du Monde du 15 mai 2014 »
  5. « Article Human Rights Watch du 08/07/14 »
  6. « Article Yabiladi du 03/07/14 »
  7. « Article Yabiladi du 08/07/14 »

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]