Droits LGBT au Cameroun

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Localisation du Cameroun.

Les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) au Cameroun font face à des situations que ne connaissent pas les citoyens non-LGBT.

Situation[modifier | modifier le code]

Disposition légale[modifier | modifier le code]

Le Code pénal dispose en son article 347 bis relatif à l'homosexualité :

« Est punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs (CFA) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe. »

Application de la loi[modifier | modifier le code]

Des procès pour délit d'homosexualité ont régulièrement lieu au Cameroun. Ainsi, en mai 2005, la gendarmerie a arrêté 9 personnes dans une discothèque de Yaoundé pour ce délit et 7 d'entre eux ont été condamnés à 10 mois d'emprisonnement.

En février 2006 deux Camerounais de 23 ans, ont été condamnés à un an de prison pour délit d’homosexualité. Un autre de 22 ans, est détenu depuis fin 2004, pour le même motif mais est toujours en attente de jugement[1].

Affaire des homosexuels présumés[modifier | modifier le code]

Début 2006, le journal camerounais La Météo a publié une liste d'homosexuels présumés au sein de personnalités politiques. D'autres journaux ont repris plus tard l'information et l'information a fait grand bruit au sein de la population camerounaise.

Le rédacteur en chef du journal L'Anecdote, François Bikoro Obah, qui a repris ces accusations a déclaré avoir fait « œuvre de salut public » en dénonçant ces personnes. La quasi-totalité des journaux du Cameroun ont soutenu ces journaux dans leur démarche[2].

Un Camerounais poursuivi par la justice pour homosexualité témoigne que depuis cette affaire, les homosexuels font l'objet d'une véritable « chasse aux sorcières »[3].

La première avocate camerounaise, Alice Nkom, a fondé en 2003 l'Association de défense des homosexuels du Cameroun (Adefho) et a obtenu en 2013, la première victoire avec l'acquittement de deux jeunes homosexuels.

Affaire Roger Jean-Claude Mbédé[modifier | modifier le code]

Roger Jean-Claude Mbédé (en), condamné à 3 ans de prison pour homosexualité[4], décède le 10 janvier 2014, après été reconnu coupable d'avoir envoyé par SMS « Je suis très amoureux de toi » à un autre homme. Son affaire devient emblématique pour les défenseurs des droits des homosexuels au Cameroun[5],[6],[7].

Depuis les débuts de l’affaire, son traitement judiciaire a déclenché de nombreuses réactions internationales ainsi que la condamnation pour la façon dont il est traité par Human Rights Watch et Amnesty International[8]. Le 3 juin 2011, Amnesty International déclare : «  cet homme est un prisonnier d'opinion, détenu uniquement à cause de son orientation sexuelle »[9],[10].

Il avait pour avocat Michel Togué ainsi que Alice Nkom et cette dernière déclare à la suite de son décès « Je suis très affectée. J’ai perdu un enfant, il a été mon client... mais il est avant tout mon enfant. Nous avions un lien très fort. C’était mon fils »[5].

Militants camerounais[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Sida et homosexualité en Afrique. Analyse des communications de prévention, Charles Gueboguo, Paris, l'Harmattan, 2009.
  • La question homosexuelle en Afrique, Le cas du Cameroun, Charles Gueboguo, Paris, L'Harmattan 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pour la libération de trois Camerounais emprisonnés pour homosexualité », sur www.inter-lgbt.org (consulté le 16 janvier 2014)
  2. Habibou Bangré, « Cameroun : trois journaux publient une liste d'homosexuels présumés », sur www.afrik.com,‎ 1er février 2006 (consulté le 16 janvier 2014)
  3. Audrey Banegas, « Un demandeur d’asile témoigne de son enfer au Cameroun », sur www.yagg.com,‎ 07 Août 2010 (consulté le 16 janvier 2014)
  4. Clarisse Juompan-Yakam, « Cameroun - Homosexualité : la peine de Roger Mbédé confirmée en appel », sur www.jeuneafrique.com,‎ 17 décembre 2012 (consulté le 16 janvier 2014)
  5. a et b Assiya Hamza, « Roger Jean-Claude Mbédé, mort d'avoir été homosexuel », sur www.france24.com,‎ 13 janvier 2014 (consulté le 16 janvier 2014)
  6. « Une veillée virtuelle en hommage à Roger Mbédé », sur www.yagg.com,‎ 13 janvier 2014 (consulté le 16 janvier 2014)
  7. « Jean-Claude Roger Mbédé, figure de la lutte pour les droits des homosexuels, est mort », sur www.rfi.fr,‎ 13 janvier 2014 (consulté le 16 janvier 2014)
  8. « La justice renvoie en prison un homosexuel pour des SMS », sur www.cameroonwebnews.com,‎ 18 Decembre 2012 (consulté le 16 janvier 2014)
  9. « Un Camerounais emprisonné pour homosexualité : Jean-Claude Roger Mbede », sur www.amnesty.org (Amnesty International),‎ 3 juin 2011 (consulté le 16 janvier 2014)
  10. (en)« Jean-Claude Roger Mbede : Prisoner of Conscience, Imprisoned for Homosexuality », sur www.amnestyusa.org (consulté le 16 janvier 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]