Driss Sans-Arcidet

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Driss Sans-Arcidet Lacourt dit Le Musée Khômbol, né le 18 juin 1960 à Toulouse, est un plasticien et sculpteur français. Après avoir passé de nombreuses années en banlieue toulousaine, il réside actuellement à Caen.

Photographie du sculpteur et plasticien Driss Sans-Arcidet dit le Musée Khômbol, jour de l'inauguration de Fers à Paris.

Formation[modifier | modifier le code]

Suite à des études en psychologie à l’Université d’Aix-en-Provence, de philosophie à l’Université du Mirail puis aux Beaux-Arts de Toulouse, il se consacre entièrement à son activité de plasticien. Par ailleurs, il a appris la menuiserie, la soudure, la couture, auprès d’artisans, savoir-faire utiles pour son travail.

Démarche[modifier | modifier le code]

Enfant, lors d’une visite au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, Driss Sans-Arcidet eut sa première révélation : il était possible d'ordonner les connaissances et d'offrir ainsi un cheminement clair au visiteur.

« Ma préoccupation principale devint dès lors une sorte de petite épistémologie raturée. Je fis comme le savant Cuvier en son temps, je déduisais la forme d'un animal d'après un tout petit fragment d’os. Je fabriquais des animaux, des squelettes improbables, des momies suspectes que je vieillissais et empoussiérais comme j'avais vu au Muséum. J’imaginais ainsi que la CONNAISSANCE D'UN DÉTAIL RÉVÉLERAIT LE TOUT. Cette pratique fumeuse est hélas encore très utilisée de nos jours. Il arrive donc que mes bricolages coïncident avec le monde réel surtout lorsque nous atteignons les frontières de la science et des croyances religieuses. La mécanique quantique nous l'enseigne aujourd'hui : nous ne pouvons être sûr de rien, ni de la nature ni de la position d'un objet. Ce flou admirable, c'est le monde dans lequel j’évolue. Un monde fait de gri-gri, de vaudou, de croyances syncrétiques, le monde magique de l'oxymore. »[1]

C’est en changeant la destination des objets et de leurs usages, quels qu’ils soient (livres, tiroirs, dents, casseroles, sculptures, outils médicaux, valises, annuaires), qu’il conçoit la majeure partie de ses créations. À l’image des cabinets de curiosités du 18e siècle, Driss Sans-Arcidet Lacourt s’entoure d’un univers fait de découvertes et de mystères. Depuis plus de vingt-cinq ans, ce plasticien, tel un conservateur ou collectionneur du monde contemporain, empile, entasse, fouine, des objets qu’il trouve ou qu’on lui donne, vestiges du temps qui passe, et les transforment pour leur donner une toute autre signification. Le Musée Khômbol présente ainsi décors fantasques et créations satiriques.

Au sujet de son atelier, il explique : « Il y a beaucoup d’objet autour de nous, mais ils ne sont pas ce qu’ils sont, cela veut dire que ce ne sont pas des vraies choses. Ce sont des objets que j’ai fabriqué ou que j’ai transformé. Seulement je les patine, je les vieilli… en effet on a l’impression d’être peut être chez Emmaüs, chez un antiquaire, ou chez Jardiland, ça dépend de ce que l’on regarde. »[2]

La peinture, la sculpture, la couture, l’écriture, la création de décors, chacune de ces activités est un outil entre ses mains, pour travailler l’essence parfois absurde des choses.« C'est à la manière de Bouvard et Pecuchet qu'est conçu tout mon travail, des hypothèses de départ foireuses, des recherches brouillonnes, des conclusions définitives... »[1]. Empreint de références cinématographiques, littéraires et historiques, il donne à ses œuvres des clefs de lectures ainsi que des significations transformées. Mais c’est aussi avec simplicité que Driss Sans-Arcidet s’amuse et bricole, « parfois, j'ai l'application scolaire d'un enfant, formant des petits mondes qui tournent sur eux même. »[1] Si bien que, Le Musée Khômbol propose notamment à ces visiteurs « la réactivation d’un état que l’on expérimente au cours de la petite enfance : celui où réalité et fiction forment un tout difficilement démêlable ». Ces œuvres mettent « le visiteur en situation de ré-expérimenter un état d’incertitude quant à la réalité d’une chose ou d’une situation, laquelle est toujours sur le fil, entre le plaisir et le trouble, entre le merveilleux et l’effrayant, entre le drôle et l’inquiétant. »[3]

À travers son travail, Driss Sans-Arcidet Lacourt, traite les questions du mythe, des leurres, des savants, de l’oubli, de l’amour, des figures historiques des régimes autoritaires ou totalitaires, des religions et forces occultes, de la pornographie et de l’érotisme, de la guerre, de l’invisible et de l’imaginaire, de la vie.« En somme : j'aime par-dessus tout, les explications, les démonstrations, la terrible arrogance de l'homme face à l'univers ».[1]

Très peu présent sur internet, le Musée Khômbol, conseille : « Allez y vous n’en reviendrez pas » [4].

L’œuvre Fers[modifier | modifier le code]

En 2009, Sans-Arcidet a créé Fers, une sculpture dédiée au général Dumas (1762-1806), né esclave en Haïti. Il s’agit d'une œuvre en forme chaîne brisée gigantesque[5], installée sur la place du Général-Catroux dans le 17e arrondissement de Paris. C’est une commande de la mairie de Paris à l’instigation de l’écrivain Claude Ribbe pour remplacer une statue d’Alphonse de Perrin de Moncel érigée en 1912-1913 et abattue sous l’occupation. Cette sculpture forme triangle avec les monuments de Gustave Doré (1883) et René de Saint-Marceaux (1906) dédiés aux écrivains Alexandre Dumas et Alexandre Dumas fils. L’inauguration, organisée par l’Association des amis du général Dumas, sous le haut patronage de l’Unesco, a eu lieu le 4 avril 2009 et a fait l’objet d’un rassemblement en présence du maire de Paris. Barack Obama, de passage en France ce jour-là pour le 60e anniversaire de l’OTAN, a été symboliquement convié à cette inauguration.

Fers, selon le Musée Khômbol[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fers (sculpture).

À propos de sa sculpture voici ses mots :

Sculpture, Fers, œuvre du musée Khômbol

« À bien y regarder, cette sculpture à quelque chose de Stalinien et de brut. La séduction, j’ai dû m’en passer. Ces fers, je les vois jetés à terre après qu’ils aient été séparés par le burin (notez les entailles sur les chaines) c’est le réalisme socialiste au service de l’édification des masses aurait on dit… Je ne voulais pas créer de « statue ». Mais donner une dimension plus large à ce héros, le rendre universel en le représentant seulement par ces instruments de qui entourèrent sa courte existence. Et bien que je ne crois nullement à la disparition de l’esclavage dans nos riantes sociétés modernes, j’ai rouillé ces fers en espérant que ces époques soient révolues. Le premier fer, c’est l’enfance, l’esclavage, le bracelet est presque fermé, le nom est celui donné par son père propriétaire de l’enfant. Le second fer presque ouvert, c’est l’âge de la gloire et de l’humain, le nom est celui choisi par notre homme. In fine, ces deux « choses » peuvent hélas représenter encore trop de tristes situations dans notre monde. »[6]

Expositions[modifier | modifier le code]

Driss Sans-Arcidet Lacourt continue sa création, construit des décors, notamment pour Caen Expo Congrès[7], peint et écrit des nouvelles.

Voici une liste exhaustive de ses créations :

En France[modifier | modifier le code]

  • 1987 : « Le Cimmerium », Centre d’Art Comtemporain Labège, Midi-Pyrénées.
  • 1991 : « CWF le creux de l’enfer », Thiers. « CWF », les Abattoirs, Toulouse.« Le magasin des deux mondes » Centre d’Art Albi et Castres, Tarn.
  • 1993 : « l’homme ordinaire », Galerie Eric Dupont, Toulouse.« L’arche de Noé », Grenier du Chapitre, Cahors.
  • 1995 : « La tour Babel », Chapelle St Jaques de St Gaudens, Hautes Garonne.« La dame de pique », le Parvis, Tarbes.
  • 1997 : « L’Orintorphe », African Bazar, Montauban.
  • 1998 : « Les gueules noires », Musée des Augustins, Toulouse.
  • 1999 : « Enfilez-les avec délicatesse », Galerie Carousel, Paris.« La consigne », Musée Zadkine, Paris.
  • 2001 : « La vie elle est », Centre d’Art d’Hérouville st Clair, Basse Normandie.
  • 2003 : « Lénine, le mausolée », Galerie l’Unique, Caen.« Le club de la momie », Caen Exo Congrès, Caen.
  • 2004 : « La petite maison à côté de la prairie », Caen expo Congrès, Caen.
  • 2005 : « l’épicerie LES TEMPS DIFFICILES », petit lieu poileboine, Caen.« Les petits actionnaires », Galerie l’Unique, Caen.
  • 2006 : « Bal masqué », artothèque de Caen.
  • 2007 : « Khombol Boxing Palace », FRAC Basse Normandie Caen.« L’AMPLEUR DU DESASTRE », artothèque de Caen.

A l’international[modifier | modifier le code]

  • 1992 : « Terra incognita », Lleida, Espagne.
  • 1997 : « Je vous adresse mon bon souvenir », Centre d’Art de Vilnius, Lituanie.

Exposition collectives en France[modifier | modifier le code]

  • 1998: Les toilettes du Bijou, Toulouse.
  • 1989 : L’éphémère, Vassivière, Limousin.
  • 1990 : Ateliers des Arques, Lot.
  • 1991 : L’amour de l’art, Biennale Lyon.
  • 1992 : Vertiges de la connaissance, Musée de Toulon.
  • 1995 : La lisière du trouble, Musée Ingres, Montauban.
  • 1996 : « Docteur Kafka », La villa, Annemasse.
  • 1999 : Je sais maintenant ce que je dois faire, Les Arques, Lot.
  • 2000 : F.F, Galerie Caroussel, Paris.Denkildber, Galerie Caroussel, Paris.
  • 2001 : La momie de Marcel Duchamp, Yvetot.La petie chatelaine, La Piscine, Roubaix.
  • 2004 : P comme Phrénologie, Galerie Duchamp, Yvetot.
  • 2005 : Le Mémorial du Confort, Caen Expo Congrès.

Exposition collectives à internationales[modifier | modifier le code]

  • 1993 : My home is your home, Lodz Pologne.
  • 1994 : Plein air, Galerie de Kiev, Kiev.
  • 1997 : Crossing, Academy of Art, Honolulu, Hawaii.
  • 1998 : Achab, Snug Harbor Center of Art, New York.

Collections[modifier | modifier le code]

  • F.R.A.C Midi-Pyrénées
  • F.R.A.C Rhône Alpes
  • F.R.A.C Basse Normandie
  • M.A.C Lyon
  • Ville de Lodz
  • Academy of Art of Honolulu Hawaii
  • Artothèque de Caen
  • Galerie Duchamp
  • Institut Art Contemporain Villeurbanne, Rhône
  • Ville de Paris, commande publique, hommage au général Dumas et à l’abolition de l’esclavage

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Sauveur ou Sortir de l'ordinaire de Driss Sans-Arcidet et Monsieur Émile, 2003.
  • Musée Khômbol : Le temps du monde fini commence de Driss Sans-Arcidet et Galerie Duchamp, 2005.
  • P comme Phrénologie ou La tête de l'emploi : Guy Lemonnier, Driss Sans-Arcidet, Philippe Bazin, Guiome David, Braïma Injaï, Alain Sonneville & Pierre-Claude de Castro, Bruno Carbonnet, Pierre Creton. Galerie Duchamp et Conservatoire nominal des arts et métiers, 2005.
  • Le retour-Musée Khômbol dans l'atelier du Musée Zadkine de Driss Sans-Arcidet, Noëlle Chabert, Catherine Lanson et Musée Zadkine, 1998.

A la Radio[modifier | modifier le code]

  • Conférences Khômbol sur RadioBazarnaom.com[8]

Et bien d’autres choses…

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Entretien du 05.05.2013
  2. http://www.youtube.com/watch?v=ynyUIU-DXDE
  3. La rencontre avec le Musée Khômbol de Martine Azam, dans « Vers une Sociologie des œuvres » Tome I, Sous la direction de Jean Olivier Majastre et Alain Pessin, Éditeur l’Harmattan, Collection Logiques Sociales, 2001. http://books.google.fr/books?id=eHh7wN058ZoC&pg=PA292&lpg=PA292&dq=driss+sans+arcidet&source=bl&ots=e_q2eN99LL&sig=H2-FAqNR5Tvh13gvqNNIVtjEjWg&hl=fr&sa=X&ei=5CSjUYCyNZKjhge9iYG4Aw&ved=0CC8Q6AEwADgU#v=onepage&q=driss%20sans%20arcidet&f=false
  4. Citation tirée des nombreux "slogans" du Musée Khômbol
  5. http://www.general-dumas.com/index.php?option=com_content&view=article&id=51:hommage-de-driss-sans-arcidet-au-general-dumas-caen&catid=37:articles-de-presse&Itemid=59
  6. Note de Driss Sans-Arcidet communiquée à la mairie de Paris.
  7. Congreshttp://www.aprim-caen.fr/foire2011/reflet_foire_n9.pdf
  8. http://www.radiobazarnaom.com/