Dracula, prince des ténèbres

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Dracula, prince des ténèbres

Titre original Dracula: Prince of Darkness
Réalisation Terence Fisher
Scénario Jimmy Sangster et Anthony Hinds d'après Bram Stoker
Acteurs principaux
Sociétés de production Hammer Film Productions
Pays d’origine Royaume-Uni
Genre Fantastique
Sortie 1966
Durée 90 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Dracula, prince des ténèbres est un film d'horreur réalisé par Terence Fisher en 1966. C'est le troisième film sur Dracula réalisé par le studio Hammer Films. Il est précédé du film Les Maîtresses de Dracula et suivi de Dracula et les Femmes.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Deux couples s'aventurent en Transylvanie. Malgré le tabou qui règne chez les autochtones, les aventuriers se retrouvent contraints de s'arrêter dans un mystérieux château. Manque de chance, il s'agit du château du comte Dracula, qu'on croyait disparu à jamais.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que Christopher Lee soit devenu, avec Le Cauchemar de Dracula (1958), une vedette à part entière, son retour dans le rôle sera retardé de plusieurs années, obligeant les studios Hammer à sortir une première suite au titre quelque peu mensonger, Les Maîtresses de Dracula (1959). Ce n'est que sept années plus tard qu'il accepte[réf. nécessaire] d'endosser à nouveau la sombre cape sous la direction de Terence Fisher qui, sans le savoir, réalise son tout dernier film de vampires.

Conscient de l'impatience du public, qui ignore encore comment le monstre sera ressuscité, le réalisateur retarde au maximum son apparition, profitant de l'introduction d'un nouveau personnage, le serviteur Klove, pour créer une première frayeur. Alors qu'il faut attendre, en effet, près de la moitié du film pour qu'enfin intervienne le personnage titre, ce dernier semble d'abord disposé à apparaître à tout moment, créant chez le spectateur un état d'angoisse permanent. Une fois entré en scène, le comte Dracula s'avère malheureusement moins terrifiant que prévu, rééditant, sans vraiment innover, les apparitions choc du premier film. Il ne prononce, en outre, aucune parole, réduisant notablement sa crédibilité.

En revanche, le film puise, à deux occasions, dans le roman originel de Stoker pour étoffer son scénario: la séquence très érotique où Diana est sur le point de boire le sang du vampire, ainsi que le personnage de dément Renfield, que les moines tiennent prisonnier.

C'est au Père Sandor qu'incombe ici le rôle de destructeur de vampires, jusque là dévolu au professeur Van Helsing, absent du récit. Le moine orchestre d'ailleurs l'une des séquences clé du film: l'exécution de la femme vampire, dont le graphisme, que certains critiques comparèrent à un viol collectif, brava audacieusement la censure de l'époque (dans la plupart des copies du film, le plan du coup de pieu est d'ailleurs grossièrement abrégé).

Mais c'est sans doute à cette même femme vampire qu'appartient de développer la dualité la plus frappante du film: la prude et très compassée Helen dévoile une bien voluptueuse nature une fois vampirisée. Un brin de lesbianisme semble même percer au moment d'attaquer de sa belle-sœur, Diana.

Conscient de la très probable suite que les productions Hammer ne manqueraient pas de mettre en chantier dans les années à venir, le scénariste évita une destruction trop radicale de son héros: conservé dans la glace du torrent, il ne sera manifestement mis hors d'état de nuire que pour un temps limité. Dracula et les Femmes, tourné en 1968 par Freddie Francis, confirmera d'ailleurs cette impression.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le mystère persiste autour de l'absence totale de parole pour Dracula: Christopher Lee affirma plusieurs fois que ses dialogues lui parurent si grotesques qu'il fut décidé d'en faire un personnage muet, tandis que les scénarios du tournage dévoileraient, à l'inverse, qu'aucun texte ne lui était destiné. L'hypothèse selon laquelle l'acteur aurait coûté trop cher à la production s'il avait dû parler à l'écran reste parmi les plus probables, bien qu'elle soit démentie par les épisodes suivants.
  • C'est le seul film de la série à avoir été tourné en format écran large, le Techniscope. La séquence d'introduction tirée de Le Cauchemar de Dracula (1958), photographié en écran standard, est ici entouré de fumées filmées ultérieurement pour combler le cadre.
  • Par mesure d'économie, le tournage a été immédiatement suivi de Raspoutine, le moine fou (1966) de Don Sharp, dont il partage la plupart des décors et des comédiens.
  • La scène de résurrection du vampire nécessita la superposition successive de 12 plans différents en un seul.
  • Le cri de Barbara Shelley fut doublé par sa partenaire Suzan Farmer. En Allemagne en revanche, on a pu entendre le hurlement original de la comédienne dans la bande annonce du film, titré là-bas "Blut für Dracula".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]