Drachenbronn-Birlenbach

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Drachenbronn-Birlenbach
Ouvrage Hochwald.
Ouvrage Hochwald.
Blason de Drachenbronn-Birlenbach
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Wissembourg
Canton Soultz-sous-Forêts
Intercommunalité C.C. du Pays de Wissembourg
Maire
Mandat
Pierre Koepf
2014-2020
Code postal 67160
Code commune 67104
Démographie
Gentilé Drachenbronnois(es)
Population
municipale
962 hab. (2011)
Densité 135 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 59′ 12″ N 7° 52′ 16″ E / 48.98666667, 7.87111111 ()48° 59′ 12″ Nord 7° 52′ 16″ Est / 48.98666667, 7.87111111 ()  
Altitude Min. 157 m – Max. 310 m
Superficie 7,13 km2
Localisation

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Liens
Site web www.drachenbronn-birlenbach.fr

Drachenbronn-Birlenbach est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

La commune fait partie du Parc naturel régional des Vosges du Nord.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Drachenbronn-Birlenbach s'établit sur les contreforts du piémont des Vosges, au pied du massif du Hochwald entre Haguenau et Wissembourg. La morphologie urbaine des deux villages est de type village-rue. Leur développement s'est fait le long du ruisseau Birlenbæchel. Les communes avoisinantes sont Keffenach au sud, Lampertsloch à l'ouest, Cleebourg au nord, Ingolsheim et Hunspach à l'est. Le chef-lieu de canton, Soultz-sous-Forêts se trouve à 5 kilomètres.

La commune accueille, au sommet de la colline du Langenberg, un important complexe militaire, la Base aérienne 901 Drachenbronn qui assure, depuis 1957, le contrôle des aéronefs militaires, la police du ciel au-dessus du nord et de l'est de la France, ainsi que la recherche et le sauvetage des aéronefs, civils ou militaires, en difficulté. En 2004, elle comptait 700 salariés militaires.

Les terres agricoles occupent 62 % de la surface communale, les espaces naturels (forêts, prés, vergers) en occupent 28 %.

Toponymie[modifier | modifier le code]

"Drachenbronn" signifie littéralement "La fontaine du dragon". "Birlenbach" signifie "Le ruisseau aux saules", matière première pour la vannerie. Depuis 1298, où les villages sont mentionnés la première fois, on trouve différentes orthographes dans les archives : "Trachenburg", "Trachenburn", "Drachenborn", "Drachenbrunn" ; et "Birlebach", "Birelbach", "Bürlebach", "Berlebach". Concernant Drachenbronn, deux hypothèses étymologiques peuvent être avancées :

  • le mot Trachen peut venir de drehen (= tourner, serpenter), Drachenbronn est effectivement situé sur un méandre du Birlenbächel ;
  • "Drachen" = "Le dragon" qui était associé dans la mythologie franque à des ruisseaux à débordements ravageurs et imprévisibles (dragon vomissant son eau). Le Birlenbächel a déjà prouvé à plusieurs reprises (1888-1980) qu'il est de cette catégorie. Il y a également une légende selon laquelle un dragon descendait de la montagne afin de s'abreuver à la fontaine du village.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La vallée du Birlenbaechel était déjà habitée à l'âge de pierre, puisqu'on a trouvé plusieurs vestiges préhistoriques dont une hachette néolithique dans le lit du ruisseau près du Tiergartel (M. Trautmann de Soultz) et un silex taillé en couteau (6 cm de long sur 1,5 de large) dans la forêt (section Sommerholz).

Antiquité[modifier | modifier le code]

En remontant la rue de l'école (Täufergassel), on trouve une grande quantité de pierres cuites, de tuiles (tegulae) et même de tessons de poterie (sigillés) datant de l'époque gallo-romaine. De plus, au cimetière, le pasteur Charles Ungerer a trouvé des tuiles et quatre pièces romaines datant des IIe et IIIe siècles après J-C. Il a mis au jour une boule de fécondité (65 cm de diamètre) en aval de la Walckmühle dans le lit du Winzenbaechel. Autre curiosité : sur le ban de Birlenbach passe un chemin dit "Römerstrasse" ou "Altstross", chemin ancestral qui reliait Soultz à Wissembourg. Le pasteur Birckel se souvient des dires des anciens qui parlaient des traverses en chêne qui se trouvaient dans les endroits humides dudit chemin.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention écrite des deux villages, déjà réunis dans le même document, date de 1298. En effet, il y a 700 ans, Birlebach et Trachenburg appartenaient au même seigneur, le sire de Ribeaupierre (Haute-Alsace). C'étaient les seules possessions de cette puissante seigneurie dans l'Outre-Forêt. En raison de l'éloignement, Birlebach et Trachenburg avaient été donnés en fief aux Chevaliers de Than (Dhan). Une branche de cette famille résidait au château de Birlenbach, mentionné en 1457. La "Hanenburg" était située au nord-est du village, à l'emplacement où s'élèvera plus tard la "Catharinenburg". Deux colonnes de ce château se trouvent dans la cave du presbytère. Dès le milieu du XIVe siècle, Drachenbronn devient la propriété des barons de Fleckenstein-Soultz. Le protestantisme est imposé successivement par les Dahn (1544) et les Fleckenstein (1554).

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1608, les princes protestants du Saint-Empire romain germanique se regroupent pour former une alliance pour s'opposer à la Contre-Réforme. Ils choisissent le comte palatin Jean II des Deux Ponts, propriétaire de Birlenbach depuis l'extinction de la branche des Dahn. En 1618, Jean-Casimir des Deux Ponts, frère cadet de Jean II et son épouse Catherine Vasa (fille de Charles IX de Suède), futurs parents de Charles-Gustave, futur roi Charles X de Suède achètent le village de Birlenbach et y font construire un château. Ils n'y resteront pas longtemps, préférant fuir les menaces de guerre.

La guerre de Trente Ans dévaste, en effet, les deux villages et le château de Birlenbach est démantelé.

Les villages à l'époque de la Révolution française[modifier | modifier le code]

À la Révolution, Drachenbronn et Birlenbach furent intégrés au canton de Soultz-sous-Forêts. Le pasteur Schweppenhaeusser, partisan des idées révolutionnaires, fit danser la carmagnole dans l'église et il fit battre son blé, le jour de Noël 1793, dans la grange du presbytère. Ce bâtiment « historique » existe toujours actuellement, mais son état est préoccupant. C'est l'une des dernières « granges-étables » de presbytère de la région. Les pasteurs, ainsi que la majorité des artisans, ouvriers et instituteurs, cultivaient aussi la terre.

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1870, une patrouille de reconnaissance allemande commandée par le capitaine Zeppelin (qui devint le célèbre constructeur du ballon dirigeable) fit une halte dans le bas du village de Birlenbach pour abreuver les chevaux et pour se restaurer avant de reprendre la route en direction de Woerth, puis de Schirlenhof où il y eut les premiers morts de cette guerre. De mémoire des anciens, des habitants de Drachenbronn et de Birlenbach ont été réquisitionnés avec chariot et attelage pour ramasser les morts sur le champ de bataille de Frœschwiller.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Années 1930 : le développement militaire[modifier | modifier le code]

Avant 1929, la localité de Drachenbronn était en somme peu connue et ne comptait dans la région que par ses cerises et surtout par ses châtaignes. En 1929 Drachenbronn fait en quelque sorte son entrée dans l'histoire avec la construction de la ligne Maginot et de nombreux ouvrages dont la fameuse forteresse du "Hochwald". C'est l'un des ouvrages géants de la ligne, capable d'abriter 1 200 hommes. Il est entièrement creusé dans la montagne. Construit entre 1929 et 1935, il est le plus puissant d'Alsace. Il comporte 11 blocs actifs, tourelles, casemates d'artillerie, 3 blocs "entrées" et un réseau de galeries reliant ces différents éléments, qui s'étend sur 7 km.

1972 : la fusion des deux villages[modifier | modifier le code]

La commune devient Drachenbronn-Birlenbach à la suite de la fusion-association, le 1er août 1972, avec le village de Birlenbach (commune associée).

1987 : visite du président de la République[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 1987, François Mitterrand fut le premier président de la République à visiter les installations dans l'ouvrage du Hochwald, un élément majeur dans le système de défense aérienne. À sa descente d'hélicoptère, il fut accueilli par le colonel Chabanne, le sous-préfet Coudert et le maire Henri Pflug qui fut le seul civil à s'entretenir quelques instants avec lui.

1998 : le septcentenaire des deux villages[modifier | modifier le code]

De nombreuses festivités ont eu lieu en cette année :

  • 3 et 4 juillet : Spectacle son et lumière joué à guichet fermé.
  • 5 juillet : Journée "Portes Ouvertes", 120 acteurs bénévoles ont quitté la scène pour descendre dans la rue en début d'après-midi. Ils étaient accompagnés de plusieurs groupes folkloriques et musicaux pour un cortège historique en 23 tableaux.
  • Une exposition en l'honneur de Louis-Philippe Kamm eut lieu du 5 au 12 juillet. Elle s'est déroulée à l'école primaire de Drachenbronn où se trouvent deux grandes peintures murales (inscrites à l'inventaire des monuments historiques). Cette exposition regroupa essentiellement des œuvres de l'artiste en relation avec Drachenbronn et Birlenbach venant de collections privées, à savoir une quarantaine de tableaux, des livres illustrés par l'artiste et des objets lui ayant appartenu.
  • 700 arbres ont, en raison de cet anniversaire historique, été plantés sur les bans de la commune par les habitants et les jeunes élèves.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Drachenbronn-Birlenbach

Les armes de Drachenbronn-Birlenbach se blasonnent ainsi :
« Accolés, au premier : de sinople à la fontaine d'argent (Drachenbronn) ; au second : d'argent aux trois écussons de sinople (Birlenbach). »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs de Drachenbronn-Birlenbach
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Henri Nordmann[2]    
1995 2008 Henri Nordmann    
1977 1995 Henri Pflug    
1972 1977 Georges Steiner    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 962 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
203 259 288 343 363 334 305 241 270
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
234 235 252 242 245 243 226 190 188
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
178 173 166 167 173 271 795 316 407
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
621 730 754 859 870 862 955 963 951
2011 - - - - - - - -
962 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Deux chapelles et une église catholiques ainsi qu'un temple protestant sont les lieux de cultes se répartissant sur les trois sites (Drachenbronn, Birlenbach et la base aérienne).
  • Le musée Pierre-Jost, réalisé en l'honneur des anciens de la ligne Maginot, constructeurs ou valeureux défenseurs, peut être visité lors des journées européennes du patrimoine.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis-Philippe Kamm (1882-1959), artiste-peintre et illustrateur. Deux fresques intérieures de cet artiste figurent d'ailleurs sur les murs des salles de classe de l'école élémentaire de Drachenbronn.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  2. [PDF] [~~~http://www.bas-rhin.pref.gouv.fr/site/fichier.php\?idFichier=597&nomFichier=Liste_des_Maires_du_Bas_Rhin_au_1er_avril_2008.pdf Liste des maires au 1 avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.]
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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