Dorsale de Lomonossov

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88° 01′ 53″ N 133° 36′ 59.12″ E / 88.03139, 133.6164222 ()

Carte topographique et bathymétrique de l'océan Arctique et ses alentours

La dorsale de Lomonossov (russe : Хребет Ломоносова; tr.:Khrebet Lomonosova) est une dorsale océanique de l'océan Arctique. Elle s'étend sur 1 800 km depuis les îles de Nouvelle-Sibérie jusqu'au large de l'île Ellesmere[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La dorsale de Lomonossov est découverte par l'expédition soviétique de haute latitude en 1948 et nommée en l'honneur de Mikhaïl Lomonossov.

La largeur de la dorsale de Lomonossov varie entre 60 et 200 km. Elle s'élève entre 3 300 et 3 700 m au-dessus du fond océanique. La profondeur minimum de l'océan au-dessus de la dorsale est de 934 m. Les talus de la dorsale sont relativement abrupts, séparés par un canyon, et couverts par des couches de limon.

Enjeux géopolitiques[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, la dorsale de Lomonossov est au cœur des disputes relatives aux revendications territoriales en Arctique. La structure géologique de la ride médio-océanique attire l'attention internationale à la suite de la requête officielle de la Fédération de Russie auprès de la commission des Nations unies, à propos de la limite du plateau continental en accord avec la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (article 76, paragraphe 8). Le document propose d'établir une nouvelle limite périphérique pour le plateau continental russe, en dehors de la zone des 200 milles nautiques (environ 360 km), mais à travers le secteur arctique russe[2]. Le territoire réclamé par la Russie dans la requête est une vaste portion de l'Arctique, comprenant le pôle Nord. Un des arguments dans cette requête est l'affirmation selon laquelle les dorsales médio-océaniques de Lomonossov et de Mendeleïev seraient des extensions du continent eurasiatique. En 2002, la commission n'exprima ni son rejet ni son accord à la proposition russe, recommandant des recherches complémentaires[2].

Les scientifiques danois espèrent prouver que la dorsale est une extension du Groenland ce qui ferait du Danemark un nouveau prétendant territorial dans cette zone[3]. Le Canada affirme quant à lui que la dorsale est une extension de son plateau continental. En avril 2007, les scientifiques canadiens et russes ont été envoyés pour cartographier la ride médio-océanique comme un éventuel précédent[Quoi ?] pour déterminer la souveraineté dans la région[1]. À la fin juin 2007, des scientifiques russes ont affirmé que la dorsale est une extension du territoire russe[4].

Fin juillet 2007, une expédition russe envoie le brise-glace nucléaire Rossia, le navire de recherche Akademik Fédorov et deux mini-sous-marins, Mir 1 et Mir 2, pour explorer la région. Les scientifiques russes plongent à plus de 4 200 m sous la surface et déposèrent le 2 août une capsule de titane contenant le drapeau russe en symbole de leur revendication sur la région[5]. Cette démonstration de force russe avait alors agacé le gouvernement canadien de Stephen Harper, le Canada ne pouvant prétendre à de telles démonstrations en l'absence de port en eau profonde sur sa façade arctique[6].

En réponse à cela, le Canada lance en 2013 une nouvelle campagne de cartographie, visant à déterminer de quel plateau continental dépend la dorsale de Lomonossov. Il espère ainsi rattacher à sa souveraineté le Pôle Nord[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]