Dora Bruder

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Dora Bruder
Image illustrative de l'article Dora Bruder
Dora Bruder entre ses parents Cécile Burdej et Ernest Bruder, vers 1940.

Auteur Patrick Modiano
Genre Roman
Éditeur éditions Gallimard
Collection Blanche
Date de parution
Pays d'origine Drapeau de la France France
Nombre de pages 160
ISBN 978-2070748983

Dora Bruder est un roman de Patrick Modiano publié le aux éditions Gallimard.

Écriture de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La période de l'Occupation et la situation des Juifs à Paris durant cette période est depuis le premier roman de Patrick Modiano un thème central et récurrent de son œuvre. L'origine du livre est liée à une discussion entre ce dernier et Serge Klarsfeld[réf. nécessaire]. C'est, pour l'auteur, une tentative de reconstitution de la vie d'une jeune fille parisienne d'origine juive, Dora Bruder, qui participe, d'une certaine façon, du devoir de mémoire. L'élément déclencheur fut que Patrick Modiano, en 1989, « tombe à la page trois [du journal Paris-Soir du 31 décembre 1941] sur une rubrique D'hier à aujourd'hui[1] » sur une petite annonce ainsi formulée :

« PARIS. On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1 m 55, visage ovale, yeux gris marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris[2]. »

Patrick Modiano rédigera quelques années plus tard la préface au Journal d'Hélène Berr, une jeune Française juive, auteur d'un journal pendant l'Occupation et, comme Dora Bruder, morte en déportation.

Résumé[modifier | modifier le code]

Les troupes allemandes sur les boulevards extérieurs de Paris en 1940.

Patrick Modiano, ayant retrouvé un avis de recherche dans un vieux numéro de Paris-Soir de 1941, décide d'enquêter sur la jeune Dora Bruder, née en 1926 à l'hôpital Rothschild dans le 12e arrondissement de Paris et domiciliée au 41, boulevard Ornano, qui a disparu à l'âge de 15 ans à la suite de fugues répétées puis d'arrestations par la police française. Cherchant à retracer le plus d'éléments possibles de la vie de cette jeune fille — à laquelle Modiano s'identifie de plus en plus intimement —, l'auteur analyse toutes les données retrouvées (souvent sous forme d'extraits de documents officiels de la période 1941-1942), entrecoupées de passages de sa propre existence et de celle de son père, mises en relation avec celle de Dora.

Dora Bruder et son père, juif d'origine autrichienne, furent à quelques mois d'intervalle arrêtés, emprisonnés à la caserne des Tourelles du boulevard Mortier, puis internés au Camp de Drancy avant d'être déportés à Auschwitz le , date du convoi qui les emporta vers les camps de la mort.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Impact du roman[modifier | modifier le code]

Considérée comme l'une des œuvres les plus importantes de son auteur[3], notamment après l'obtention du prix Nobel de littérature en 2014, le roman et son héroïne principale conduisent la maire de Paris Anne Hidalgo à proposer de nommer fin 2014 une voie du 18e arrondissement de Paris « promenade Dora-Bruder[4] ». Cette promenade, située au-dessus des voies enterrées de la Petite Ceinture, se trouve entre la rue Belliard et la rue Leibniz ; elle est inaugurée en présence du romancier le 1er juin 2015[5],[6].

Éditions et traductions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Incipit de Dora Bruder, éditions Gallimard, coll. « Quarto », 2013, (ISBN 9782070139569), p. 645.
  2. Consultable in : Une promenade Dora Bruder inaugurée à Paris sur le site « Réseau Modiano » de Denis Cosnard le 1er juin 2015.
  3. Mohammed Aissaoui, « Patrick Modiano: bientôt une rue Dora Bruder à Paris », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  4. Une promenade Dora-Bruder bientôt à Paris par Denis Cosnard sur le blog « Réseau Modiano » le 20 janvier 2015.
  5. Denis Cosnard, « Patrick Modiano : « Dora Bruder devient un symbole » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Denis Cosnard, « À Paris, une promenade Dora-Bruder en mémoire des victimes du nazisme », Le Monde,‎ (lire en ligne)