Donjon de Jouy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Donjon de Jouy
Image illustrative de l'article Donjon de Jouy
Le donjon de Jouy
Période ou style Médiéval
Type Donjon
Début construction XIVe siècle
Protection Inscrit MH (1926)
Coordonnées 46° 49′ 19″ N 2° 52′ 06″ E / 46.8219, 2.868346° 49′ 19″ Nord 2° 52′ 06″ Est / 46.8219, 2.8683  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Berry
Région Centre
Département Cher
Commune Sancoins

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Donjon de Jouy

Le donjon de Jouy est un monument de l'ancienne ville de Jouy, aujourd'hui intégrée à la ville de Sancoins dans le département du Cher.

Du camp de César aux moines de Saint Colomban[modifier | modifier le code]

L’antique Donjon de Jouy, domine la vallée de l’Aubois et l’étang de Javoulet.

Il fut probablement édifié sur l’emplacement d’un camp romain, comme en témoignent les vestiges encore visibles du pavage d’une voie romaine. Selon les Commentaires sur la Guerre des Gaules (58-52 avJC), Jules César après le siège d’Avaricum (Bourges) occupa avec sa douzième légion cette région stratégique qui commandait la voie romaine bifurquant à Tincontium (Sancoins) vers Avaricum d’une part et l’Auvergne d’autre part. Au VIe siècle siècle, vers 620? saint Colomban, moine irlandais venu évangéliser la Gaule après les troubles provoqués par les invasions barbares, donna pour mission à un de ses disciples Theodulf surnommé Bobolein et Saint Chalan de créer un monastère à Jouy sur l’Aubois sur l’emplacement de la fortification romaine. (En 620 fut également édifiée par Bobolein l’abbaye de Bellavaux à Charenton-du-Cher). Les tranchées de l’ancien camp romain furent utilisées pour la construction du monastère qui s’élevait sur une enceinte plus restreinte que le camp lui-même et comprenait des cellules, un puits, une église, une nécropole et à l’extrémité nord une tour carrée qui fut certainement arasée pour construire le donjon. Ce monastère fut détruit entre le VIIIe et le IXe siècle lors de nouvelles invasions par les Hongrois.

Édification du Donjon[modifier | modifier le code]

En 1191 le fortin fut transformé en un puissant donjon par Pierre de Courtenay, petit-fils de Louis VI le Gros et empereur latin de Constantinople.

La nouvelle forteresse rehaussée de trois tours d’angles, d’une hauteur originelle de 27 mètres, desservie par un escalier tournant en pierre, témoigne de l’architecture traditionnelle de ce style. Dans son ensemble le donjon était pourvu au rez-de-chaussée d’une première pièce voûtée, certainement la geôle avec au-dessous les oubliettes, au premier étage une grande pièce dont les murs étaient peints de fresques servait d’appartements aux châtelains, une chapelle au second étage correspondait directement avec les appartements seigneuriaux, enfin on dénombrait aux étages supérieurs de petites chambres avec des fenêtres hautes et une cheminée, pour aboutir sous les combles, de plain-pied avec le chemin de ronde orné de ses tourelles, ceint de créneaux, de mâchicoulis et de toits coniques. La forteresse dominait les quatre points cardinaux. À l’ouest elle surplombait la vallée de l’Aubois et la ville royale de Sancoins, plus au nord on apercevait deux moulins et les coteaux qui bordent la Loire, au-delà les monts boisés du Morvan, au sud-est le Bourbonnais, le Mont d’Or et le Puy de Dôme et à l’opposé l’étang de Javoulet.

La guerre de Cent ans[modifier | modifier le code]

De 1356 à 1364 la guerre de Cent Ans fit rage à travers le Berry qui fut un des principaux champs de bataille entre Français et Anglais. Le Prince Noir fils d’Édouard III envahit le Berry vers 1361 en revenant d’Aquitaine. Les Anglais tiennent alors une dizaine de places fortes dans le Cher dont Blet, ils brûlent Saint-Sature et assiègent Sancerre en 1361, Noirlac est pillé en 1362.

Au nord du donjon furent retrouvés sept sceaux de bronze dont un portant le sceau d’Édouard III, attestant la présence de compagnies anglaises qui probablement durent séjourner dans l’édifice.

En 1373, une expédition menée par les seigneurs de Sagonne, le Sieur de Grivel (Seigneur de Grossouvre) et Du Guesclin chassa les Anglais hors du Berry.

Les propriétaires successifs du Donjon de Jouy[modifier | modifier le code]

Jouy fut acquis aux environs de l’année 1374 par Pierre de Giac, chancelier de France de 1379 à 1388. Après d’amples modifications, il en fit une vraie demeure seigneuriale qui resta aux mains de cette même famille pendant presque un demi-siècle. Les biens de la famille de Giac furent confisqués en 1428 au profit de Louis de Bourbon, duc de Montpensier qui réunit l’Auvergne au comté de Sancerre.

Cette même année, Jouy entre dans la famille d’Amboise par le mariage de Pierre d’Amboise avec Anne, fille du comte de Sancerre, qui se vit conforté dan ses terres de Jouy en 1454 par Louis XI. Cependant un acte de foi et d’hommage daté de 1462 reconnaissant Louis de Giac comme seigneur de Jouy permet de supposer que les biens paternels furent restitués à la famille de Giac où ils restèrent jusqu’à la mort de celui-ci en 1480. Jouy devint alors la propriété de Charles de la Guiche.

De cette époque, furent mis en évidence les vestiges de bâtiments à l’est du donjon, où apparaissent les restes d’un manteau de cheminée orné de l’écu de Louis Mallet, amiral de France et beau-père de Charles d’Amboise. Après de nombreux changements il avait certainement fait du site de Jouy un repos de chasse. L’héritage de Charles d’Amboise revint à sa cousine Antoinette d’Amboise qui, ruinée, vendit ses biens à Jean Babou, grand maître de l’artillerie de Charles IX, dont Sagonne et Jouy en 1542. De ses trois filles, on se rappellera Françoise future mère de Gabrielle d’Estrées et Isabelle qui épousa François d’Escoubleau marquis de Sourdis qui devint seigneur de Jouy. Elle fut mère d’Henry évêque de Bordeaux inhumé dans la crypte de Jouy en 1645.

Les guerres de religion[modifier | modifier le code]

La guerre civile éclata opposant catholiques et protestants ; en 1591 les troupes de la Ligue commandées par Monsieur de la Châtre s’emparèrent de Jouy, aux mains des protestants, et la forteresse fut probablement démantelée et incendiée. Si tel ne fut pas le cas, Jouy le fut en 1626 par l’ordonnance de Richelieu exigeant le démantèlement de toutes les forteresses inutiles, sauf celles nécessaires à la sécurité des frontières.

Jouy de la Renaissance à la Révolution[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle siècle, la noblesse imprégnée de culture italienne, aspirant à un nouvel art de vivre, transforma ses demeures et Jean Babou entreprit de modifier son château de Sagonne qu’il revendit en 1632 au marquis de l’Aubespine, oncle de Saint Simon, ainsi que Jouy qui en dépendait. Enfin le comté de Sagonne et Jouy furent acquis par Jules Hardouin-Mansard vers 1700, son fils Jacques en hérita en 1708 et le transmit à la marquise d’Arpajon, gouvernante de la dauphine Marie Antoinette, qui sera guillotinée le 27 juin 1794.

De Jouy et de ses terres on retrouve la trace d’une église consacrée en 1767 grâce à la générosité de Madame d’Arpajon comtesse de Sagonne et de Jouy. En 1789 Sagonne est décrété bien national et vendu au détail, réduit à l’état de ruines il sera disséqué morceau par morceau par ses propriétaires successifs, il en sera de même pour Jouy et ses dépendances, puis les habitants utilisèrent les pierres du château pour construire leurs demeures, et seul le squelette du donjon s’élève encore aujourd’hui pour témoigner de l’importance historique de la forteresse de Jouy.

Les restes du donjon de Jouy ont été inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 27 mars 1926[2].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]