Dongfeng Peugeot-Citroën Automobiles

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Dongfeng Peugeot-Citroën Automobile (chinois simplifié : 神龙汽车有限公司 ; chinois traditionnel : 神龍汽車有限公司 ; pinyin : Shén lóng qìchē yǒuxiàngōngsī, DPCA) est une coentreprise entre l'industriel chinois Dongfeng Motor Corporation et le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën. DPCA compte en 2006 deux implantations industrielles à Wuhan et à Xiangyang dans la province du Hubei. En juin 2013, DPCA a inauguré sa troisième usine à Wuhan. Dans le même temps, Dongfeng et PSA Peugeot Citroën sont en négociation pour une entrée au capital de PSA par Dongfeng[1]. Le 20 janvier 2014, le conseil de surveillance de PSA valide la montée au capital de Dongfeng, à hauteur de 750 millions d'euros, soit 14% du capital[2].

Historique PSA en Chine[modifier | modifier le code]

Implantation de Citroën[modifier | modifier le code]

Citroën parmi les premiers constructeurs occidentaux implantés en Chine grâce aux relations nouées avec les officiels chinois par la vente depuis 1984 de 2500 CX. Avec son associé étatique Second Automobile Works (ancien nom de DongFeng) PSA fonde, pour Citroën uniquement, le 18 mai 1992 la coentreprise Shenlong Automobile (actuel DPCA). Le premier produit issu de cette collaboration fut la Fukang DC7140 en 1992, mais la production en série débute réellement en 1995, sur la base d'une Citroën ZX, à qui on a fait porter le nom chinois de « Prospérité et Santé ». Une version tricorps (Élysée) et une version allongée (988) en ont été dérivées[3].

Les prévisions de 37 000 voitures en 1996, 75 000 en 1997 et 150 000 en 2000 ne sont pas tenues avec respectivement 7 200, 28 000 et 52 000 voitures, mais cela constitue un relatif succès[4].

Implantation de Peugeot[modifier | modifier le code]

Peugeot fut lui associé à un fabricant de bus, GuangZhou contrôlé par la municipalité de Guangzhou (Canton), mais avec à peine plus de 100 000 ventes de 1985 à 1997, cette tentative fut un échec[5].

Guangzhou-Peugeot assemble des 504 et 505 en CKD dès 1987, mais les rivalités politiques entre Pékin et Canton ainsi que l'inexpérience du partenaire, combiné à la naïveté de la direction française entraînent un relatif échec. En 1993, la Commission d’état de développement décide que les coentreprises n’atteignant pas 150 000 unités en 1997 seront abandonnées. Guangzhou-Peugeot est loin de l'objectif et la marque au lion jette l'éponge avec 1,6 milliard de yuans de dettes. Le dispositif sera repris par Honda dans la coentreprise Guangzhou Honda ; Guangzhou Automobile produira 117 000 unités en 2003[6].

Ce n'est qu'en 2004 que la marque Peugeot sera de nouveau vendue en Chine.

L'ère DPCA : un groupe, deux marques[modifier | modifier le code]

Dans le plan stratégique de PSA pour la décennie 2000-2010 de Jean-Martin Folz, la Chine est avec l'Amérique du Sud et l'Europe centrale une des trois zones stratégiques de développement. Cet engagement a été symbolisé en Chine par la transformation de la coentreprise en DPCA, qui annonçait le retour de Peugeot.

Après une importation de véhicules Peugeot en 2001 et 2002, la coentreprise DPCA a été étendue à cette seconde marque en 2002, les premiers modèles étant mis sur le marché en 2004. La Peugeot 307, dans une variante tricorps, a montré la volonté de proposer une gamme moderne en Chine, alors que cette même année, Citroën souffrait du vieillissement de sa gamme Fukang.

Alors que le marché se développait très vite entre 2000 et fin 2003, PSA décida de développer ses installations industrielles. Cependant, la gamme alors vieillissante et le coup de frein sur le crédit décidé par le pouvoir fit chuter les ventes 2004. Après quelques mois de flottement, PSA décida de maintenir son effort. Malgré des résultats déficitaires en 2004 et au premier semestre 2005 et une chute de la part de marché de 9 % en 2000 à moins de 5 % en 2004, les nouveaux modèles relancèrent sensiblement les ventes en 2005[7].

2006 voit la poursuite du renouvellement de la gamme avec pas moins de trois nouveaux modèles. Les ventes progressent moyennement, mais DPCA devient bénéficiaire. Début avril 2006, DPCA a annoncé la création ou l'achat d'une seconde usine terminale pour 2009 de manière à pouvoir produire 450 000 véhicules avec l'ambition de voir sa part de marché dépasser 8 %. La seconde unité à Wuhan produira des véhicules issus de la plate-forme 3, sur laquelle est fabriquée la Citroën C5[4].

Malgré de nouveaux modèles (C2[8], C4, 307 tricorps…), les parts de marché baissent faute de pouvoir répondre efficacement aux attentes de la clientèle. Le nouveau PDG Christian Streiff nomme en 2007 un responsable d'unité (business-unit) Chine pour que DPCA soit plus réactif et plus performant[9]. Au premier semestre 2008, dans un marché en hausse de 14 %, les ventes de DPCA n'ont encore progressé que de 1,3 % (Peugeot +13,8 %, Citroën -5,3 %) avec 103 800 ventes[10].

En juin 2013, DPCA inaugure sa troisième usine à Wuhan. Cette nouvelle implantation va permettre à Dongfeng et PSA d'augmenter leurs volumes de production de 450 000 à 600 000 véhicules par an d’ici à quelques mois, puis 750 000 à l’horizon 2015. DPCA va produire la berline tricorps Citroën C-Elysée II[11] ainsi que sa jumelle (à la calandre près) Peugeot 301. À mi-2013, les ventes de l'alliance sont en progression de 33% par rapport à la même période de 2012, grâce aux Peugeot 3008 et Citroën C4L.

Modèles construits[modifier | modifier le code]

Citroën C-Élysée en 2008.
Citroën C-Élysée en 2013.
Peugeot 408

Ventes en Chine[modifier | modifier le code]

Année 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Ventes 7 200 28 000 33 400 44 300 52 000 53 200 85 100 103 100 89 100 140 400 201 318 207 500 209 000[12] 272 000 376 000 404 000

Sources PSA[13],[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. PSA négocie-t-il avec son partenaire chinois, Dongfeng, pour une entrée dans son capital ?, Caradisiac.com
  2. Site de la Croix au 20/01/2014
  3. « Histoire de l’automobile Chinoise: 4. tous en Chine! », Le Blog Auto,‎ 16 août 2008 (consulté le 16 août 2008)
  4. a et b « Les tribulations de PSA en Chine », L'Express,‎ 11 avril 2006 (consulté le 16 août 2008)
  5. L'Express, 13 avril 2006, pages 128-130
  6. « Histoire de l’automobile Chinoise: 3. “peu importe que le chat soit blanc ou noir…” », Le Blog Auto,‎ 3 août 2008 (consulté le 16 août 2008)
  7. « PSA en Chine : Fukang ! », Le Blog Auto,‎ 5 janvier 2007 (consulté le 16 août 2008)
  8. « C2 Dongfeng: la LN est de retour », Le Blog Auto,‎ 28 août 2006 (consulté le 16 août 2008)
  9. « Christian Streiff met PSA sous tension », La Croix,‎ 6 janvier 2008 (consulté le 16 août 2008)
  10. « Résultats semestriels 2008 », PSA Peugeot-Citroën,‎ 23 juillet 2008 (consulté le 16 août 2008)
  11. Nouvelle usine PSA en Chine ; prête à recevoir la 301, Autonews.fr
  12. « L'offensive européenne et internationale », PSA Peugeot-Citroën (consulté le 16 août 2008)
  13. Dossier de presse PSA (1996-2005)
  14. « Dossier de presse Chine - avril 2011 », PSA,‎ 18 avril 2011 (consulté le 3 juin 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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