Donatien de Nantes

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Saint Donatien et Saint Rogatien
Image illustrative de l'article Donatien de Nantes
Saint Donatien, statue du portail principal de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes
martyrs
Décès vers 288-304[1] 
à Nantes
Fête 24 mai

Donatien de Nantes ou saint Donatien et son frère saint Rogatien sont deux jeunes martyrs. Ils furent suppliciés sous l'empereur Maximien à Nantes, sans doute en 304[1],[2] (date du quatrième édit de Dioclétien), pour n'avoir pas voulu renier leur foi. Ils sont couramment appelés les enfants nantais.

Ce sont des saints chrétiens, fêtés le 24 mai. Saints patrons de Nantes, ils sont vénérés également à Orléans, Plougastel-Daoulas, Ambleville, Laval, Angers, Tours, Chartres, au Canada et jusqu’en Océanie, grâce aux nombreux missionnaires nantais[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Leur histoire est connue par un document composé au Ve siècle, la Passion des Enfants Nantais, qui sert de base à tous les ouvrages postérieurs qui ont ajouté quelques suppléments pour compléter la légende, par exemple la tradition qui rapporte qu'ils sont issus d'une « illustre » famille armoricaine[4]. Citons parmi ces ouvrages[5] :

  • Acta Sanctorum, tome V, 24 mai.
  • Albert le Grand, Vie des saints de la Bretagne Armorique, Pierre Doriou, Nantes, 1636 ; rééd. J. Salaun, Quimper, 1901.
  • Guy Alexis Lobineau, Les Vies des saints de Bretagne et des personnes d'un éminent mérite, Paris, chez Mesvignon Junior, 1836-1837.
  • Abbé Jarnoux, Les enfants nantais, martyrs, Nantes, Imprimerie Bourgeois, 1881.
  • Abbé Delanoue, Saint Donatien et saint Rogatien de Nantes, 1904.
  • Chanoine J.-B. Russon, La Passion des Enfants Nantais, 1945.

Présentation[modifier | modifier le code]

Ils sont les fils, semble-t-il[1], du premier magistrat de la cité, qui réside à l'extérieur de la ville. Donatien, le cadet, est baptisé (probablement par saint Similien, troisième évêque de Nantes, qui leur survécut), alors que son frère aîné, Rogatien est catéchumène. La propriété familiale, une villa gallo-romaine, abrite d'ailleurs le premier sanctuaire chrétien édifié à Nantes, à l'endroit où s'élève aujourd'hui la basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien, construite, selon la tradition, à l'emplacement du tombeau creusé, suivant la coutume, au sein de leur demeure[6].

Les minutes du procès et le récit du passionnaire racontent que, dénoncés comme chrétiens, ils sont arrêtés et comparaissent devant le préfet impérial, gouverneur de la province, qui leur demande de sacrifier aux idoles. Devant leur refus, ils sont soumis aux tortures du chevalet et passent leur dernière nuit à prier ensemble. Rogatien regrette de mourir sans être baptisé mais son frère le rassure, lui disant que le sang de son martyre tiendrait lieu de baptême. Ils sont transpercés par la lance d'un licteur et décapités, au matin de l'an 304 (un 24 mai, selon la tradition[1],[2]), en un endroit hors de l'enceinte de la ville[2], que la tradition situe au no 63 de la rue Dufour et dont le parcours correspond à l'ancien tracé de la route venant de Paris, à proximité du lycée Eugène-Livet, non loin de la basilique qui leur est dédiée (une inscription précise que les deux croix de granit entourées d’épines dans un enclos remplacent, en 1896, les deux croix de bois qui marquaient le lieu du supplice des deux frères[7])[8].

Leur culte se répand dans toute la vallée de la Loire, jusqu'à Orléans, où leurs reliques sont déplacées, au moment des invasions normandes, puis déposées au IXe ou au Xe siècle dans la basilique Saint-Donatien, dans une châsse en or et argent. Leurs reliques sont dispersées au moment de la Révolution, une châsse en bois[9] remplaçant dès lors le précédent reliquaire[10]. Les deux martyrs ont chacun leur statue de part et d'autre du portail principal, dans le narthex de la cathédrale Saint-Pierre, dont un des portails latéraux leur est dédié ; un tableau de Théophile Vauchelet y évoque également leur martyre.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « La basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur nantes.fr. Consulté le 9 décembre 2013
  2. a, b et c Henri de Berranger, Évocation du vieux Nantes, Éd. de Minuit,‎ 1966, 300 p. (ISBN 2-7073-0061-6), p. 14
  3. Defendente Génolini, « 24 mai : Saints Donatien et Rogatien », sur directmatin.fr,‎ 24 mai 2013
  4. Cathédrales et basiliques de Bretagne, EREME,‎ 2009, p. 75
  5. Rodolphe Delaroque, « Sur les pas des enfants nantais », Nantes au quotidien, no 136,‎ juin 2003, p. 31
  6. Rodolphe Delaroque, op. cité, p.29
  7. 47° 13′ 29.0172″ N 1° 32′ 41.5583″ O / 47.224727, -1.544877306
  8. Rodolphe Delaroque, op. cité, p. 30
  9. Elle contiendrait deux ossements offerts par Mgr Lecoq en 1881, le cubitus gauche de Donatien et la clavicule gauche de Rogatien
  10. Nicolas Travers, Histoire civile, politique et religieuse de la ville et du comté de Nantes,‎ 1836, p. 24

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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