Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau
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| Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau | |
| Naissance | 7 avril 1755 Paris |
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| Décès | 20 octobre 1813 (à 58 ans) Leipzig Mort au combat |
| Origine | Français |
| Allégeance | |
| Grade | Lieutenant-général Général de division |
| Années de service | 1769 – 1813 |
| Conflits | Guerre d'indépendance américaine Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes |
| Faits d'armes | Campagne d'Italie Expédition de Saint-Domingue Campagne de Russie Bataille des Nations |
| Distinctions | Chevalier de Saint-Louis (1783) Officier de la Légion d'honneur (1813) Baron d'Empire (1813) |
| Hommages | Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile |
| Autres fonctions | Gouverneur général de Saint-Domingue |
| Famille | |
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Donatien-Marie-Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau, né à Paris en 1755 et décédé à Leipzig en 1813, a servi la France dans les armées royales de Louis XVI, l'armée de la Première République, du Directoire, du Consulat puis du Premier Empire.
Il est le fils de Jean Baptiste Donatien de Vimeur de Rochambeau, vainqueur de Yorktown, et de Jeanne Thérèse Tellez d'Acosta. Il sert pendant la révolution américaine en tant qu'aide-de-camp de son père où il est le messager personnel de son père auprès du roi Louis XVI et commande un bataillon de grenadier qui délogera le Général anglais Cornwalis de son camp de Pigeon's hill l'obligeant à se réfugier à Yorktown où il sera assiégé.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Il a trois enfants avec Marie-Françoise de Harville, fille du marquis de Trainel:
- Augustine-Eléonore née le 8 décembre 1783 qui épouse Victor Merle comte de La Gorce
- le 15 juin 1843 : Alexandre comte de Châteigner,
- Constance-Thérèse née le 27 novembre 1784, morte le 14 décembre 1866 qui épouse Alexandre de Valon du Boucheron, comte d'Ambrugeac
- Philippe-Auguste, né le 26 janvier 1787, marquis de Rochambeau, pair de France, mort le 3 février 1867 qui épouse: Elisa de Roque de Clausonnette, morte le 14 août 1868.
À la Martinique et à Saint-Domingue pendant la Révolution française [modifier]
En 1783 Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau devient colonel du régiment Royal-Auvergne, qui deviendra 18e régiment d'infanterie de ligne, et le reste jusqu'en 1791. Le 30 juin 1791, il est nommé maréchal de camp.
Depuis 1789, la Martinique est déchirée entre le pouvoir officiel révolutionnaire qui évoluera graduellement vers la mise en question de l'esclavage, les Pierrotains soutenus par la Guadeloupe et les planteurs, partisans de l'esclavage et de la royauté.
Rochambeau est acquis à la Révolution française qui l'envoie comme commandant des isles du vent. Ainsi lorsque le 4 avril 1792, l'Assemblée nationale adopte la Loi relative aux colonies et aux moyens d’y apaiser les troubles qui élève au rang de citoyen tout homme de couleur et ainsi que tout noir affranchi, elle envoie trois commissaires aux îles du vent pour faire appliquer cette loi[1]. Léger-Félicité Sonthonax et Etienne Polverel sont envoyés à Saint-Domingue, Rochambeau est désigné pour la Martinique.
L'Assemblée coloniale de la Martinique emmenée par Louis-François Dubuc, l'homme fort de l'île, s'oppose par la force au débarquement de Rochambeau et ses hommes arrivés en rade de Fort-Royal en septembre 1792[2]. L'escadre doit quitter Fort-Royal et se diriger vers Saint-Domingue. Les commissaires civils de Saint-Domingue, Sonthonax et Polverel, le nomment alors gouverneur général de cet île le 21 octobre 1792. À ce titre, il participe aux combats contre les esclaves révoltés.
En octobre 1792, quand la nouvelle de la suspension du roi par l’Assemblée nationale (le 10 août) parvient en Martinique, l'Assemblée coloniale entre en dissidence ouverte. Les républicains abandonnent la colonie et se réfugient à l'île anglaise de la Dominique. Le 1er décembre 1792 arrive le capitaine de vaisseau Lacrosse chargé par la Convention de faire respecter le pouvoir de la République ; la guerre éclate. Lacrosse se rend à Sainte-Lucie d'où il organise une véritable campagne de propagande en faveur de la cause républicaine qui porte ses fruits. Ville par ville, la Martinique se rallie et l'Assemblée coloniale doit s'incliener et reconnaître la République le 9 janvier 1793.
Rochambeau revient à la Martiniue le 3 février 1793 prendre son poste de gouverneur. Il s'installe à Fort-Royal qu'il rebaptise Fort-République ou République-ville et dissout l'Assemblée coloniale. Il ferme tous les ports de la Martinique au profit de Saint-Pierre. Le 2 juillet 1793, il applique la loi concernant les biens des émigrés pour proclamer la « mise sous séquestre de tous les biens appartenant » aux colons qui avaient pris les armes contre la République et avaient fui dans les Antilles anglaises. Cette attitude rigoriste écarte du régime de nombreux planteurs qui étaient disposés à se rallier à la République. Certains émigrent et vont renforcer le parti des royalistes émigrés à Trinidad.
Ces émigrés tentent avec l'appui des Britanniques de reprendre la Martinique. Une première flotte britannique se présente le 7 mai 1793 devant Case-Navire, mais son action mal coordonnée n'aboutit pas. Rochambeau prend des mesures d'exception. Il embauche un grand nombre de gens de couleur dans son armée et même d'esclaves noirs qu'il promet d'affranchire. Cependant, en février 1794, la flotte britannique revient en force, 16 000 hommes sous les ordres du Lieutenant général Grey et fait le blocus de la Martinique. Saint-Pierre est prise par les Britanniques le 16 février, sans que l'abolition de l'esclavage décidée par la Convention le 4 février n'ait pu entrer en vigueur.
Rochambeau s'enferme avec quelques hommes dans les forts de la République et de la Convention. Résolu à se défendre, il repousse les ultimatums des Britanniques et soutient un siège de 43 jours. Le 23 mars 1794, Rochambeau et ses hommes sortent de leur fort et reçoivent les honneurs de la guerre. Rochambeau gagne les États-Unis et Philadelphie où il a gardé des amis. Il y restera un an et demi, jusqu'à ce qu'il obtienne un laissez-passer de l'ambassadeur de France la 30 octobre 1795. Il débarque au Havre le 21 novembre 1795.
Il est plus tard affecté à l'armée d'Italie, puis au Portugal sous les ordres du Général Leclerc (1801, enfin nommé au commandement militaire de la république de Ligurie.
L'expédition de Saint-Domingue [modifier]
Fin 1801, il est nommé second du général Charles Leclerc pour l'expédition de Saint-Domingue chargée par Napoléon Bonaparte de reconquérir l'île et d'y rétablir l'esclavage (cette dernière clause demeurant secrète). Les témoins et les historiens de la révolution haïtienne le créditent d'une tactique brutale contre les soldats noirs et mulâtres, ainsi que l'atteste Guillaume Mauviel, évêque constitutionnel de Saint-Domingue:
Quant à Rochambeau, sa réputation de froide cruauté est plus à faire. Dès l’âge de douze ans, il accompagnait son père en Amérique, et de bonne heure il avait conçu contre les noirs, surtout contre les mulâtres plus que des préjugés. Nommé dans la suite au commandement des îles du Vent, il s'y fit une sorte de célébrité sanglante[3].
Après la mort de Leclerc atteint par la fièvre jaune, il prend le commandement de l'armée et "met en place une politique de terreur, qui est aussi une politique du massacre organisé"[4]. Le 18 novembre 1803, il perd la bataille de Vertières devant le général rebelle Jean-Jacques Dessalines. La colonie française déclare son indépendance sous le nom d'Haïti le 1er janvier 1804, et devint ainsi le deuxième État indépendant en Amérique.
La captivité en Angleterre [modifier]
En quittant Saint Domingue, Rochambeau est capturé par les Britanniques et envoyé au Royaume-Uni en tant que prisonnier sur parole. Il est prisonnier pendant presque neuf années à Norman Cross qu'il quitte le 8 décembre 1811.
Échangé en 1811, il regagne le château familial, où il reprend la classification de la collection de cartes que son père avait commencée. Il enrichit également les collections avec de nouvelles acquisitions, concernant en particulier les campagnes militaires de son fils, Auguste-Philippe Donatien de Vimeur (Paris 25 janvier 1787 - 3 février 1868), qui sert comme aide de camp de Joachim Murat et participe avec la cavalerie de Murat à la campagne de Russie en 1812.
La campagne Européenne de 1813 [modifier]
Remis en activité le 7 janvier 1813 il commande la 4°division d'observation de l'Elbe sous le général Lauriston, il s'y couvre de gloire, est fait baron d'empire le 18 juin 1813, Officier de la légion d'honneur le 25 septembre 1813, blessé au combat à Eichberg, vainqueur à Siebenecken.
Mortellement touché près du village de Prostheyda le 16 octobre 1813, à la bataille des Nations, il meurt quatre jours plus tard à Leipzig, à l'âge de 58 ans.
Notes et références [modifier]
- Loi relative aux colonies et aux moyens d’y apaiser les troubles décrétée le 28 mars et adoptées le 4 avril 1792 Texte intégral.
- L'Assemblée coloniale a accepté de promulguer la loi du 4 avril 1792, mais elle a refusé d’en appliquer l’article 1 qui prévoit la réélection de l'Assemblée coloniale de manière à y intégrer les gens de couleur. Abel Alexis Louis, Les libres de couleur en Martinique des origines à 1815, cf. p. 382, note 3.
- Anecdotes de la Révolution de Saint-Domingue racontées par Guillaume Mauviel, évêque de la colonie (1799-1804), Communication faite à la Société d'Archéologie de la Manche par M. A. Matinée, Vice-Président, éditions Saint-Lô, 1885. Cf. p. 116.
- Bernard Gainot , « Sur fond de cruelle inhumanité » ; les politiques du massacre dans la Révolution de Haïti, in La Révolution française, Cahiers de l’Institut d’histoire de la révolution française, no 3, 2011.
Bibliographie [modifier]
- Abel Alexis Louis, Les libres de couleur en Martinique des origines à 1815 (L’entre-deux d’un groupe social dans la tourmente coloniale), thèse pour le doctorat en Histoire, université des Antilles et de la Guyane (campus de Schoelcher), 2011, 790 pages.
- Bernard Gainot , « Sur fond de cruelle inhumanité » ; les politiques du massacre dans la Révolution de Haïti, in La Révolution française, Cahiers de l’Institut d’histoire de la révolution française, no 3, 2011. Texte intégral.
- Alejandro Enrique Gómez Pernía, Le syndrome de Saint-Domingue, (Perceptions et représentations de la Révolution haïtienne dans le Monde Atlantique, 1790-1886), thèse de doctorat en Histoire, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, 2010. Texte intégral.
- Auguste Matinée, Anecdotes de la Révolution de Saint-Domingue racontées par Guillaume Mauviel, (Évêque de la colonie, 1799-1804), Imprimerie d’Élie Fils, Saint-Lô, 1885, 151 pages.
- Alexandre Paul Marie de Laujon, Précis historique de la dernière expédition de Saint-Domingue (Depuis le départ de l'armée des côtes de France, jusqu'à l'évacuation de la colonie; suivi des moyens de rétablissement de cette colonie), 2 volumes, Imprimerie Delafolie et Imprimerie Le Normant, 1805, 136 pages et 121 pages.
- Philippe-Albert de Lattre, Campagnes des Français à Saint-Domingue et Réfutation des reproches faits au Capitaine-Général Rochambeau, Édition Locard, Arthus-Bertrand et Amand Koenig, Paris, 1805, 275 pages.