Incident Don Pacifico

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L’Incident Don Pacifico est le nom donné à un incident diplomatique survenu, en Grèce, entre le gouvernement du roi Othon Ier et le Royaume-Uni en 1850.

David « Don » Pacifico (1784-1854) est un Portugais de confession juive né dans la colonie britannique de Gibraltar. Commerçant et consul du Portugal à Athènes sous le règne du roi Othon Ier de Grèce, sa maison est pillée, en 1847, lors d’une cérémonie religieuse orthodoxe, sans que la police n'intervienne.

À la suite de cet événement, Pacifico demande une indemnisation au gouvernement grec mais, les autorités ne réagissant pas, il se tourne vers le gouvernement britannique en 1848. Le Ministre des Affaires Étrangères Lord Palmerston, bien que philhellène et partisan de la guerre d'indépendance grecque (1821-1832), soutient alors les revendications de Don Pacifico. Par conséquent, la Royal Navy entame, en 1850, un blocus des ports grecs et principalement du Pirée. Le blocus dure deux mois et crée des tensions diplomatiques avec les deux autres « Puissances Protectrices » de la Grèce : la France et la Russie.

L'ambassadeur de France à Londres Édouard Drouyn de Lhuys est rappelé mais c'est grâce à lui que la crise est finalement réglée. Grâce à son intervention, la Grèce cède et se résout à indemniser Don Pacifico.

En Europe comme en Grande-Bretagne, Palmerston est très critiqué pour son attitude. Il explique alors son action durant un discours à la Chambre des Communes. La conclusion est restée célèbre :

« As the Roman, in days of old, held himself free from indignity, when he could say, Civis Romanus sum [I am a Roman citizen], so also a British subject, in whatever land he may be, shall feel confident that the watchful eye and the strong arm of England will protect him from injustice and wrong. »

« Le Romain, dans l'Antiquité, était assuré d'échapper à toute atteinte, parce qu'il pouvait dire : Civis Romanus Sum [Je suis un citoyen romain]. Comme lui, le sujet britannique, dans quelque pays qu'il se trouve, doit pouvoir savoir que l'œil vigilant et le bras armé de l'Angleterre le protégeront de toute injustice et de tout tort[1]. »

C'est alors l'affirmation de la domination de la Grande-Bretagne sur le monde. Le royaume se voit alors comme le successeur de l'Empire Romain, imposant la Pax Britannica comme Rome avait imposé la Pax Romana.

Cette affaire participe à l’élaboration de la protection diplomatique des individus en droit international.

Lien interne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir ci-contre le discours en anglais sur Wikisource

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