Dominique de Gourgues

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Dominique de Gourgues (c.Mont-de-Marsan 1530 - Tours 1593) était un noble français de la Gascogne. Il a personnellement organisé une mission de vengeance contre les Espagnols en 1567, en Floride après le massacre perpétré par les forces espagnoles contre les soldats français du fort Caroline qui défendaient le territoire colonial de la Floride française. Il détruisit 3 forts et massacra plus de 200 Espagnols. Il est également connu sous le nom de Vengeur de Matanzas.

Vie[modifier | modifier le code]

On ne connait que très peu de la jeunesse de Dominique. Il est le fils de Jean de Gourgue, seigneur de Gaube et de Montlezun, et de Isabeau du Tau (ou Detau, selon les écrits). On sait qu'il servit la France à plusieurs reprises comme en Écosse, et également en Italie, près de Sienne, où il fut capturé par les Espagnols. Il fut envoyé aux galères par ces derniers, ainsi que par les Turcs, à qui il fut probablement vendu. Il fut libéré par des Maltais, après quoi il serait devenu membre de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Il conduit ensuite différentes expéditions en Afrique et en Amérique du Sud. Gourgues fut un très grand voyageur.

Massacre des Protestants[modifier | modifier le code]

En cette période de guerres de religion, les Espagnols mènent la vie dure à tous ceux qui ne sont pas catholiques, et les Huguenots en font partie. La situation des Huguenots français dans les colonies est très précaire de ce fait, ils subissent de nombreux outrages de la part de Espagnols, allant jusqu'au massacre, souvent, comme ce fut le cas le 20 septembre 1565 au Fort Caroline de la colonie de Jean Ribault. Les veuves, enfants et parents des victimes signèrent et adressèrent au Roi Charles IX de France une lettre, lui demandant de leur rendre justice, car le roi, bien qu'au courant de la situation en Floride française, ne portait que peu d'attention à cette affaire, n'aimant lui-même pas beaucoup les Huguenots. Le Roi ne fit pas plus de cas à cette lettre.

La revanche du capitaine de Gourgues[modifier | modifier le code]

Gourgues, qui était un homme d'action et de conviction, sentit qu'il ne pouvait pas laisser la situation sans solution. Premièrement, il pensa que l'honneur de la France était en jeu, car depuis trop longtemps elle laissait ses ressortissants se faire massacrer sans crier gare. Deuxièmement, il est possible que Gourgues ait été un huguenot, bien que certains auteurs pensent le contraire[1]. Et enfin, son aventure de jeunesse avec les Espagnols ne le poussèrent pas au calme. C'est pourquoi, malgré son âge, Dominique se décida à venger le sort des massacrés. Il affréta trois bateaux, à voile et à rames, dont Le Brigantyn et Le Grand Charles avec l'idée de partir avec plus de 150 hommes, dont 100 arquebusiers, dit-on. Cette expédition, entièrement financée par lui, lui coutait trop cher, aussi dut-il emprunter de l'argent à son frère Antoine de Gourgues. Des documents montrent également des emprunts à d'autres personnes. Par ailleurs, il emprunta tant d'argent qu'il dut vendre des canons volés aux Espagnols à la ville de Bordeaux.

Le 2 août 1567, il appareille vers l'Afrique, où il pense bon de capturer des esclaves pour lui prêter main forte, et arrivé à hauteur du Cap Vert, il traverse jusqu'à Cuba.

Il arrive en Floride à l'embouchure de la rivière May, ou il se présenta sous pavillon espagnol et débarqua à l'aide de cette ruse sans être reconnu. Il tombe sur les Indiens du chef Saturiwa qui, ayant eu à subir les exactions des espagnols, leur interdisent l’accès à la terre ferme. Gourgues parvient à conclure un accord, grâce notamment à Pierre de Brie, rescapé de la tuerie de La Caroline de 1565. Les Espagnols disposant de trois forts, Français et Indiens décident de s’attaquer aux deux plus faibles, commandant la St. John’s River. Ils les prennent par surprise et en massacrent les garnisons. Ils s’avancent discrètement vers le troisième, l’ancienne citadelle de La Caroline rebaptisée San Mateo. La garnison (300 hommes) est en train de dîner. Surprise, elle est massacrée et les prisonniers sont pendus. Sur eux, un écriteau signifiant que le vengeur les avait pendus « non comme des Espagnols, mais comme des marauds, voleurs et des meurtriers ». Gourgues, après avoir rasé toute traces d’implantation espagnole en Floride, rentre en France (3 mai 1568) qu’il atteint le 12 juin. Fêté à La Rochelle et à Bordeaux, il sera boudé par le roi, sous l’influence des Guise, et devra se cacher dans Paris jusqu’en 1573. Après cela, et après avoir reçu une proposition de commandement de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre, qu'il refusa par pur patriotisme, il fut relevé de disgrâce et reçut le commandement de 300 hommes.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Charles Weiss, Histoire des réfugiés protestants de France, 1853.
  • Document de la main de Gourgues [1]
  • Léon Guérin, Les Navigateurs français, 1847 [2]
  • Lafayette en Amérique, par Levasseur éditions La librairie Baudouin 1829. T.2 p.117,118.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Ce fut un catholique qui s'en chargea », J.B.A. Ferland, Cours d'histoire du Canada. Première partie 1534-1663, Québec, N.S. Hardy, 1882, p. 55

Liens externes[modifier | modifier le code]