Dominique Desanti

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Dominique Desanti

Nom de naissance Anne Dominique Persky
Naissance 31 août 1919
Paris
Décès 8 avril 2011
Paris
Profession Ecrivaine française, journaliste, historienne, biographe et romancière

Dominique Desanti, Anne Dominique Persky de son nom de jeune fille, est une écrivaine française, journaliste, historienne, biographe et romancière, née le 31 août 1919[1] à Paris, ville où elle est morte le 8 avril 2011[2].

Sommaire

Parcours [modifier]

Elle naît à Moscou où son père demi-russe, conseiller dans le secrétariat de Georges Clemenceau après la Première Guerre mondiale, est envoyé en mission en Russie, tandis que sa mère est d'origine juive. De retour à Paris, son père, conseiller juridique, l'élève pratiquement seul dans un milieu d'émigrés russes (Alexandre Kerensky, Pavel Milioukov émigrés suite à la révolution d'Octobre) profondément anticommunistes. Adolescente, elle se passionne pour la danse, la poésie et le théâtre, prenant des cours avec Louis Jouvet. Elle apprend le russe et l'allemand, ce qui lui permet de traduire divers ouvrages. Athée, elle fait la rencontre de Marie Skobtsov (qu'elle considère comme sa seconde mère) à laquelle elle consacrera le livre La Sainte et l'Incroyante, ma rencontre avec Mère Marie. Elle se lie en 1937 avec la bande des normaliens de la Rue d'Ulm dont elle est le professeur de paso doble et de tango. Parmi ces jeunes professeurs, Jean-Toussaint Desanti avec qui elle se marie en 1938[3], faisant croire à son père qu'elle est enceinte pour obtenir l'autorisation paternelle et son émancipation. Elle fait ses premiers pas dans le journalisme alors qu'elle est étudiante, en 1939, travaillant le matin à Paris-Midi et à l'agence de photos de presse du groupe, où elle est engagée par Pierre Lazareff[4].

Entrée dans la Résistance dès l'automne 1940, Dominique Desanti adhére au Parti communiste français en 1943 à Clermont-Ferrand où elle s'occupe de la logistique du maquis. De retour à Paris, elle crée le « Zoo » (comité estudiantin de rébellion), lance le bulletin clandestin Sous la botte. Elle rejoint le PC clandestin et participe à un groupe d’intellectuels résistants « Socialisme & Liberté », avec notamment Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Son père, ayant mis à l'abri les biens de ses clients juifs qui ont émigré aux États-Unis, est interné dans le camp de Compiègne, et est abattu en août 1944 au moment de monter dans le train qui l'emmenait vers les camps de concentration. À la Libération, à Clermont-Ferrand, elle participe à la rédaction de deux journaux : Le Patriote, organe du Front national de la Résistance et La Nation, organe du Comité de Libération. Elle collabore à Action et, en tant que correspondante de guerre à partir de janvier 1945 au quotidien Résistance - La Voix de Paris ; elle fait partie d'un groupe de quatre journalistes découvrant le camp de Bergen-Belsen tout juste libéré[5]. Membre du Mouvement de la paix elle participe au premier congrès, à Paris en 1949, puis au second, à Varsovie en 1950[6]. Son premier livre, qui relate ses nuits blanches au Congrès de Paris, est publié par Pierre Seghers en 1949. Elle appartient à la rédaction de L'Humanité dans les années 1950.

Elle quitte le PC en 1956 après l'insurrection de Budapest et l'intervention soviétique en Hongrie[7]. Elle collabore au Monde et aux Temps modernes.

Féministe et tiers-mondiste, liée à Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jacques Lacan, Elsa Triolet, Louis Aragon, elle est surtout connue pour ses nombreuses biographies[4].

Ouvrages [modifier]

Biographies [modifier]

Essais, histoire [modifier]

  • Nous avons choisi la Paix, Éditions Seghers, 1949.
  • La Colombe vole sans visa, Éditeurs français réunis, 1951.
  • Côte d'Ivoire, éditions Rencontre, 1961.
  • L'Internationale communiste 1919-1943, Payot, 1970.
  • Les Socialistes de l’Utopie, Payot, 1971 (Prix de l’Académie française).
  • Les Staliniens, une expérience politique 1944-1956, Fayard, 1975.
  • 1947, l'année où le monde a tremblé, Albin Michel, 1977.
  • La Femme au temps des années folles, Stock/Laurence Pernoud, 1984 (ISBN 2-234-01694-0).

Romans [modifier]

  • Les Grands Sentiments, Grasset, 1960.
  • Un métier de chien, Flammarion, 1971.
  • Personne ne se ressemble, Flammarion, 1977.
  • Le Chemin du père, Grasset, 1981.
  • Rue Campagne-Première, J.-C. Lattès, 1987.
  • Les Années passion, éditions de la Renaissance, 1992.
  • Les sorcières sont des miroirs, Maren Sell, 2005.

Notes et références [modifier]

  1. Le Monde, 12 avril 2011
  2. « Dominique Desanti est décédée », Le Daily Neuvième.
  3. Leur mariage, reconfirmé tous les six mois depuis plus de soixante ans, s'inspire du modèle de couple libre de leurs amis Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Elle refusera d'avoir des enfants.
  4. a et b Entretien avec Christine Goémé, émission À voix nue sur France Culture, mars 2002
  5. « Bergen-Belsen n'a provoqué en moi, en plus de l'horreur et de la douleur, qu'une seule réaction : plus jamais ça, donc lutter dans le Parti pour la paix et la vie. » (Les Staliniens, p. 18)
  6. Anna Trespeuch, Dominique et Jean-Toussaint Desanti, une éthique à l'épreuve du vingtième siècle, L'Harmattan, 2003
  7. « J'ai feint d'oublier ma carte de 1957. Mon voisin l'a glissée sous ma porte le lendemain. Donc je l'avais, il en était témoin. Elle resta vierge de timbres » (in Ce que le Siècle m'a dit, p. 529)

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Liens externes [modifier]