Dominique Clément de Ris

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Dominique Clément de Ris
Comte Clément de Ris, sénateur de l'Empire (1750-1827), Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles)
Comte Clément de Ris, sénateur de l'Empire (1750-1827), Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles)
Fonctions
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792)
Membre du Sénat conservateur
4 nivôse an VIII
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Membre de la Chambre des pairs
Élection
Réélection (Cent-Jours)
(Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet)
Pavillon LouisXIV.svg Royaume de France
Membre de la Chambre des pairs
Successeur Athanase Clément de Ris
(À titre héréditaire)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès
Lieu de décès Château de Beauvais,
Thilouze
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Avocat

Dominique Clément de Ris
Liste des conseillers généraux d'Indre-et-Loire
Liste des membres du sénat conservateur

Dominique, comte Clément de Ris, baron de Mauny ( - Paris - château de Beauvais, commune de Thilouze (Indre-et-Loire)), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clément de Ris était fils d'un procureur au Parlement, Louis Nicolas Clément de Ris (1714-1786)[1]. Il devint avocat, et venait d'acheter une charge de maître d'hôtel de la reine (1787[2]), quand éclata la Révolution française, dont il adopta avec enthousiasme les idées.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792), il fut, comme suspect de modérantisme, enfermé à la Conciergerie de Paris, en 1798, et n'en sortit que par l'intervention de Sieyès qu'il avait connu « grand-vicaire à Tréguier[3] » (Sieyès était, à Tréguier, chanoine).

Nommé, en l'an III, chef de division dans les bureaux de l'instruction publique, il fit partie, avec Garat et Ginguené de la commission de réorganisation qui provoqua la création de l'École normale.

Consulat et Empire[modifier | modifier le code]

Démissionnaire en 1795, il se retira dans ses prorietés de Touraine et fut appelé par Bonaparte (4 nivôse an VIII) à faire partie du Sénat conservateur.

Ce fut quelques mois après, en vendémiaire an IX, que Clément de Ris, étant dans une de ses terres de Touraine, fut enlevé en plein jour par, un parti de chouans pour certains[3], qui l'enfermèrent pendant dix-neuf-jours dans un souterrain. Cette disparition, qui parut avoir le vol pour mobile, fit alors beaucoup de bruit, mais ne fut jamais vraiment expliquée ; trois des auteurs présumés furent condamnés à mort, et Mme Lacroix, dans le château de laquelle la détention avait eu lieu, subit plusieurs années de prison.

Nommé questeur[3],[4] du Sénat [5], Clément de Ris dirigea les embellissements du palais du Luxembourg, et la reconstruction de l'Odéon, qui appartenait au Sénat, et qui avait été détruit par un incendie.

Il devint membre de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII), commandant du même ordre (25 prairial), comte de Mauny et de l'Empire (), grand officier de la Légion d'honneur (), et grand-croix de l'ordre de la Réunion ().

Une ténébreuse affaire[modifier | modifier le code]

Ce fut le 23 septembre 1800 que lui arriva l'aventure singulière qui donna lieu à tant de conjectures et de fables. Enlevé en plein jour par des agents de Fouché, il fut enfermé dans un souterrain, et ne fut rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours (sur ordre du Ministre de la Police).

En effet, il n'était pas dans l'intention de Fouché de faire enlever le sénateur, ses agents auraient commis un excès de zèle, mais de faire cambrioler son château pour récupérer des documents compromettants naguère confiés à Clément de Ris.

Le drame de cette affaire réside dans la mesure où Bonaparte informé de l'enlèvement, demande à son Ministre d'arrêter et de condamner sévèrement les coupables de cette indélicatesse. Fouché se souvenant de l'existence d'Auguste de Canchy, qu'un différend personnel avait dressé contre lui et dont le passé de chouan était un excellent prétexte, le fit arrêter en compagnie de son beau frère Mauduison et d'un chouan, Gaudin, malgré des alibis incontestables.

Après un jugement rapide, et le manque de courage du sénateur qui n'a pas voulu témoigner au procès des royalistes, et qui aurait pu les disculper, ceux-ci sont condamnés à mort et exécutés à Angers le 3 novembre 1801. Le seul membre de la cour spéciale qui eut le courage de protester, le capitaine Viriot, fut mis d'office à la retraite[2]. L'éloquence habituelle de Me Chauveau-Lagarde lui permit d'obtenir des acquittements pour certains des ravisseurs de Clément de Ris.

Honoré de Balzac s'est inspiré de cet épisode pour son roman Une ténébreuse affaire[6], ce qui lui a été reproché, d'autant plus que Clément de Ris avait été le protecteur de son père : Bernard-Francois Balssa.

D'autre part, ce fait divers fut le sujet d'un feuilleton de la série La caméra explore le temps.

Restauration française[modifier | modifier le code]

Il fut des premiers () à adhérer a la déchéance de Napoléon Ier, et reçut de la Restauration le titre de pair de France (), et une pension viagère de 36 000 francs.

Au retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le comprit pourtant dans la promotion des pairs des Cent-Jours ().

Atteint, à la seconde Restauration, par l'ordonnance d'exclusion du 24 juillet 1815, il rentra de nouveau à la Chambre haute, le , lors de la fournée de pairs nommés par le ministère Decazes : il siégea jusqu'à sa mort parmi les défenseurs des libertés constitutionnelles.

En 1815, la chute de l’Empire, auquel elle était très liée, ouvre une période difficile pour la franc-maçonnerie. Soucieux de resserrer les rangs dans un contexte devenu hostile, une majorité des membres du Suprême Conseil encore présents (Hacquet, Massena, d'Alès d'Anduze, Régnier, Dominique Clément de Ris, Beurnonville, Rampon, Roëttiers de Montaleau, de Joly)[7] décide alors d’intégrer celui-ci dans la structure du Grand Orient.

Il était le cousin du général Clément de la Roncière, autre figure de l'Empire et de la Restauration.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

La Comtesse Clément de Ris, Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Fils de Louis Clément (1714-1786), sieur de Ris et de Marie-Jeanne Auvray de La Tour (1712-1773), Clément de Ris épousa, le 9 février 1777 à Tréguier, Catherine Chevreux du Miny ( ✝ 1829), dont il eut :

Les papiers et lettres de Dominique Clément de Ris sont conservés aux Archives nationales sous la cote 58AP.[9]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire GCOR.svg
Blason Dominique Clément de Ris (1750-1827).svg
Armes du comte Clément de Ris et de l'Empire

D'azur au chevron versé d'argent accompagné d'une colombe d'argent en cœur, portant au bec une branche d'olivier de sinople et surmontée de deux étoiles d'or posées en fasce ; franc-quartier des Comtes sénateurs.[10]

Orn ext Comte (baron-pair) GOLH.svg
Blason fam fr Clément de Ris.svg
Armes de Clément de Ris, « comte de Mony[11] », Baron-pair héréditaire

D'azur, au chevron d'argent, acc. en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une colombe d'argent, tenant en son bec une branche d'olivier de sinople.[11],[13]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de la famille
  2. a et b « Dominique Clément de Ris », sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  3. a, b et c « Dominique Clément de Ris », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]
  4. Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, vol. A-H, Fayard,‎ octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1), p. 447
  5. on le trouve plus souvent qualifié de « préteur »
  6. Une ténébreuse affaire, Dictionnaire des œuvres Laffont-Bompiani, t. VI, p. 366.
  7. Pierre Mollier et Jacques Léchelle, Les débuts du Rite Écossais Ancien Accepté en France I.-Un document exceptionnel : le premier livre d’Architecture du Suprême Conseil (1804-1812), dans Renaissance Traditionnelle n°122, pp. 136-141
  8. « Ange Louis Clément de Ris », sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  9. Archives nationales
  10. a, b, c et d « Centre historique des Archives nationales (France) », sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le 4 juin 2011)
  11. a, b et c François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  12. « Notice no LH/550/67 », base Léonore, ministère français de la Culture
  13. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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