Domingo Badia y Leblich

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Domingo Badia y Leblich, connu aussi sous le nom d'Ali-Bey, est un officier espagnol, né en 1766 à Barcelone et décédé en 1818 à Damasc.

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père s’appelle Pedro Badia, sa mère Catalina Leiblich, elle est la descendante d’un Belge qui avait lutté lors de la en Espagne. En 1778 Pedro Badia est nommé Compteur de Guerre et Trésorier de Vera (Granada) et la famille s’installe à Cuevas del Almanzora (Almeria).

Le jeune Domingo est autodidacte et très précoce. À 14 ans, Domingo Badia est déjà fonctionnaire à Granada. Peu après, le roi Charles IV le nomme Compteur de Guerre en fonction de commissaire et Administrateur des Tabacs de Cordoba (Cordoue). Domingo a seulement 26 ans.

En 1791, Domingo se marie avec Maria Berruezo, surnommée la «Mariquita». Notre homme ne se sépare d’elle que lors de ses voyages et aventures.

Ses voyages[modifier | modifier le code]

En 1801 Badia présente à Manuel Godoy, le Premier Ministre du roi Charles IV, le projet d’une expédition scientifique en Afrique. Mais ce projet scientifique devient un plan politique qui consiste en fait à inciter quelques tribus à se soulever contre le Sultan et à ainsi conquérir le Maroc. Godoy finance l’aventure avec générosité.

Badia, qui adopte le nom d’Ali-Bey, part en 1803. Il se déguise en prince abbasside, se dit né en Syrie et descendant du prophète Mahomet. Pour justifier qu’il ne maîtrise pas la langue arabe, il explique qu’il a été éduqué en Europe. Il se conduit comme un musulman pieux et annonce son intention d’aller en pèlerinage à La Mecque. Justement pour se faire passer pour un musulman, avant d’entreprendre son voyage, il se fait circoncire à Londres.

Ali-Bey reste 26 mois au Maroc. On ne sait pas clairement si son déguisement a du succès. Il parcourt le pays et observe le monde arabe avec des yeux européens. Pendant son séjour au Maroc, il reçoit peu de nouvelles de l’Espagne.

Après l’échec de sa mission politique, le prétendu prince abbasside doit quitter précipitamment le Maroc pour échapper à la mort. Au lieu de retourner en Europe, il initie un périple vers l’est en direction de La Mecque. Bien que Domingo Badia ne soit pas le premier chrétien qui visite La Mecque -quelques voyageurs chrétiens y sont déjà arrivés au XVIe siècle, il est le premier qui laisse des témoignages de sa prouesse, spécialement des dessins.

Exil[modifier | modifier le code]

Quand l’aventurier rentre en Europe, Godoy et le gouvernement espagnol qui l’avaient embauché sont tombés en disgrâce. Badia offre ses services à Napoléon et en 1808, il accompagne le frère de l’empereur, Joseph I, lors de son entrée à Madrid. Il travaille pour la cour napoléonienne et en 1813 doit s’exiler avec Joseph I.

Lors de son exil en France il publie ses Voyages en Afrique et en Asie pendant les années 1803-1807, Paris, 1814, 3 vol. in-8. Ce livre est traduit dans beaucoup de langues. On y trouve d'intéressants détails qu'aucun chrétien n'avait pu connaître jusque-là aussi bien que des aspects sociaux, culturels, économiques et religieux du monde arabe. De plus il dresse des plans des villes principales.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1818 Ali-Bey, entreprend un nouveau voyage vers l’Orient, mais meurt près de Damasc à cause de la dysenterie ou peut-être empoisonné.


Référence[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Badía y Leblich (Domingo)], Voyages d’Ali Bey el Abbassi en Afrique et en Asie pendant les années 1803, 1804, 1805, 1806 et 1807, Paris, de l’imprimerie de P. Didot l’aîné, 1814, 4 tomes.

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