Dogme de l'inimitabilité du Coran

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Le dogme de l'inimitabilité du Coran (arabe : iʿjâz) est une spécificité religieuse dans l'islam selon laquelle le Coran, en tant que révélation divine, ne peut être imité par aucune autre œuvre littéraire. Cette qualité du Coran est généralement revendiquée à la fois pour l'esthétique du style d'écriture, et pour la valeur du message qu'il porte à l'humanité.[1]

Mention dans les versets coraniques[modifier | modifier le code]

Plusieurs versets font référence à cette inimitabilité, appelant les mécréants à produire des versets semblables à ceux du Coran :

« Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé à Notre serviteur, eh bien produisez une sourate semblable et invoquez ceux qui vous assistent en dehors de Dieu si vous êtes sincères ! »

— Le Coran, « La Vache », II, 23, (ar) البقرة.

« Ou bien ils disent: (Il l'a forgé [le Coran]) - Dis : « Apportez donc dix Sourates semblables à ceci, forgées (par vous). Et appelez qui vous pourrez (pour vous aider), hormis Allah, si vous êtes véridiques »

— Le Coran, « Houd », XI, 13, (ar) هود.

« Ou bien prétendent-ils qu'il [le Prophète] l'a inventé ? Dis-leur : « Produisez une seule sourate semblable et, hormis Dieu, appelez qui vous pourrez à votre aide si vous êtes sincères ! »

— Le Coran, « Jonas », X, 38, (ar) يونس.

« Dis : « Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s'ils se soutenaient les uns les autres »

— Le Coran, « Le Voyage nocturne », XVII, 88, (ar) الإسراء.

L'orientaliste Forster Fitzgerald Arbuthnot décrit que « du point de vue littéraire, le Coran est considéré comme un spécimen de la langue arabe pure, composé à moitié tel un poème et à moitié telle de la prose. On dit que dans certains cas, les grammairiens ont adapté leurs règles afin de concorder avec certaines phrases et expressions usitées dans le Coran, et que bien que plusieurs tentatives aient été faites pour produire un travail d'un style aussi élégant que celui-là, aucune n'a abouti[2]. »

Débats autour du concept[modifier | modifier le code]

Ce caractère d'inimitabilité (iʿjâz) du Coran a été sujet de beaucoup de divergences d'opinions au sein même de la doctrine musulmane[1]. Est-ce que le Coran en tant que parole de Dieu doit être mis à l'épreuve face aux autres genres littéraires ? Le philosophe Ibn Hazm y voit un danger spirituel[3].

Le théologien Fakhr al-Dîn al-Râzî, pour sa part, affirmait que ce miracle linguistique se situe, non pas au niveau de la qualité stylistique du texte, mais au niveau des significations[4].

Ce dogme a aussi été avancé par certains arabophones pour interdire la traduction du Coran. Ils s'appuient sur le lien entre religion, langue et écriture sacrée[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fatma Khelef, « Le concept de l’Inimitabilité du Coran (1ère Partie) »
  2. F. F. Arbuthnot, The Construction of the Bible and the Koran (Londres: 1985), p. 5
  3. Dominique et Marie-Thérèse Urvoy, Les Mots de l'islam, Presses Universitaires du Mirail, coll. « Les mots de », 2004, 127 p., (ISBN 2858167281) ou (ISBN 9782858167289). Voir en page 57 de l'ouvrage.
  4. Roger Arnaldez, Fakhr al-Dîn al-Râzî: commentateur du Coran et philosophe, Vrin, 2002, 158p., (ISBN 2711615715) ou (ISBN 9782711615711). Voir en page 67 de l'ouvrage.
  5. Multiples du social: Regards socio-anthropologiques,Caroline Moricot,Éditions L'Harmattan, 2010,ISBN 2-296-11587-X,ISBN 978-2-296-11587-3, page 210