Dodo Marmarosa

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Dodo Marmarosa

Nom de naissance Michael "Dodo" Marmarosa
Naissance 12 décembre 1925
Pittsburgh, États-Unis
Décès 17 septembre 2002 (à 76 ans)
Pittsburgh, États-Unis
Genre musical Jazz, swing, bebop
Instruments piano
Années actives 1940 - 1968

Né le 12 décembre 1925 à Pittsburgh, Pennsylvanie, le pianiste et compositeur américain Michael « Dodo » Marmarosa est mort des suites d’une attaque cardiaque le 17 septembre 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dodo Marmarosa est né à Pittsburgh en Pennsylvanie, une ville liée au jazz par des musiciens comme Ahmad Jamal, George Benson, Horace Parlan ou encore Erroll Garner que Marmarosa aura même comme camarade de classe[1]. Son surnom "Dodo" proviendrait de la grande taille de sa tête alliée à sa petite taille en tant qu'enfant. Enfant prodige, Marmarosa étudie d'abord la musique classique et joue pendant de longues heures en alternant les mains afin d'obtenir une main gauche aussi forte que la droite[2]. Au bout de quelques mois de pratique il joue déjà Bach pour s'amuser et s'intéresse bientôt au jazz, notamment à travers l’écoute d’Art Tatum et de Teddy Wilson.

Après avoir établi une forte réputation locale, il part en tournée avec le Johnny "Scat" Davis Orchestra à l'âge de 15 ans. L'orchestre se dissout rapidement mais Marmarosa en profite pour rejoindre celui du batteur Gene Krupa et changera ensuite régulièrement de formation[3]. Ainsi, il joue dans l'orchestre du saxophoniste Charlie Barnet, dans celui de Tommy Dorsey ou encore celui d'Artie Shaw. Ces divers engagements vont permettre au jeune Marmarosa de rencontrer des musiciens dont l'influence sur le pianiste sera importante. En effet, durant une tournée à New York, le trompettiste de l'orchestre de Charlie Barnet tombe malade et est remplacé au pied levé par un certain Dizzy Gillespie. Un après-midi Gillespie invite Marmarosa dans son appartement pour lui présenter le bientôt célèbre Charlie Parker. Ses deux rencontres plongent Marmarosa dans un style nouveau en expansion, le be bop, un langage que le pianiste maitrisera vite au point d'être reconnu comme un des maîtres du bop au piano. Quant à son séjour dans l'orchestre de Tommy Dorsey, il retiendra la rencontre avec le batteur Buddy Rich qu'il admirait : "Buddy Rich était un grand batteur, le plus grand. Le groupe avait une bonne cohésion et beaucoup de spontanéité". Son temps avec l'orchestre d'Artie Shaw, à l'époque l'un des big band les plus célèbres, lui permettra de côtoyer Barney Kessel et Roy Eldridge également originaire de Pittsburgh. Artie Shaw dira du pianiste : "Dodo Marmarosa était un homme doux et fragile, parfois imprévisible, avec des sautes d'humeurs. Il n'a jamais appris à faire face aux pressions de la vie que subissent les jazzmen", propos qui définissent déjà le profile psychologique fragile du musicien qui ralentira considérablement sa carrière par la suite[4].

Après cette période de pianiste d'orchestre, Marmarosa devient plus indépendant et travaille comme pianiste attitré du label Atomic Record ce qui lui permet de jouer et d'enregistrer avec Lester Young ou Charlie Parker à la fin des années 1940. Mais le pianiste a des problèmes de santé qui l'effaceront de la scène musicale durant toutes les années 1950. Il est interné quelque temps en psychiatrie pour une maladie dont l'origine serait un incident survenu durant sa période avec Gene Krupa en 1943. Des marins avaient alors tabassé violemment Marmarosa et le clarinettiste Buddy DeFranco à la suite d'un malentendu. Durant son internement il reçoit un traitement aux électrochocs qui eurent, comme chez le pianiste Bud Powell, un effet désastreux. Durant cette décennie il fera un séjour malheureux à l'armée qu'il passera majoritairement à l'hôpital et traversera un divorce douloureux qui n'arrange en rien sa condition.

Il entamera un bref come-back au début des années 1960 avec plusieurs albums dont l'un enregistré avec le saxophoniste Gene Ammons[5] mais disparaitra presque entièrement de la scène musicale par la suite, jouant occasionnellement dans des restaurants. Marmarosa avait parfois un comportement excentrique. Une fois par exemple, il poussa un piano par dessus un balcon, expliquant qu'il voulait entendre le son que ferait l'instrument en s'écrasant sur le sol. En 1992, il annonça sa propre mort par téléphone à un amateur de jazz qui voulait l'interviewer, ce qui conduit à la publication de la fausse nouvelle par deux journaux anglais. Résidant dans un centre médical de Pittsburgh pendant les dernières années de sa vie, il jouait parfois de l'orgue ou du piano pour les autres patients ou les invités.

Discographie non exhaustive[modifier | modifier le code]

  • Dodo's Bounce (1947)
  • Dodo's Back (1961)
  • The Chicago Sessions (1995)

Références[modifier | modifier le code]