Doğu Perinçek

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Doğu Perinçek

Doğu Perinçek, né le 17 juin 1942 à Gaziantep (Turquie) est un homme politique turc.

Ouvrier pendant 10 mois en Allemagne en 1962 et 1963, il étudie le droit à l’université d’Ankara et obtient son doctorat en 1968, année où il fonde la revue Aydınlık (Clarté).

En 1969 il fonde le "Türkiye İhtilalci İşçi Köylü Partisi" ("Parti ouvrier et paysan révolutionnaire de Turquie"). Il est recherché après le coup d’État militaire du 12 mars 1971 et arrêté en mai 1972. Condamné à 20 ans de prison, il est libéré lors de l’amnistie générale de mai 1974.

Après le coup d’État du 12 septembre 1980 il est arrêté et condamné à 8 ans de prison, puis libéré en mars 1985.

En 1990 il est élu président général au 2e congrès du "Sosyalist Parti" (Parti socialiste) dissous en juillet 1992 par la Cour constitutionnelle. Il est alors élu président général de l’"İşçi Partisi" (Parti des travailleurs).

En 1998 il est placé en garde à vue et accusé d’aide au PKK sous forme d’argent et d’armes. Il est alors condamné pour des propos tenus en 1991 à la télévision à 14 mois de prison et reste en prison jusqu’en août 1999. Recouvrant ses droits civiques à la faveur d’une loi sur les délits de presse, il est de nouveau élu président général de l’İşçi Partisi.

La Turquie a été condamnée deux fois par la Cour européenne des droits de l'homme dans des affaires concernant Doğu Perinçek :

  • par un arrêt du 25 mai 1998 au sujet de la dissolution du Sosyalist Parti;
  • par un arrêt du 21 juin 2005 au sujet de sa condamnation en 1998.

La cour européenne y estime que le droit à la libre expression de D. Perinçek n'a pas été respecté lorsque la justice turque l'a condamné pour avoir proposé un projet politique fédéraliste pour la Turquie, qui mettrait Turcs et Kurdes sur pied d'égalité ; ces propositions ont par ailleurs conduit à la dissolution du parti socialiste que D. Perinçek dirigeait. La cour européenne a souligné dans son avis que le discours de D. Perinçek n'était pas un discours de haine, et ne pouvait donc conduire à une limitation de la liberté d'expression[1].

Le 9 mars 2007, D. Perincek a été condamné par la tribunal de police de Lausanne (première instance) pour avoir proféré sur territoire suisse, à Lausanne et à Zurich des propos niant génocide des Arméniens, enfreignant par là l'article 261bis du Code pénal suisse; segrégation raciale. La peine est une amende 3000 francs suisses et une peine pécuniaire en jour-amende de 9000 francs (90 jours à 100 francs) avec sursis pendant deux ans. Le 12 décembre 2007, le Tribunal fédéral, plus haute instance judiciaire du pays, a rejeté l'appel de D. Perinçek. Les juges ont affirmé que le génocide des Arméniens était un fait avéré, alors que le politicien turc l'avait présenté comme un « mensonge impérialiste »[2]. La totalité des frais de procédure ont aussi été mis à sa charge. Ses avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel cette fois à la Cour européenne des droits de l'homme. Le 17 décembre 2013, la CEDH donne tort à la Suisse et conclut que la justice helvétique a violé la liberté d'expression de D. Perinçek[3].La suisse disposa alors de quelques mois pour faire appel a la CEDH. La Suisse fait appel a la CEDH au mois de Mars 2014. La CEDH se réfère aussi à une décision rendue en 2007 par le Tribunal constitutionnel espagnol et à celle du Conseil constitutionnel français, censurant la proposition de loi de Valérie Boyer[4].

Le 24 mars 2008, Doğu Perinçek est à nouveau arrêté en Turquie, cette fois-ci dans le cadre de l'enquête sur le réseau ultra-nationaliste Ergenekon, qui est accusé de vouloir renverser l'AKP, parti islamique au pouvoir[5].

L'acte d'accusation de l'enquête contient également des allégations similaires, faites par Millî Istihbarat Teskilati ou MIT: Organisation du renseignement en Turquie. A la nouvelle de l'annonce en Russie de l'arrestation de Perinçek, l'idéologue Alexandre Douguine prônant l'Eurasisme affirme que cette opération contre un groupe pro-russe en Turquie a montré qui sont nos amis et nos ennemis. Celà démontrerait qu'il serait lié à ce groupe ce dont a catégoriquement nié Dogu. Le 5 août 2013, celui-ci a été condamné à l'Emprisonnement à perpétuité. Sa peine a ensuite été allégée et il a été libéré le 10 mars 2014 en même temps que de nombreuses personnes également détenues (en.wikipédia.org).

Notes et références[modifier | modifier le code]

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