Djaba Iosseliani

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Portrait de Djaba Iosseliani.

Djaba Iosseliani ( - ) est un homme politique géorgien, cambrioleur de banque et chef de l'organisation paramilitaire Mkhedrioni.

Premières années[modifier | modifier le code]

Né à Khachouri (Géorgie), Iosseliani se spécialise dans les études orientales à l'Université de Léningrad mais ne reçoit pas de diplôme. En 1948, il organise un cambriolage de banque à Léningrad, suite à quoi il passe 17 ans dans une prison soviétique. Relâché en 1965, il sert plus tard une autre peine pour meurtre. Il rentre éventuellement dans sa Géorgie natale et reçoit un diplôme de l'Institut géorgienne des arts théâtraux, où il devient professeur. Il écrit plusieurs pièces populaires.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

Iosseliani s'élève à l'échelon national en tant que le chef du Mkhedrioni, un groupe paramilitaire lourdement armée fondée en 1989. Il tente de prendre contrôle de larges régions en Abkhazie et Ossétie du Sud avec pour but la défaite des éléments séparatistes. En février 1991, son organisation est rendue illégale par le président Zviad Gamsakhourdia et est emprisonné avec d'autres éléments du Mkhedrioni. En réponse, Iosseliani accuse Gamsakhourdia d'essayer de prendre contrôle des médias nationaux et de persecuter ses rivaux.

En décembre 1991, Iosseliani s'évade de prison et rejoint les forces rebelles de la Garde nationale géorgienne dans le lancement d'un coup d'État violent forçant à l'exile le président Zviad Gamsakhourdia en janvier 1992. Il devient alors l'un des trois dirigeants du Conseil militaire qui prend en charge les affaires du pays en janvier-mars 1992. Il devient par la suite une puissante figure du gouvernement d'Edouard Chevardnadze, qui est obligé de s'appuyer sur les forces du Mkhedrioni pour faire face à la faiblesse des services de sécurité d'État. Iosseliani affirme de plus sa position de force en se faisant construire un bureau parlementaire au-dessus de celui de Chevardnadze.

Iosseliani jour un rôle majeur dans la tentative désastreuse de renforcer la direction géorgienne de la province séparatiste d'Abkhazie, qui se termine avec une défaite importante pour le gouvernement et les forces du Mkhedrioni en août-septembre 1993. Malgré cela, il reçoit une position gouvernementale officielle en septembre 1993 pour renforcer l'état d'urgence national. Cela lui donne presque les pleins pouvoirs pour détenir des individus. Il utilise ses pouvoirs avec enthousiasme, imposant un régime répressif largement critiqué par les organisations internationales des droits de l'homme. Les partisans du président déchu Gamsakhourdia sont particulièrement ciblés, surtout dans la région zviadiste de Mingrélie en Géorgie occidentale, où le Mkhedrioni est accus d'avoir commis un nombre élevé d'assassinats. Il y a également des rumeurs selon lesquelles Iosselani et ses alliés infligeraint des impôts non justifiés aux entreprises et individus des régions sous leur contrôle.

Attentat contre Chevardnadze, et décès[modifier | modifier le code]

Le , Chevardnadze échappe de justesse à une tentative d'assassinat dans une attaque à la bombe. Une coalition de « forces mafieuses » incluant Iosseliani et d'autres est accusé d'être derrière cette attaque et Iosseliani est détenu en novembre 1998 pour trois ans avant d'être condamné à 11 ans de prison pour banditisme, terrorisme et tentative d'assassinat sur la personne de Chevardnadze. Il nie les accusations mais est relâché au printemps de 2000 dans une amnistie de plusieurs coupables. Il souffre d'une crise cardiaque le et meurt dans un hôpital de Tbilissi une semaine plus tard. Il est enterré au Panthéon de Didoube à Tbilissi, où des empreintes de pas sales sont fréquemment vues sur sa tombe de marbre noir.

Liens externes[modifier | modifier le code]