Diyu

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Figurines de terre cuite représentant 3 des 10 Juges Yama

Diyu ou Di Yu (chinois traditionnel : 地獄, chinois simplifié : 地狱, Hanyu Pinyin : Dìyù, Wade-Giles : Ti-yü, japonais : 地獄, jigoku, littéralement « Prison sous terre ») est le royaume des morts ou l'Enfer de la mythologie chinoise. Basé sur le concept bouddhiste de Naraka combiné aux croyances traditionnelles chinoises concernant l'au-delà, le concept de Di Yu incorpore des idées taoïstes, bouddhistes et issues de la religion populaire. C'est un lieu de purgatoire où les âmes sont purifiées en vue de leur réincarnation. Beaucoup de déités, dont les noms et les fonctions varient selon les traditions, y sont liées.

Di Yu est dirigé par Yanluowang, le roi de l'Enfer. C'est un gigantesque labyrinthe composé de nombreux niveaux souterrains et de chambres où les âmes sont emmenées pour se faire pardonner leurs péchés sur Terre. Le nombre exact de niveaux, et donc le nombre de déités qui y sont associés, diffère selon la perception bouddhiste ou taoïste. Selon quelques légendes chinoises, il y aurait 18 niveaux. Certains parlent de 3 à 4 « cours », d'autres d'une dizaine, présidées par 10 juges connus comme « rois Yama ». Chacun traîte dans sa cour d'un aspect différent d'expation. Ainsi, une cour traite seulement du meurtre, une autre uniquement de l'adultère. Les punitions varient selon les traditions : les âmes (ou « fantômes ») fautives sont sciées en deux, décapitées, jetées dans des puits à ordures ou forcées de grimper à des arbres hérissés d'épines, par exemple.

La plupart des légendes s'accordent pour dire qu'une fois qu'une âme a expié ses fautes, une vielle femme appelée Meng Po (夢婆 ou 孟婆) lui fait boire la Potion d'oubli avant de la renvoyer sur Terre pour qu'elle y renaîsse.

Les 18 niveaux de Di Yu[modifier | modifier le code]

Tortures de damnés dans diverses chambres

Dans les mythologies bouddhiste et taoïste, Di Yu se compose de 10 cours, chacune dirigée par un des 10 Juges de Yama et de 18 niveaux où les malfaiteurs sont punis.

Quelques légendes font même état de 18 sous-enfers, voire de 18 enfers différents, chacun pour un type de punition. Selon certaines légendes, il y aurait plusieurs types de punition par niveau.

Le concept des « 18 niveaux » a commencé lors de la Dynastie Tang. Un texte (peut être bouddhiste) faisait alors état de 134 mondes d'enfer, mais a été simplifié à 18 niveaux pour plus de convenance.

Voici le nom des différents niveaux de Di Yu :

  1. Chambre du Vent et du Tonnerre – Les assassins et criminels (hors avares) y sont envoyés pour être punis.
  2. Chambre du Meulage – Les avares qui ne donnent rien aux autres sont réduits en poudre dans cette chambre.
  3. Chambre des Flammes – Pilleurs, voleurs et tricheurs y sont envoyés pour être brulés.
  4. Chambre de la Glace – Les enfants qui maltraitent leurs parents y sont envoyés pour être gelés.
  5. Chambre des Chaudrons d'Huile – Les violeurs, adultères et libertins sont frits dans de l'huile une fois envoyés dans cette chambre.
  6. Chambre du Démembrement par sciage – Les ravisseurs et les hommes ayant contraint des femmes saines à se prostituer sont sciés dans cette chambre.
  7. Chambre du Démembrement par chariot – Les corrupteurs et les seigneurs qui ont opprimé et exploité leur peuple sont attachés à un chariot pour être démembrés.
  8. Chambre de la Montagne de Couteaux – Les marchands qui font en sorte de gagner plus que ce qu'ils méritent en travaillant honnêtement, en montant les prix sans raison ou en mentant sur la qualité des marchandises, sont condamnés à gravir une montagne hérissée de couteaux et à y répandre tout leur sang.
  9. Chambre de l'Arrachement de la langue – Ceux qui causent du mal avec leur langue (médisants, menteurs...) se la voient tout simplement coupée dans cette chambre.
  10. Chambre du Broyage – Les meurtriers de sang-froid sont broyés dans cette chambre.
  11. Chambre de la Division du torse – Les ingrats voient leur torse séparé en deux dans cette chambre.
  12. Chambre des Balances – Les escrocs qui oppriment les innocents ou trichent sur la qualité des marchandises et les filles qui maltraitent leurs semblables sont condamnés à être pendus à l'envers par des crochets perçant leur corps.
  13. Chambre de l'Œil – Les gens qui espionnent leurs voisins et regardent là où ils ne devraient pas se font arracher les yeux, qui sont jetés dans cette chambre.
  14. Chambre du Coeur – Les sans-cœur se voient retiré le leur en creusant dans leur poitrine.
  15. Chambre de l'Éventrement – Les espions, les hypocrites et les pilleurs de tombeaux sont éventrés dans cette chambre.
  16. Chambre du Sang – Les blasphémateurs qui ne montrent aucun respect envers les dieux sont pelés jusqu'au sang dans cette chambre.
  17. Chambre des Larves – Les escrocs qui corrompent la loi pour tricher sont jetés dans cette chambre pour être dévorés vivants par des larves.
  18. Chambre d'Avici – Les escrocs ayant commis des crimes honteux, ont appauvri le peuple et trahi les règles sont placés sur une plateforme au-dessus d'Avici (le plus bas « royaume » de Di Yu). Les malchanceux tombent de la plateforme et brûlent dans l'Avici et les chanceux restent sur la plateforme. Ces esprits ne seront jamais réincarnés.

Noms alternatifs en chinois[modifier | modifier le code]

Voici plusieurs noms alternatifs de l'Enfer chinois. Les plus communs sont situés au-dessus :

  • 地獄 - dìyù : la Prison Infernale
  • 地府 - dìfŭ : le Manoir Infernal
  • 黃泉 - huángquán : le Séjour Jaune (sens d'origine de quan : source de vie et mort, probablement une référence avec le fleuve jaune)
  • 陰間 - yīnjiān : l'Espace Ombreux (yin, « ombreux », caractérise la nature des fantômes)
  • 陰府 - yīnfŭ : le Manoir Ombreux
  • 陰司 - yīnsī : le Bureau Ombreux
  • 森羅殿 - diàn : la cour de Sinluo (ou de Shēnluó)
  • 閻羅殿 - diàn : la cour de Yanluo (ou de Yánluó)
  • 九泉 - jiŭquán : les Neuf Séjours (ou Neuf Sources)
  • 重泉 - chóngquán : les Séjours superposés (ou Sources superposées)
  • 泉路 - quánlù : la Route du Séjour (ou Route des Sources)
  • 幽冥 - yūmíng : l'Obscurité sereine
  • 幽壤 - yūrăng : la Terre sereine
  • 火炕 - huŏkàng : le Puits du Feu
  • 九幽 - jiŭyū : les Neuf Sérénités
  • 九原 - jiŭyuán : les Neuf Origines
  • 冥府 - míngfŭ : le Manoir obscur
  • 阿鼻 - ābí (hanyu pinyin), terme bouddhiste tiré du Sanskrit Avīci, l'Enfer de la torture, de la profondeur de huit enfers chauds.
  • 足跟 - zúgēn le Talon du pied, signifie également l'Enfer.
  • 酆都城 - Fēngdū Chéng, Cité de Fengdu, à l'origine lieu souterrain habité par des dieux selon le taoïsme shangqing, et non lieu de torture. On la situe de puis les Song sous le mont Mingshan (冥山), « mont des Enfers », au nord-est du comté de Fengdu (酆都縣) dans le Sichuan. On y trouve au XXIe siècle un village-fantôme touristique sur la route des croisières sur le Chang Jiang[1].

Et quelques terminologies liées à l'enfer :

  • 奈何橋 - le Pont de l'Abandon.
  • 望鄉臺 - le Pavillon à la Maison de vue.
  • 油鍋 - le Wok à la friture, une des tortures de l'enfer.
  • 三塗 - les trois tortures : brûlé par le feu (火塗), découpé par un couteau (刀塗), déchiré par des bêtes (血塗, littéralement, « torture du sang »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Diyu » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Enfer