Dix petits nègres

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Dix petits nègres
Auteur Agatha Christie
Genre Roman policier
Version originale
Titre original Ten Little Niggers
Éditeur original Collins Crime Club
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale Novembre 1939
Version française
Traducteur Louis Postif
Éditeur Librairie des Champs-Élysées
Collection Le Masque no 299
Date de parution 1940
Nombre de pages 244 p.

Dix petits nègres est un roman policier d'Agatha Christie publié en novembre 1939 au Royaume-Uni et en 1940 en France.

Dans le roman, dix personnages, dont chacun, dans le passé, a perpétré un homicide contre lequel la justice est impuissante, sont invités à se rendre sur une île et, bien qu'ils en soient alors les seuls résidents, sont mystérieusement assassinés l'un après l'autre, d'une façon qui rappelle inexorablement les dix couplets d'une comptine.

Avec plus de 100 millions d'exemplaires, ce livre est le plus vendu des romans d'Agatha Christie. C'est également, dans la liste des ouvrages les plus vendus au monde, le premier roman policier et le sixième livre tous genres confondus[1]. Il est 19e dans le classement des cent meilleurs romans policiers de tous les temps établi par la Crime Writers' Association en 1990, et 10e dans celui de la Mystery Writers of America en 1995. Il a été adapté plusieurs fois au théâtre, au cinéma, à la télévision et en jeu vidéo.

Toutes les éditions françaises portent le titre Dix petits nègres, mais le roman est connu, en anglais, sous trois titres différents :

  • Ten Little Niggers (version originale britannique, conforme au titre de la chanson de 1869[2]),
  • Ten Little Indians (version alternative américaine, calquée sur le titre de la chanson de 1868[3]),
  • And Then There Were None (version originale américaine, tirée du dernier vers de la chanson, et titre définitif).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un invité va élaborer un plan diabolique pour tuer d'anciens criminels ayant échappé à la justice; lui-même étant un criminel très dangereux ...

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Chapitre 1 - Présentation des personnages
Ci-dessous, voici la liste des 8 personnages invités sur l’île du Nègre par un certain Algernon Norman O'Nyme (A.N O'NYME), une certaine Alvina Nancy O'Nyme et une certaine Constance Culmington.
  • Le juge Wargrave
  • Véra Claythorne, une institutrice qui sera secrétaire sur l’îlot
  • Philip Lombard
  • Miss Emily Brent
  • Dr Armstrong, un docteur réputé qui est invité pour soigner Mme O'Nyme sur l’île
  • Anthony Marston
  • Mr. Blore
  • Le général Macarthur
Les deux derniers personnages sont les domestiques Thomas et Ethel Rogers.
Chapitre 2 - Trajet de la gare à l’île
À la gare d’Oakbridge, Lombard, Véra, Wargrave et Miss Brent sortent du 1er train. Le juge et Miss Brent prennent le taxi ensemble, et Véra et Philip attendent le général qui sort du deuxième train pour prendre un taxi. Ensuite, Anthony les rejoint au port, où ils montent dans une barque pour rejoindre l’îlot. M. Narracott était leur chauffeur. Quand ils arrivent, les O'Nyme sont absents. Le docteur Armstrong arrive le soir. Les domestiques sont le couple Thomas et Ethel Rogers. Ils découvrent une mystérieuse comptine.
Chapitre 3 - Enquête des invitations et de la voix
Les 10 invités sont accusés de meurtres par une voix dans la demeure des O'Nyme. Ce disque aurait été enregistré par M. O'Nyme. Celui-ci n’existe peut-être pas, car personne ne le connaît.
Chapitre 4 - Mort de Marston, début de la nuit
Anthony Marston meurt juste après avoir avalé une gorgée de whisky. Armstrong pense qu’il a été empoisonné. Tous les invités connaissaient les personnes qu’elles auraient tuées, car les 10 petits nègres les avaient vus mourir. Par exemple le juge a condamné à mort sa victime (Edward Seton) lors de son procès.
Chapitre 5 - Chacun se remémore son crime
Blore pense qu'Anthony Marston s’est suicidé car dans le verre de wisky, on ne trouve aucun poison. La mort de Marston correspond au début de la comptine. Les 9 invités vont ensuite se coucher, ils pensent à leurs victimes.
Chapitre 6 - Mort de Mme Rogers, enquête
Mme Rogers ne s’est pas réveillée au petit matin. on a retrouvé une très grande quantité de somnifère dans son thé, Véra n’est pas d’accord… Le bateau ne vient pas pour le ravitaillement. Il ne reste que 8 statuettes.
Chapitre 7 - Conversation entre Miss Brent et Véra et entre Armstrong et Philip Lombard
Miss Brent pense que les Rogers sont coupables du meurtre de Jennifer Brady, mais que certaines accusations sont ridicules, comme celles contre le juge Wargrave, Blore et elle-même, car sa prétendue victime s’est suicidée. Le docteur pense que Mme Rogers est morte à la suite de l’inhalation d’un médicament lors de sa crise : peut-être un suicide ! Lombard pense qu’Anthony Marston a été empoisonné par quelqu'un.
Chapitre 8 - Recherche de Mr O'Nyme
Blore, Armstrong et Lombard ont conclu que  :
  • Anthony Marston a été empoisonné par l'un des invités, qui aurait versé dans son verre du cyanure.
  • Mme Rogers aurait été tuée par son mari sous l’influence de la peur.
Ensuite, tous les trois visitent l’île à la recherche de ce M. O'Nyme. Mais ils n'en trouvent aucune trace. Le général MacArthur pense que tous les invités vont mourir. Blore et Armstrong trouvent le général mystérieux. Ne trouvant rien sur l’île, ils fouillent la maison, en vain.
Chapitre 9 - Mort du général, enquête sur chaque meurtre
Blore pense maintenant que Mme Rogers est morte à cause du docteur Armstrong, qui lui aurait donné trop de somnifères; ce que rejette totalement le médecin. Conseillé par Isaac Morris, l'homme engagé par M. O'Nyme pour organiser le séjour sur l'île, Philip Lombard a apporté un revolver. Ils se mettent à déjeuner, mais le général n’est pas là. Armstrong va le chercher, mais le retrouve mort ! Il ne reste plus que 7 statuettes. Après avoir examiné le corps, le médecin affirme qu’il est mort frappé à la nuque. Le juge Wargrave pense que M. O'Nyme fait partie des invités. Il cherche parmi tous les invités le coupable et déclare que pour le 2e crime, personne ne peut être entièrement exempt de soupçon. Et il ne sait pas qui a tué le général MacArthur.
Chapitre 10 - Fin de la journée
Philip Lombard pense que c’est le juge Wargrave le coupable, alors que Véra Claythorne pense plutôt au docteur Armstrong. Le rideau rouge de la salle de bain a été volé. Rogers enferme dans son armoire les 7 statuettes en porcelaine restantes.
Chapitre 11 - Mort de Rogers, enquête
Au matin, Rogers a disparu et sur la table, il ne reste que 6 statuettes ! On retrouve Rogers mort, alors qu’il coupait du bois. L’assassin l’a frappé à l'arrière de la tête avec une hache. Miss Brent est soupçonnée.
Chapitre 12 - Mort de Miss Brent, enquête
Miss Brent est morte ! Le médecin pense qu’elle a été piquée par une seringue contenant du cyanure. Véra pense qu’elle est morte piquée par l’abeille qui se trouvait dans la salle à manger. Ils mettent toutes les drogues et armes dans un coffre-fort pour se préserver d’un nouveau meurtre, mais le revolver de Lombard a disparu.
Chapitre 13 - Fin de l’après-midi, mort de Wargrave
Le juge Wargrave est mort d’un coup de revolver dans la tête, alors que les 4 autres étaient dans la chambre de Véra. La jeune femme eut la frayeur de sa vie à cause d'une algue visqueuse accrochée au plafond, lui faisant croire à une main qui l'étranglait, et ses hurlements ont alerté les hommes au salon.
Chapitre 14 - Début de la nuit, poursuite d’Armstrong qui disparaît
La combine de l’assassin était de distraire les autres avec l'algue qui a fait peur à Véra, afin d’abattre entre-temps le vieux juge. Le revolver est revenu dans la chambre de Philip Lombard. Dans la nuit, Blore entend un bruit, quelqu'un se déplaçant dans la maison. Il va toquer à la porte de ses compagnons: Véra et Philip sont dans leur chambre, mais pas le docteur. Blore et Lombard partent à sa recherche mais Armstrong a disparu on ne sait où, et sur la table, il ne reste que 3 petits nègres.
Chapitre 15 - Mort de Blore
À cause de la comptine qui parle d'un poisson d'avril, Véra pense qu’Armstrong a seulement feint sa mort, qu’il a enlevé une statuette et qu’il se cache sur l’île, car on n’a pas retrouvé son corps. Véra et Philip ne veulent plus rentrer dans la maison, afin de pouvoir voir l’assassin rôdant sur l'île. Blore part seul dans la maison pour manger. Il meurt dehors à côté de la maison, la tête écrasée par une horloge de marbre en forme d'ours tombée de la chambre de Véra pendant que celle-ci et Lombard étaient à l’autre bout de l’île. Les deux survivants pensent donc qu'Armstrong se cache dans la maison. Mais quelques heures plus tard, ils retrouvent le cadavre du médecin rejeté par la mer.
Chapitre 16 - Mort de Lombard et de Véra
Il ne reste donc que 2 survivants: Véra Claythorne et Philip Lombard. Chacun d'eux se dit que l'autre est le meurtrier. Grâce à une feinte, Véra réussit à subtiliser son revolver à Lombard. Philip meurt quelques instants plus tard, assassiné par Véra d’une balle en pleine poitrine. Véra se retrouve seule et soulagée, mais étrangement fatiguée. En rentrant dans la maison, elle casse trois des quatre statuettes restantes et emporte la dernière avec elle. Elle va dans sa chambre, et voit alors un nœud coulant suspendu à un crochet, et une chaise en dessous. Véra réalise alors qu'elle vient de tuer un homme, et dans une sorte de délire, elle croit que son ancien amant, Hugo, désire qu'elle se suicide. Elle lâche la dernière statuette qui se brise sur le sol. Elle s’accroche à la corde, fait basculer la chaise et elle meurt, pendue. Les dix petits nègres sont tous morts.
Épilogue
Un sous-chef de police et l’inspecteur Maine essaient de percer le mystère de la mort des 10 petits nègres. Ils passent en revue chacun des invités, et voient la possibilité de chacun d'être le meurtrier. Malheureusement, en vue des indices découverts sur les lieux du crime, ils en déduisent qu'aucun d'eux n'aurait logiquement pu tuer tous les autres puis se suicider. La seule qui aurait pu le faire est Véra Claythorne: cependant, la police a découvert que la chaise qu'elle a renversée pour se suicider a été par la suite remise en place le long du mur, ce qui signifie que quelqu'un était encore en vie dans la maison après la mort de la jeune femme. Malgré tous les indices, les enquêteurs ne trouvent rien de plus: le crime reste donc, à leurs yeux, bien mystérieux et totalement insoluble.
Document manuscrit
Mais on retrouva une bouteille à la mer, avec une confession signée du vrai meurtrier de l'île du Nègre: le juge Lawrence Wargrave. Il a tué stratégiquement tous ses compagnons, puis il a simulé sa propre mort, avec la complicité du docteur Armstrong, qui était trop naïf. Il a ensuite tué Armstrong et Blore, laissant le soin à Lombard et Véra de se suspecter et attendant que l'un tue l'autre. Véra, sous la peur, a ainsi tué Lombard. Puis, Wargrave a placé la mise en scène de la corde et de la chaise dans la chambre de la jeune femme, et a attendu qu'elle vienne, espérant que le choc psychologique associé au fait qu'elle venait de commettre un meurtre la pousse à se suicider. Et c'est effectivement ce qu'il s'est passé. Ensuite, alors que tous les autres étaient morts, le juge s'est suicidé en dernier dans son lit, grâce à un habile stratagème faisant en sorte qu'il meure bel et bien d'une balle dans la tête.

Personnages[modifier | modifier le code]

Edward George Armstrong
Armstrong est un éminent médecin soupçonné d’avoir tué une patiente, Louisa Mary Clees, en l'opérant d’une péritonite, opération pourtant relativement simple, alors qu’il était ivre. Il est plutôt naïf.
Emily Caroline Brent
Miss Brent est âgée de soixante-cinq ans. Elle tricote souvent. Très attachée à la religion, elle est soupçonnée d’avoir poussé au suicide sa domestique enceinte nommée Béatrice Taylor en la renvoyant de chez elle en pleine nuit. Miss Brent est une femme pudique, puritaine et avec un tempérament assez froid et sévère.
William Henry Blore
Blore est un ancien officier de police qui dirige désormais une agence de détectives privés à Plymouth. À son arrivée sur l'île, il se fait passer pour un certain Mr Davis, mais son véritable nom est rapidement connu des autres invités présents sur l’île du Nègre (grâce à la mystérieuse voix pré-enregistrée qui les accuse tous de meurtre par leur véritable nom). Il est soupçonné de faux témoignage ayant mené à l'arrestation injustifiée d’un dénommé James Stephen Landor, condamné à trois ans de travaux forcés et mort un an après le début de sa peine. Malgré sa corpulence, Blore est capable de mouvements vifs et assez rapides. Il a une allure militaire, des yeux gris et rapprochés, une moustache et un visage sans aucune expression.
Vera Elizabeth Claythorne
Miss Claythorne était la gouvernante de Cyril Ogilvie Hamilton, un enfant à la santé fragile. Elle devait se marier avec l'oncle de celui-ci, Hugo Hamilton, mais elle apprit que c'est l'enfant qui allait hériter d'une vraie fortune au lieu de son fiancé, qui lui n'a pas un sou et n'avait pas assez d'argent pour financer son mariage avec Vera. Il la soupçonne d'avoir volontairement laissé se noyer le petit garçon. C'est une femme forte et brillante, mais qui a des faiblesses par rapport à son passé.
Philip Lombard
Lombard est un militaire soupçonné de s’être emparé des vivres de ses vingt-et-un hommes appartenant à une tribu d'Afrique orientale, perdus dans la jungle et de les avoir laissés mourir de faim en les abandonnant à leur sort. Il a les traits d'un animal sauvage, en a la force et l'instinct de survie. C'est un homme perspicace et il aime utiliser la manière forte.
John Gordon Macarthur
Macarthur est un ancien général qui a combattu pendant la Grande Guerre. C’est un homme âgé, soupçonné d’avoir envoyé en reconnaissance Arthur Richmond, l’amant de sa femme, afin que celui-ci se fasse tuer par l’ennemi. Il a senti qu'après l'incident, sa femme s'est doutée de son plan, et lui en a voulu en silence jusqu'à sa mort. Macarthur en a développé une certaine amertume.
Anthony James Marston
Anthony Marston est un jeune homme charismatique qui aurait la beauté d'un dieu. C'est un dandy, mais également un chauffard. On lui a retiré son permis de conduire par deux fois, une fois notamment après qu'il eut mortellement renversé deux enfants, John et Lucy Combes, qui traversaient la rue.
Lawrence John Wargrave
Wargrave est en apparence un juge calme, réfléchi et honnête à qui l’on peut faire confiance. Secrètement, il semble trouver les femmes sottes et dénuées d'intérêt, et a toujours l'air d'être en train de réfléchir ou de manigancer on ne sait quoi. Par le passé, le magistrat a conduit à la potence Edward Seton, un homme accusé d’avoir assassiné une vieille femme. Celui-ci avait fait très bonne impression au jury et seul le juge l’estimait coupable, tandis que tous les autres le croyaient innocent. Condamné à mort à la suite de manœuvres frauduleuses du juge, Seton fut exécuté après avoir vainement tenté un recours. Wargrave fut par la suite soupçonné d'avoir condamné Seton pour des différends personnels. Il est le coupable de tous les meurtres.
Ethel Rogers
Mme Rogers est domestique, engagée depuis peu avec son mari par une certaine Mme A. N. O'Nyme (en français) ou Mrs U. N. Owen (en anglais) afin de servir dans une villa construite sur l'île du Nègre, où se déroule l'histoire. Mme Rogers est une femme très nerveuse et angoissée, se sentant apparemment coupable d'avoir laissé mourir son ancienne employeuse, Jennifer Brady, sous la pression de son mari.
Thomas Rogers
Également domestique, efficace et discret, Mr Rogers officie en compagnie de sa femme Ethel sur l’île du Nègre. Comme elle, il est accusé de négligence : ils ont laissé mourir madame Brady, la vieille dame chez qui ils étaient précédemment employés, car ils voulaient hériter de sa fortune.

La chanson[modifier | modifier le code]

Agatha Christie se basa, pour écrire son roman, sur Ten Little Niggers, une chanson écrite en 1869 par Frank Green, adaptation anglaise d'une autre chanson américaine écrite en 1868 par Septimus Winner, Ten Little Indians (en). Elle modifia simplement le dernier vers de la chanson pour les besoins de l'intrigue criminelle de son roman, tout en revenant aux paroles originales pour la version théâtrale.

Agatha Christie devait utiliser par la suite à plusieurs reprises les contraintes liées aux comptines dans ses romans : dès l'année suivante, dans le roman Un, deux, trois..., de manière assez libre et parfois humoristique, puis en 1942 dans le roman Cinq petits cochons, et dans quelques autres œuvres ultérieures.

Versions françaises[modifier | modifier le code]

Une version française Autre version française

Dix petits nègres s'en allèrent dîner.
L'un d'eux étouffa
et il n'en resta plus que Neuf.

Neuf petits nègres veillèrent très tard.
L'un d'eux oublia de se réveiller
et il n'en resta plus que Huit.

Huit petits nègres voyagèrent dans le Devon.
L'un d'eux voulut y demeurer
et il n'en resta plus que Sept.

Sept petits nègres coupèrent du bois avec une hachette.
L'un d'eux se coupa en deux
et il n'en resta plus que Six.

Six petits nègres jouèrent avec une ruche.
Une abeille a piqué l'un d'eux
et il n'en resta plus que Cinq.

Cinq petits nègres étudièrent le droit.
L'un d'eux devint avocat
il n'en resta plus que Quatre.

Quatre petits nègres s'en allèrent en mer.
Un hareng saur avala l'un d'eux
et il n'en resta plus que Trois.

Trois petits nègres se promenèrent au zoo.
Un gros ours en étouffa un
et il n'en resta plus que Deux.

Deux petits nègres s'assirent au soleil.
L'un d'eux fut grillé
et il n'en resta donc plus qu'Un.

Un petit nègre se trouva tout seul.
Il alla se pendre
et il n'en resta plus Aucun.

Dix petits nègres s'en furent dîner,
L'un d'eux but à s'en étouffer,
N'en resta plus que neuf.

Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
L'un d'eux à jamais s'endormit
N'en resta plus que huit.

Huit petits nègres dans le Devon étaient allés,
L'un d'eux voulut y demeurer
N'en resta plus que sept.

Sept petits nègres fendirent du petit bois,
En deux l'un se coupa ma foi
N'en resta plus que six.

Six petits nègres rêvassaient au rucher,
Une abeille l'un d'eux a piqué
N'en resta plus que cinq.

Cinq petits nègres étaient avocats à la cour,
L'un d'eux finit en haute cour
N'en resta plus que quatre.

Quatre petits nègres se baignèrent au matin,
Poisson d'avril goba l'un
N'en resta plus que trois.

Trois petits nègres s'en allèrent au zoo,
Un ours de l'un fit la peau
N'en resta plus que deux.

Deux petits nègres se dorèrent au soleil,
L'un d'eux devint vermeil
N'en resta plus qu'un.

Un petit nègre se retrouva tout esseulé
Se pendre il s'en est allé
N'en resta plus... du tout.

Versions anglaises[modifier | modifier le code]

Ten Little Niggers
(Frank Green)[2]
Ten Little Indians
(Septimus Winner)[3]
Ten little nigger boys went out to dine

One choked his little self, and then there were nine.

Nine little nigger boys sat up very late
One overslept himself, and then there were eight.

Eight little nigger boys traveling in Devon
One said he'd stay there, and then there were seven.

Seven little nigger boys chopping up sticks
One chopped himself in half, and then there were six.

Six little nigger boys playing with a hive
A bumble-bee stung one, and then there were five.

Five little nigger boys going in for law
One got in chancery, and then there were four.

Four little nigger boys going out to sea
A red herring swallowed one, and then there were three.

Three little nigger boys walking in the zoo
A big bear hugged one, and then there were two.

Two little nigger boys sitting in the sun
One got frizzled up, and then there was one.

One little nigger boys living all alone
He went and hanged himself and then there were none.

Ten little Injuns standin' in a line,

One toddled home and then there were nine;
Nine little Injuns swingin' on a gate,
One tumbled off and then there were eight.

Refrain :
One little, two little, three little, four little, five little Injuns boys,
Six little, seven little, eight little, nine little, ten little Injuns boys.

Eight little Injuns gayest under heav'n,
One went to sleep and then there were seven;
Seven little Injuns cutting up their tricks,
One broke his neck and then there were six.

Six little Injuns kickin' all alive,
One kick'd the bucket and then there were five;
Five little Injuns on a cellar door,
One tumbled in and then there were four.

Four little Injuns up on a spree,
One he got fuddled and then there were three;
Three little Injuns out in a canoe,
One tumbled overboard and then there were two.

Two little Injuns foolin' with a gun,
One shot t'other and then there was one;
One little Injuns livin' all alone,
He got married and then there were none.

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

De nombreux autres films se sont plus ou moins inspirés du scénario du roman sans pour autant en être des adaptations :

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ed Grabianowski, « The 21 Best-selling Books of All Time », sur howstuffworks.com (consulté le 24 septembre 2014)
  2. a et b Ten Little Niggers, chanson écrite en 1869 par Frank Green, sur une musique de Mark Mason, pour le chanteur G.W. « Pony » Moore. Agatha Christie, pour les besoins de son roman, transforma l'histoire du dernier petit nègre « One little nigger boy left all alone / He went out and hanged himself and then there were none ».
  3. a et b Ten Little Indians, chanson de Septimus Winner, parolier américain résidant à Philadelphie, publiée en juillet 1868 à Londres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]