Dix-Sept Provinces

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Dix-Sept Provinces
Zeventien Provinciën

Diecisiete Provincias
Siebzehn Provinzen

XVIe siècle1581

Drapeau
alt=Description de l'image Spanish Netherlands.svg.
Histoire et événements
1386 Le Philippe le Hardi institue un conseil de Flandres et d'Artois avec siège à Lille.
1549 Pragmatique Sanction, la Flandre intègre les Dix-Sept Provinces.
26 juillet 1581 Acte de La Haye

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Dix-Sept Provinces sont, au XVIe siècle, les territoires regroupés par les ducs de Bourgogne et l'empereur Charles Quint, qui en fit un État. Cette appellation se répandit après que Charles Quint eut adjoint aux Pays-Bas bourguignons le duché de Gueldre, le comté de Zutphen et les seigneuries d'Utrecht, d'Overijssel et de Groningue[1]. Ce territoire était également appelé à l'époque les Pays-Bas, Nederland, Belgia, the Netherlands[2]. La plupart de ces provinces étaient des fiefs du Saint-Empire romain ; les comtés de Flandre et d'Artois étaient à l'origine des fiefs français qui furent cédés au traité de Cambrai en 1529. En 1512, les provinces constituaient la majeure partie du Cercle de Bourgogne.

La Pragmatique Sanction en 1549 fixa que les provinces devaient demeurer unies sous une même couronne. Par conséquent, Charles Quint créa le titre de Seigneur des Pays-Bas ; seuls lui-même et son fils Philippe II d'Espagne le portèrent. L'appellation Dix-Sept Provinces disparut après la séparation des provinces du Nord de celles du Sud. Le territoire des Dix-Sept Provinces relève aujourd'hui des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, du Nord-Pas-de-Calais en France et de quelques territoires à l'ouest de l'Allemagne.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Dix-sept était le nombre de représentants dans les États généraux des Pays-Bas à Bruxelles. Ce nombre a toujours été approximatif : les États généraux n'ont jamais indiqué quels étaient précisément les dix-sept États. Les ducs n'ont pas non plus indiqué d'une façon constante quels étaient les dix-sept titres qu'ils avaient réunis dans une union personnelle. Une seigneurie pouvait parfois être considérée comme dépendante d'une autre.

Liste des territoires[modifier | modifier le code]

Il est assez malaisé d'établir avec précision quelles étaient les dix-sept provinces pour diverses raisons[3]. D'abord, l'étendue et les limites de cet ensemble de territoires n'ont pas cessé de fluctuer aux XVe et XVIe siècles. En plus, lors de la convocation des délégations provinciales pour les États généraux, on faisait passer les délégués suivant un ordre de préséance féodal, ce qui compliquait souvent l'organisation des sessions en raison des intrications et enclavements des différentes seigneuries les unes dans les autres. Lodovico Guicciardini cite en 1581 dans Descrittione di tutti i Paesi Bassi :

  1. Le duché de Brabant et de Lothier (ce qui comprenait les comtés de Louvain et de Bruxelles, les abbayes de Nivelles et de Gembloux) ;
  2. Le duché de Limbourg (qui comprenait les comtés de Dalhem et comté de Fauquemont et la seigneurie de Herzogenrath) ;
  3. Le duché de Luxembourg ;
  4. La duché de Gueldre ;
  5. La comté de Flandre (qui comprenait la Flandre française, soit les châtellenies de Lille, Douai, Orchies, ainsi que nominalement la ville et pays de Tournai) ;
  6. Le comté d'Artois ;
  7. Le comté de Hainaut ;
  8. La comté de Hollande ;
  9. La comté de Zélande ;
  10. Le comté de Namur ;
  11. Le comté de Zutphen ;
  12. Le marquisat du Saint-Empire (ou marquisat d'Anvers) ;
  13. La seigneurie de Frise ;
  14. La seigneurie de Malines ;
  15. La ville et pays d'Utrecht ;
  16. L'Overijssel ;
  17. La ville et pays de Groningue.

En 1588, le même Guichardin fait remarquer dans une réédition de son ouvrage que le marquisat du Saint-Empire fait partie du Brabant et que Zutphen fait partie de la Gueldre et qu'il faudrait plutôt compter à leur place Tournai, Valenciennes et encore d'autres principautés. Cependant, il considère sa liste initiale comme correcte, car correspondant à l'usage commun. En effet, cette liste est la plus fréquente. Elle correspond globalement à l'énoncé des titres flamands du souverain dans les actes de chancellerie. On la retrouve notamment dans le Leo Belgicus de 1583. Il en existe cependant d'autres, souvent sans Anvers et Zutphen et avec Lille, Tournai ou Valenciennes[4].

On peut encore ajouter à ces listes d'autres territoires comme la Drenthe, le comté de Lingen, Wedde et Westerwolde.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Carte des Pays-Bas bourguignons en 1477 (en niveau d'orange)

La carte ci-contre reprend une autre variante des 17 provinces communément admises (cf. n˚ entre parenthèses ci-dessous).

Les ducs de Bourgogne acquirent :

La Picardie est perdue au profit de la France en 1477.

Charles Quint ajouta :

Plus tard, les seigneuries de Tournai et le Tournésis sont souvent nommées comme une (ou deux) des Provinces. Le marquisat d'Anvers par contre appartenait au Brabant et n'est plus considéré comme une Province. Zutphen devient une partie de la Gueldre. Le duché de Limbourg était à la charge sur le duché de Brabant. Les villes « gallicantes » de Flandre, Lille, Orchies et Douai, se comportent de plus en plus comme une Province à part entière.

Les principautés relevant du Cercle du Bas-Rhin-Westphalie, Liège et Stavelot-Malmedy (en vert sur la carte), ne seront unies aux Pays-Bas qu'en 1795, après la Révolution française (Premier Empire français puis Royaume des Pays-Bas).

Scission[modifier | modifier le code]

Les Dix-sept Provinces en 1559-1608 (sécession des 7 provinces nordiques).

Les 17 provinces furent divisées par la trêve d'Anvers (1609) et formèrent deux masses :

  • Les sept provinces du nord prirent leur indépendante sous le nom de Provinces-Unies : Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldre, Overijssel, Frise, Groningue (avec Drenthe).
  • Les dix provinces du sud sont parfois appelées Pays-Bas du sud et formèrent à partir de 1713 les Pays-Bas autrichiens, jusqu'à l'occupation française en 1795  : Flandre (avec Tournai et le Tournésis), Artois, Malines, Anvers, Hainaut, Namur, Brabant, Limbourg, Luxembourg, auxquels est joint Cambrai

Les Provinces-Unies occupèrent une partie du Limbourg, du Brabant, et de la Flandre pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans, jusqu'au traité de Westphalie en 1648.

L'Artois et une partie de la Flandre et du Hainaut furent cédées à la France au cours des XVIIe et XVIIIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 77.
  2. Jean Stengers, op. cit., p. 77.
  3. A. Van der Essen, "Quelles étaient les «Dix-sept provinces» des Pays-Bas ?", dans Deux mille ans d'histoire p. 143-152, Bruxelles, 1947
  4. Jean Stengers, op. cit., p. 78.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Dix-Sept Provinces » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)