Sigmoïdite
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La sigmoïdite est une infection d'un ou de plusieurs diverticules du segment sigmoïde du côlon. Les diverticules sont de petites hernies de la muqueuse intestinale au travers de la paroi musculaire du côlon, le plus souvent localisés sur le sigmoïde, dans lesquelles la stagnation des matières fécales peut favoriser l'infection, selon un mécanisme analogue à celui de l'appendicite. Ces diverticules apparaissent avec l'âge et sont présents en plus ou moins grand nombre chez environ 40 % des personnes de plus de soixante ans.
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[modifier] Clinique
Elle consiste en un état fébrile, accompagné de douleurs abdominales en fosse iliaque gauche ("pseudo appendicite gauche"). La température est modérée (38°C) en cas de diverticulite "simple" ou plus élevée (supérieure à 39°C) en cas de complication. Chez les patients asiatiques, la douleur se localise fréquemment en fosse iliaque droite (car atteinte du colon droit préférentielle). On retrouve parfois d'autres signes digestifs non spécifiques tels que des nausées et vomissement, un iléus réflexe ou des signes urinaires d'irritation (pollakiurie ou dysurie).
[modifier] Complications
- Récidive
- Abcès péri-divertculaire
- Perforation et péritonite
- Fistules
- Sténose
- Hémorragie digestive
[modifier] Diagnostic
Une radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) et une échographie peuvent orienter le diagnostic, mais le meilleur examen est le scanner abdomino-pelvien, injecté avec opacification par voie basse. Le scanner doit être réalisé en première intention, il retrouve classiquement : une diverticulose (présence de diverticules, un épaississement pariétal, une infiltration de la graisse péri-diverticulaire ainsi qu'un rehaussement de la paroi du diverticule lors de l'injection de produit de contraste.
[modifier] Traitement
L'hospitalisation est aujourd'hui quasi systématique, généralement en unité de chirurgie digestive.
[modifier] Médical
- Régime sans résidu, bonne hydratation, si besoin : perfusion de sérum salé.
- Antibiothérapie probabiliste active sur les anaérobies et les entérobactéries, initialement en intra-veineuse, avec un relais per-os après deux jours d'apyrexie. Il est recommandé[1] l'association d'une C3G (céfotaxime 3 à 6 g/j en 3 injections IV ou ceftiaxone 2 g/j en 1 injection IV) et de métronidazole (500 mg 3/j), plus parfois un aminoside (1 à 3 jours). En cas d'allergies aux beta-lactamines, une fluoroquinolone (ciprofloxacine ou ofloxacine) peut être une alternative à la C3G.
- Antalgiques : paracétamol 1g 3 ou 4 fois par jour, les AINS sont contre-indiqués, antispasmodiques
[modifier] Chirurgical
- But : prévenir les récidives
- Indication : dès la première poussée si complication, immunodépression, âge jeune. Sinon, à partir de la deuxième ou troisième récidive.
- Technique : Par laparotomie ou cœlioscopie, sigmoïdectomie emportant la charnière recto-sigmoïdienne puis anastomose colo-rectale.
[modifier] Références
- E.PILLY, 23e édition, collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, p214.