Région militaire

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De nombreux pays, dont la France, sont divisés en régions militaires dont la carte a varié selon les époques.

En France[modifier | modifier le code]

Carte de l'organisation militaire française en 1907, avec les limites des 19 régions militaires de l'époque.

Révolution Française[modifier | modifier le code]

La création des départements rend nécessaire une nouvelle organisation du commandement territorial militaire. C'est ainsi que le 25 février 1791, tous les anciens gouvernements militaires furent supprimés et remplacés par 23 divisions militaires, composées chacune de départements entiers.
Chaque division militaire était sous les ordres d'un lieutenant-général assisté de 2 ou 4 maréchaux de camp. Les chefs-lieux de ces divisions militaires étaient  : 1er Lille ; 2e Châlons ; 3e Metz ; 4e Nancy ; 5e Strasbourg ; 6e Besançon ; 7e Grenoble ; 8e Marseille ; 9e Montpellier ; 10e Toulouse ; 11e Bordeaux ; 12e Nantes ; 13e Rennes ; 14e Caen ; 15e Rouen ; 16e Arras ; 17e Paris ; 18e Dijon ; 19e Lyon ; 20e Angoulême ; 21e Bourges ; 22e Tours ; 23e Ajaccio[1]. En raison des craintes de guerre, trois grands commandements militaires furent créés sur les frontières : les 14e Caen et 15e Rouen passèrent sous le commandement du maréchal de Mailly ; les 1re Lille et 16e Arras furent commandés par le maréchal de Rochambeau et les 2e Châlons, 3e Metz et 4e Nancy sous le maréchal de Bouillé.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Sous la Troisième République, plusieurs départements constituaient une région militaire qui devait mettre sur pied un corps d'armée.

La loi du 24 juillet 1873 relative à l'organisation générale de l'armée, appliquée en vertu du décret du 6 août 1874, crée 18 régions militaires métropolitaines : 1er (Lille) ; 2e (Amiens) ; 3e (Rouen) ; 4e (Le Mans) ; 5e (Orléans) ; 6e (Châlons-sur-Marne puis Metz à partir de 1919) ; 7e (Besançon) ; 8e (Bourges) ; 9e (Tours) ; 10e (Rennes) ; 11e (Nantes) ; 12e (Limoges) ; 13e (Clermont-Ferrand) ; 14e (Lyon) ; 15e (Marseille) ; 16e (Montpellier) ; 17e (Toulouse) ; 18e (Bordeaux).

Le décret du 28 septembre 1873 porte création d'un 19e corps d'armée en Algérie. La loi du 5 décembre 1897 porte création d'une nouvelle région de corps d'armée, la 20e (Nancy), appliquée par le décret du 8 février 1898. La loi du 22 décembre 1913 porte création d'une nouvelle région de corps d'armée, la 21e (Épinal). Avec la reconquête de l'Alsace-Lorraine, l'espace militaire métropolitain est réorganisé par le décret du 20 octobre 1919 : celle-ci est rattachée aux 6e, 7e, 20e et 21e régions militaires. La région militaire de Paris (RMP) est créée vers 1923. En 1934, les 10e et 12e régions militaires sont dissoutes, et ne réapparaissent qu'en mai 1939, à d'autres endroits : 10e (Strasbourg) et 12e (Reims) régions militaires.

Puis avec l'évolution de l'organisation administrative, la France a été divisée en circonscriptions administratives régionales (vers 1963) (région administrative dépendant d'un préfet de région. L'organisation militaire a alors épousé l'organisation administrative et à chaque CAR a correspondu une division militaire territoriale (DMT). Sur le plan défense, ces divisions militaires territoriales ont été regroupées en régions militaires. Leur nombre a varié selon les périodes.

En Chine[modifier | modifier le code]

Groupes d'armées et missions primaires par régions militaires chinoises selon un rapport américain de 2006.

La région militaire (ou théâtre d'opération) est une organisation militaire créée selon la division administrative du pays, la position géographique, l'orientation stratégique et tactique et les missions opérationnelles. Déléguée par la Commission militaire centrale, elle se charge du commandement des manœuvres combinées de son théâtre d'opération, dirige le travail militaire et politique, la logistique et l'équipement de ses troupes, et est composée du quartier général, du département politique, du département des services logistiques combinés et du département de l'équipement. La région militaire a pour fonctions d'établir les programmes et les plans sur les préparatifs de guerre, les opérations et les forces de réserve de son théâtre d'opération, d'organiser et de commander les manœuvres combinées des différentes armées et armes du théâtre d'opération et enfin, d'assurer la logistique combinée des troupes.

Chacune des sept régions militaires de la République populaire de Chine, Shenyang, Beijing, Lanzhou, Jinan, Nanjing, Guangzhou et Chengdu, dirige directement les troupes des différentes armes de l'armée populaire de libération, les unités logistique et les régions militaires provinciales (ou zones de garnison)[2] placées sous son autorité[3].

Allemagne[modifier | modifier le code]

Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wehrkreis.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie a utilisé le système des régions militaires (en allemand : Wehrkreis) pour soulager les commandants sur le terrain du travail administratif dans la mesure du possible et de fournir un flux régulier de recrues qualifiées ainsi que des fournitures à l'armée de campagne. La méthode qu'ils ont adoptée a consisté à séparer de Commandement de l'armée (Oberbefehlshaber des Heeres) de la région militaire (Heimatkriegsgebiet) et de leur confier les responsabilités de la formation, la conscription, la fourniture et l'équipement des soldats et armées.

Le commandant d'un corps d'infanterie (avec son numéro de corps identique au numéro du Wehrkreis) commande la région militaire en temps de paix, mais passe à son second le commandement du Wehrkreis au déclenchement du conflit.

En temps de paix, le Wehrkreis est la base d'attache pour le Corps d'infanterie du même numéro et de toutes les unités subordonnées à cette unité.

République fédérale d'Allemagne[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, des forces armées allemandes (Bundeswehr) ont quatre régions militaires (Wehrbereichskommando ou WBK) comme faisant partie de la Streitkräftebasis (soit commandement de soutien interarmées). Leurs quartiers généraux se trouvent à :

Kiel : WBK I ;
Mayence : WBK II ;
Erfurt : WBK III ;
Munich : WBK IV.

Russie[modifier | modifier le code]

En Russie, une région militaire s'appelle en russe, военный округ, voienni okrug.

Empire de Russie[modifier | modifier le code]

Le territoire de l'Empire russe est subdivisé en treize régions militaires, chacun correspondant à plusieurs gouvernorats civils[4]. Les grandes unités stationnées sur le territoire d'une région militaire sont structurées en plusieurs grandes unités (corps d'armée, divisions et brigades) et sont sous les ordres du commandant de cette région. En cas de mobilisation, les état-majors des différentes armées sont créés à partir de ceux des régions.

Carte des régions militaires à partir de la réforme de 1913.
Organisation territoriale de l'armée russe en 1914
Région militaire Siège de la région Grandes unités Subdivisions civiles
Région militaire de Pétersbourg Saint-Pétersbourg Garde, 1er, 18e et 22e corps de Saint-Pétersbourg, d'Olonets, d'Arkhangelsk, de Novgorod, de Pskov, d'Estonie et une partie de celui de Livonie
Région militaire de Vilno Vilnius 2e, 3e, 4e et 20e corps de Vilno, de Grodno, de Kovno, de Courlande, de Vitebsk, de Moguilev, de Minsk, de Suwałki et une partie de celui de Livonie
Région militaire de Varsovie Varsovie 6e, 14e, 15e, 19e et 23e corps Pologne
Région militaire de Kiev Kiev 9e, 10e, 11e, 12e et 21e corps de Kiev, de Podolie, de Volhynie, de Tchernigov, de Poltava, de Kharkov et de Koursk
Région militaire d'Odessa Odessa 7e et 8e corps de Bessarabie, de Kherson, de Iekaterinoslav et de Tauride
Région militaire de Moscou Moscou Grenadiers, 5e, 13e, 17e et 25e corps de Moscou, de Smolensk, de Tver, de Yaroslavl, de Kostroma, de Vologda, de Vladimir, de Nijni Novgorod, de Kalouga, de Toula, de Riazan, d'Orel, de Tambov et de Voronej
Région militaire de Kazan Kazan 16e et 24e corps de Kazan, de Vyatka, de Perm, d'Oufa, de Simbirsk, de Samara, de Penza, de Saratov et d'Astrakhan
Région militaire du Caucase Tiflis 1er, 2e et 3e corps caucasiens de Stavropol et Transcaucasie
Région militaire du Turkestan Tachkent 1er et 2e corps du Turkestan de Syr-daria, de Samarcande et de Ferghana
Région militaire d'Omsk Omsk 11e division de fusiliers sibériens de Tobolsk, de Tomsk, d'Akmolinsk, de Semipalatinsk et de Semiretchye
Région militaire d'Irkoutsk Irkoutsk 2e et 3e corps sibériens d'Irkoutsk, de Krasnoïarsk et de Iakoutsk
Région militaire de l'Amour Khabarovsk 1er, 4e et 5e corps sibériens de la Transbaïkalie, de l'Amour, la côte du Pacifique et de Sakhaline
Région militaire du Caucase (en) Gouvernements de Stavropol, de Tiflis, de Koutaissi, d'Elisavetpol, de Bakou, d'Erevan et de la Mer Noire, ainsi que les oblasts du Kouban, du Terek, Daguestan, de Kars et celui de Batoumi

Fédération de Russie[modifier | modifier le code]

Les quatre régions militaires russes depuis le 20 octobre 2010 :
  •      Région militaire Ouest

  •      Commandement stratégique opérationnel Sud

  •      Région militaire Centre

  •      Région militaire Est

Depuis le 20 octobre 2010, il y a quatre régions militaires en Russie chacun sous un commandement stratégique opérationnel regroupant les unités des forces armées de la Fédération de Russie stationnant dans le dit-disctrict.

Auparavant, il y avait six régions militaires :

Les six régions avant la réorganisation.
– la région militaire de Moscou (Московский, Moskovsky) ;
– la région militaire de Léningrad (Ленинградский, Leningradsky) ;
– la région militaire du Nord-Caucase (Северо-Кавказский, Severo-Kavkazsky) ;
– la région militaire Volga-Oural (Приволжско-Уральский, Privolzhsko-Uralsky) ;
– la région militaire de Sibérie (Сибирский, Sibirsky) ;
– la région militaire d’Extrême-Orient (Дальневосточный, Dalnevostochny).

Dans cette liste, Kaliningrad et l'oblast de Kaliningrad forment une région spéciale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'infanterie en France par Belhomme
  2. « La défense nationale de la Chine en 2006, p. 2 », sur Beijing Information,‎ 21 juin 2007 (consulté le 21 mars 2013)
  3. « La défense nationale de la Chine en 2008, p. 16 », sur Beijing Information,‎ 16 février 2009 (consulté le 21 mars 2013)
  4. (en) « The russian army, 1914 », sur http://marksrussianmilitaryhistory.info/.

Liens externes[modifier | modifier le code]