Dissertation de philosophie

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La dissertation de philosophie est un exercice scolaire et universitaire surtout répandu en France. Alors que la dissertation est un mode d'évaluation partagé par de nombreuses disciplines telle l'histoire ou le français, la dissertation de philosophie dispose d'une renommée en elle-même, forgée tant bien par son rôle d'épreuve clé dans les études, que par les sujets qu'elle mène à aborder. En France la dissertation de philosophie est le mode privilégié d'évaluation des élèves, elle est souvent considérée plus « noble » que l'analyse de texte, autre exercice prédominant dans le pays.

Description[modifier | modifier le code]

Article connexe : Dissertation.

Le candidat doit rédiger une dissertation répondant à un sujet, qui pose une question ou porte sur une ou des notions auxquelles plusieurs réponses peuvent être apportées. L'élève doit se baser sur ses connaissances philosophiques (concepts, auteurs, œuvres, distinctions conceptuelles, etc.), mais doit aussi accomplir un travail de réflexion propre au sujet donné. La réponse doit être l'expression d'un jugement éclairé constituant une prise de position par rapport au sujet donné et doit répondre au problème de façon claire et argumentée avec des exemples.

Méthodologie[modifier | modifier le code]

Analyse du sujet[modifier | modifier le code]

Il faut définir les notions clés, et cerner la ou les questions posées (exemple : "Peut-on..." peut signifier "Est-il possible", "Est-il légitime" ou les deux simultanément) afin de problématiser le sujet. C'est un travail de clarification conceptuelle.

Travail de recherche[modifier | modifier le code]

Il faut mobiliser la culture générale pour trouver des éléments se rapportant au sujet. Il faut ensuite rechercher des références philosophiques soutenant certains de ses arguments, sous la forme d'une citation ou de paraphrase. La citation doit être commentée et expliquée.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'ensemble des réponses envisageables à la question doit être abordé. Un plan fréquent est le soutien d'une des réponses dans une première partie, la critique de cette réponse dans une seconde partie, l'apport d'une autre réponse pour faire face à ces critiques dans une troisième partie, sa critique, et ainsi de suite jusqu'à l'obtention de la réponse la plus forte.

Les références trouvées et les définitions construites viennent s'intégrer dans le plan.

Rédaction[modifier | modifier le code]

Elle se fait directement au propre, à l'exception de l'introduction et de la conclusion où un brouillon est préférable. Le plan doit être apparent mais ne doit pas être reproduit avec des titres etc.

Introduction[modifier | modifier le code]

Elle doit comporter :

  1. Un préambule, une accroche, une entrée en matière (éventuellement une citation) qui amène directement le sujet et interpelle le lecteur (pas de généralités creuses ou de formules passe-partout).
  2. Le libellé du sujet (recopié tel quel, sans guillemets).
  3. La définition des termes du sujet
  4. La transformation en problème qui doit être parfaitement équivalente avec le sujet, qui doit donner un aperçu des réponses possibles avec une question qui prolonge le problème.
  5. Annonce du plan.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Elle doit comporter :

  1. Un résumé clair des étapes du raisonnement.
  2. Une formulation précise et brève de la réponse apportée à la question
  3. Éventuellement, une ou deux implications directes de cette réponse (pas d'ouverture passant à un autre sujet ou détruisant la valeur de la réponse apportée, pas de question, éventuellement un exemple).

Commentaire[modifier | modifier le code]

Claude Lévi-Strauss (agrégé de philosophie) a décrit la dissertation de philosophie comme des « exercices verbaux, fondés sur un art du calembour qui prend la place de la réflexion » et une « gymnastique dont les dangers sont pourtant manifestes »[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, chapitre VI.