Discours sur la première décade de Tite-Live

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Les Discours sur la première décade de Tite-Live , en italien Discorsi sopra la prima deca di Tito Livio sont une œuvre de philosophie et d'histoire politique de Nicolas Machiavel, rédigée au début du XVIe siècle. Ils constituent une réflexion sur la république.

Contenu de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Les Discours sur la première décade de Tite-Live sont divisés en trois livres. Le premier livre concerne la politique intérieure. Machiavel y montre son admiration pour la Rome antique : « Quand je considère, d'une part, la vénération qu'inspire l'antiquité, et, laissant de côté une foule d'autres exemples, combien souvent on a acheté au poids de l'or un fragment d'une statue antique pour l'avoir sans cesse sous les yeux, pour en faire l'honneur de sa maison ». Il désigne la Rome antique comme un modèle de gouvernement et compare aussi différents modèles qui servent encore de nos jours, tels que la médecine. Il constate que la Rome antique ne sert pas de modèle politique et c'est la raison pour laquelle il a écrit ces livres : « Résolu d'arracher les hommes à cette erreur, j'ai cru nécessaire d'écrire, sur chacun des livres de Tite-Live que l'injure du temps a épargnés, tout ce qu'en comparant les événements anciens et les modernes je jugerais propre à faciliter l'intelligence, afin que ceux qui liraient mes discours pussent retirer de ces livres l'utilité que l'on doit rechercher dans l'étude de l'histoire ». Par la suite, Machiavel propose une théorie sur l'évolution de la politique depuis l'antiquité, il cite trois types de gouvernement : les monarchiques, les aristocratiques et les populaires, mais aussi trois autres formes de gouvernement mais mauvais (despotiques, oligarchiques, et « la démocratie [qui] rompt avec la licence »).

Par la suite, Machiavel se pose la question : sur quelle république faut-il se reposer ? Sur une république gouvernée par des nobles ou sur une république gouvernée par le peuple ? Il prend alors exemple sur les Romains : « Mais pour en venir aux raisons, et prenant d'abord les Romains pour exemple, je dirai que l'on doit toujours confier un dépôt à ceux qui sont le moins avides de se l'approprier. En effet, si l'on considère le but des grands et du peuple, on verra dans les premiers la soif de la domination, dans le dernier, le seul désir de n'être point abaissé, et par conséquent une volonté ferme de vivre libre ; car il peut, bien moins que les grands, espérer d'usurper le pouvoir ». Mais Machiavel montre aussi l'avis de Sparte et Venise, qui affirment que mettre un noble au pouvoir amène plus de bonnes choses : il peut assouvir l'ambition de la république et rassurer les plus craintifs. Machiavel expose aussi les différentes querelles entre le Sénat et le peuple. Il met en valeur le fait que le fondateur de la république doit être seul et s'appuie sur l'exemple de Romulus, qui assassina son frère pour prendre le pouvoir, ainsi que le raconte la légende de la création de Rome. Machiavel, tout comme dans Le Prince, explique aussi comment doivent être appliquées les sentences : un homme ayant fait divers actes louables sera puni par les mêmes sentences et ne sera pas exempté de rien ; ainsi la République perdure, garde sa puissance et ne s'affaiblit pas. Machiavel n'hésite pas non plus à critiquer ouvertement l'Église et les religions, et cite même le nom de pape tels que Jules II et Alexandre VI.

Machiavel critique tout de même Rome et ses dictateurs. Il explique la manière dont Rome s'est mis sous le joug des tyrans. Il parle aussi de l’application de nouvelles lois : il ne faut pas changer d'un seul coup mais appliquer de petites lois successives. Par ailleurs, Machiavel étudie le comportement humain, une sorte de sociologie de l'époque : il reprend les paroles de Tite-Live : « Le peuple, ou la noblesse, se dit-il, témoignait d'autant plus d'orgueil que son adversaire montrait plus de modération. Le peuple jouissait-il tranquillement de ses droits, la jeune noblesse commençait à l'insulter » ; il continue en parlant des princes en comparant la république et les principautés. Dans le livre III, Machiavel parle du peuple romain et explique que sa grandeur est due à sa liberté, qu'il a voulu garder et conserver. Par la suite, il remet en question le mythe de la création : « on a voulu, je crois, répondre aux philosophes qui prétendent que le monde existe de toute éternité, que si une antiquité aussi reculée était réelle, il faudrait que la mémoire des événements remontât au-delà de cinq mille ans ». Il développe par la suite le sujet de l'armée, tout comme dans Le Prince, et le conclut par un éloge de l'infanterie, en disant que c'est la meilleure armée qui soit.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des Œuvres, éditions Robert Laffont, Poitiers, 1994

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