Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

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Discours sur l'origine et
les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Image illustrative de l'article Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

Auteur Jean-Jacques Rousseau
Genre Philosophie politique, essai
Pays d'origine Flag of Canton of Geneva.svg République de Genève
Éditeur Marc-Michel Rey[1]
Date de parution 1755

Le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes est un essai du philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau publié en 1755. Avec le Contrat Social, il s'agit d'un des ouvrages centraux de la pensée politique de l'auteur. Rousseau y expose sa conception de l'état de nature, de la perfectibilité humaine et y présente la propriété privée comme source de toutes les inégalités.

Le titre de l'œuvre se trouve parfois abrégé en De l'inégalité parmi les hommes ou Discours sur l'origine de l'inégalité dans certaines éditions.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cet essai philosophique fut commencé en 1752 et publié en 1755, en réponse à un sujet de l'Académie de Dijon intitulé : « Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? »

Sa participation au concours est dans la continuité du Discours sur les sciences et les arts pour lequel il avait déjà été primé en 1750 par cette même académie, mais cette fois-ci, il fut autrement critiqué… Notamment par Voltaire dans une lettre datée du , et dans laquelle il écrit : « J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain […] On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes, il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. » C'était précisément ne pas comprendre l'entreprise de Rousseau, et le statut nouveau qu'une telle entreprise fait porter à la fiction théorique d'un « état de nature », dont la vocation est de permettre la critique sociale en séparant la question de l'origine (en fait) de l'inégalité de celle de son fondement ou plus précisément de son absence de fondement (en droit), tout en ouvrant l'espace d'une distinction explorée plus tard dans le Contrat social entre réalité du pouvoir et autorité légitime.

Ce discours a valu à Rousseau une condamnation religieuse, puisque l'Église catholique lui reprochait de nier le péché originel, c'est-à-dire d'adhérer au pélagianisme.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes est un essai philosophique d'une centaine de pages environ, richement annoté par l'auteur.

Il est accompagné, dans beaucoup d'éditions récentes, d'un virulent échange entre Voltaire et Jean-Jacques Rousseau où le premier fustige la vision optimiste de la nature humaine du second, ainsi que sa vision de l'homme en société.

Le texte, enfin, est amené par la question de l'Académie de Dijon : « Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? », sur laquelle repose l'essai entier.

Introduction : le gouvernement idéal - Préface[modifier | modifier le code]

L'essai est introduit par une lettre de louanges à la République de Genève ainsi que par une préface de l'auteur datée du 12 juin 1754. Dans l'introduction, Rousseau exprime ses préférences sur la manière de gouverner et de produire des lois :

« Au contraire, j’aurais désiré que pour arrêter les projets intéressés et mal conçus, et les innovations dangereuses qui perdirent enfin les Athéniens, chacun n’eût pas le pouvoir de proposer de nouvelles lois à sa fantaisie ; que ce droit appartînt aux seuls magistrats ; qu’ils en usassent même avec tant de circonspection, que le peuple de son côté fût si réservé à donner son consentement à ces lois, et que la promulgation ne pût s’en faire qu’avec tant de solennité, qu’avant que la constitution fût ébranlée on eût le temps de se convaincre que c’est surtout la grande antiquité des lois qui les rend saintes et vénérables, que le peuple méprise bientôt celles qu’il voit changer tous les jours, et qu’en s’accoutumant à négliger les anciens usages sous prétexte de faire mieux, on introduit souvent de grands maux pour en corriger de moindres. »

Une critique politique[modifier | modifier le code]

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. »

Jean-Jacques Rousseau, comme plus tard dans Du contrat social que célébreront les futurs révolutionnaires, célèbre un état tel que ses dirigeants ne soient pas au-dessus des lois : il met donc en garde contre la corruption et l'altération des libertés, comme étant fondamentalement le penchant de tout système politique...

« Il serait aisé de prouver que tout gouvernement qui, sans se corrompre ni s'altérer, marcherait toujours exactement selon la fin de son institution, aurait été institué sans nécessité, et qu'un pays où personne n'éluderait les lois et n'abuserait de la magistrature, n'aurait besoin ni de magistrats ni de lois. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Introduction du Second discours, publié chez GF Flammarion, page 10, ISBN 978-2-0812-0680-9