Dirigeable fantôme

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Mystery airship 1897.jpg

Dirigeable fantôme (en anglais airship signifiant : « aéronef », « vaisseau volant ») était le terme utilisé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, principalement en Europe et en Amérique du Nord, dans les récits d'engins mystérieux tels que relatés dans la presse. Le modèle sociopsychologique du phénomène ovni établit un lien[1] les récits de science-fiction et l'existence de récits parlant de dirigeables fantômes.

Plusieurs récits d'observations de ces « vaisseaux volants » font état d'une forme ronde (comme les ballons) ou elliptique (comme les dirigeables).

Les récits d'observation[modifier | modifier le code]

Les récits d'observation de 1896-1897[modifier | modifier le code]

Les premiers récits d'observations de dirigeables fantômes datent de 1896-1897.

Selon le San Francisco Call du 17 novembre 1896, le ciel était couvert ce jour-là par des nuages denses et il était impossible de préciser la forme et la taille de l'aéronef qui survolait San Francisco. Les observateurs suivirent sa course par les lumières qu'il émit. Certains observateurs affirment avoir entendu des voix humaines provenant de l'aéronef[2], qui était à basse altitude[3]. Le lendemain, un objet semblable est observé dans le ciel d'Oak Park et de Sacramento. Selon le San Francisco Call, le 22 novembre 1896, un aéronef en forme de cigare a atterri près d'Oakland et l'engin est gardé par trois hommes[4],[5]. Le Dalles daily chronicle du 25 novembre 1896 rapporte que la veille à San Francisco des centaines de personnes étaient rassemblées à chaqua coin de rue en regardant le ciel et que la planète Jupiter (à moins que ce ne soit la lune) a été prise pour le mystérieux aéronef. Plus tôt dans la soirée, un ballon à air chaud se déplaçait dans les airs et les journaux ont été assaillis de coups de téléphone par des personnes pensant avoir aêrçu le mystérieux aéronef[6] D'autres observations ont lieu aux États-Unis, dans 19 États. Le 15 décembre, un dernier dirigeable est observé à San Francisco[réf. souhaitée].

Le journal Omaha Daily Bee parle de l'observation faite à Hastings, dans le Nebraska, le 1er février, où un aérostat flottant dans les airs à une hauteur de 500 pieds a été vu durant une demi-heure. Après cela l'aérostat a commencé à faire des cercles et se dirigea vers le nord. Selon les témoins, cela avait l'apparence d'une immense étoile et ils interprétèrent l'éclat des lampes comme provenant d'une puissante dynamo. L'aérostat revint à sa place de départ avant de sombrer dans l'oubli[7],[8]. D'après les témoins, on entendit des voix et des rires. Dès la fin du mois, les observations ont lieu principalement dans le centre des États-Unis. Le 28 mars, une grande partie des habitants d'Omaha, dans le Nebraska, observent une grosse lumière venue du Sud-Est, à basse altitude.[réf. souhaitée].

Les récits d'observation de 1909[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 1909 à Worcester (Mass.), un mystérieux aéronef a été aperçu volant à la vitesse de 30 à 40 miles par heure, utilisant une lumière d'approche[9] d'une extraordinaire puissance. Wallace Tillinghast a prétendu en être l'inventeur[10].

Les recits d'observations ont lieu entre 1903 et 1909, aux États-Unis et en Angleterre. Les observateurs décrivent des aéronefs en forme de cigare, munis de lumières, qu'ils comparent à un dirigeable. Winston Churchill a reconnu en 1912 qu'un mystérieux aéronef est passé au-dessus de Sheppey[11],[12].

Explications diverses[modifier | modifier le code]

Les explications proposées par les journaux de l'époque sont les Canulars, les confusions avec la lune ou les planètes ou les inventions de génies solitaires. Les auteurs d'ouvrages d'ufologie envisagèrent eux durant la 2eme moitié du XXeme siècle les visiteurs extraterrestres, .

Les inventeurs de génie[modifier | modifier le code]

Dans les journaux de l'époque[13] figurent des discussions sur les possibilités d'adapter des ailes, selon le schéma de Léonard de Vinci, aux dirigeables de l'époque

Selon le San Francisco Call des 26 et 29 novembre 1896, le général Hart aurait reçu la visite d'un homme se prétendant être le génial inventeur de ces "dirigeables fantômes[14]

Selon le Wilmar tribune, l'inventeur des mystérieux aéronefs serait un présumé dentiste, le Dr E.H.Benjamin. L'attorney Collins a déclaré que l'inventeur est venu dans son bureau et lui a raconté les performances de son vaisseau lors de la dernière nuit de tempête[15]

Dans le Morning Times du 12 avril 1896, le sénateur Cabot Lodge affirme qu'il offrira un prix au premier inventeur qui résoudra les secrets gouvernants les machines volantes. A cette période de nombreuses personnes se basant sur les travaux de Léonard de Vinci, prétendirent qu'il était possible de construire un engin volant avec des ailes imitant le vol des oiseaux[16]

Canulars et observations fantaisistes[modifier | modifier le code]

De nombreux affabulateurs prétendront être les inventeurs, ou les pilotes, de ces dirigeables fantômes. Les canulars et observations fantaisistes vont aussi se multiplier, tel ce paysan de l'Iowa prétendant qu'un dirigeable fantôme a tenté de l'enlever en l'accrochant à une ancre. De ce fait, le scepticisme s'installe et des doutes quant à la réalité des récits, ainsi que sur l'honnêteté ou la santé mentale des témoins sont exprimés, en particulier dans la presse.

Le 17 avril 1897, le journal local d'Aurora (Texas) annonça qu'un dirigeable fantôme s'était écrasé sur le moulin à vent du juge Proctor et qu'un cadavre d'extraterrestre avait été inhumé dans le cimetière de la ville. Des proches des instigateurs de ce canular donnèrent une interview au Time pour expliquer les raisons de cette blague, à savoir la volonté d'attirer l'attention sur la ville qui était en déclin, et menaçait de disparaître, à cause de l'abandon d'un projet de voie ferrée[17].

Article détaillé : Incident d'Aurora.

Les dirigeables à l'époque[modifier | modifier le code]

Henri Giffard construisit le premier aérostat en 1852 qui atteignit la vitesse de 10 km/h. Le vol historique se déroule le entre l'hippodrome de Paris et Trappes, soit environ 27 km, grâce à un dirigeable de 44 mètres de long en forme de cigare et équipé d'un moteur à vapeur développant 3 ch actionnant une hélice placée sous le ventre de l'engin [18],[19]. En 1897 l'Autrichien David Schwartz fit voler à Berlin le premier dirigeable métallique. Ce premier essai de dirigeable métallique se solda par un crash.

Article détaillé : Dirigeable.

Le modèle sociopsychologique[modifier | modifier le code]

Jules Verne publie du 29 juin au 18 août 1886 Robur le Conquérant, roman [20] qui met en scène un inventeur fou ayant créé un dirigeable fantôme. L'influence de la fiction sur les récits de type légende urbaine a été mis en évidence dans le Modèle sociopsychologique du phénomène ovni.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Science-fiction et soucoupes volantes, Bertrand Méheust, Mercure de France, 1979.
  2. Dans le texte : they claim that they distinctly heard people's voices singing in a chorus, a rattling song, which gradually died away in a distance
  3. San Francisco Call, 18 novembre 1896, page 3 [1]
  4. The San Francisco Call, 26 novembre 1896, page 1 [2]
  5. Wilmar tribune, 24 novembre 1896, page 3[3]
  6. The Dalles daily chronicle, 25 novembre 1896, page 1 [4]
  7. sunk into oblivion, dans le texte
  8. Omaha Daily Bee, 2 février 1897, page 2, See an Air Ship at Hastings [5]
  9. Searchlight dans le texte
  10. The bisbee daily review, 23 décembre 1909 [6]
  11. Sydney Morning Herald, 29 novembre 1912
  12. [7]
  13. The morning times, 12 avril 1896, Page 18 [8]
  14. The San Francisco Call, 26 novembre 1896, page 1 [9]
  15. Wilmar tribune, 24 novembre 1896, page 3 [10]
  16. The morning times, 12 avril 1896, page 18 [11]
  17. (en) « Close Encounters of a Kind », Time,‎ 1979-03-12 (consulté en 2007-04-12)
  18. Jane's Encyclopedia of Aviation, compiled and edited by Michael J.H. Taylor, New York: Portand House, 1989
  19. Courtlandt Canby, Histoire de l'Aéronautique, Éditions Rencontre and Erik Nitsche International, 1962
  20. parution dans le Journal des Débats politiques et littéraires

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Méheust, Science-fiction et soucoupes volantes, Mercure de France, Paris, 1978.
  • Bertrand Méheust, Soucoupes volantes et folklore, Mercure de France, Paris, 1987.
  • Michel Meurger, Alien Abduction, Scientifictions, no 1, Volume 1, Éditions Encrage.