Dioula (peuple d'Afrique)

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« Le marché de Té : pays dioula » (1899)

Les Dioulas sont des commerçants ambulants d'Afrique occidentale, présents dans l'ancienne aire d'influence mandé. Ce sont des Mandingues[1].

Dénominations[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de multiples variantes : Dabakala, Dabakara, Diouala, Dioulas, Diula, Djula, Doula, Duala, Dualas, Dyoula, Dyoulas, Dyoura, Dyulake, Dyulanke, Dyula, Dyulas, Jula, Julas, Juula, Wangara, Wankara[1].

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue est le dioula, une langue mandée[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

« Un Dioula des bords du Niger » (1900)

À l'époque de l'empire du Ghana, les groupes mandingues, dont font partie, entre autres, les Malinkés et les Soninkés, dominaient l'Afrique de l'Ouest. L'aristocratie, les membres de la noblesse, de l'empire du Ghana, ou de Wagadou, étaient issus des Soninkés et Malinkés.

Les commerçants arabo-berbères musulmans venus d'Afrique du Nord et de l'Orient par les voies transsahariennes étaient en contact avec cette noblesse de Wagadou. C'est ainsi que naquit parmi les membres de la noblesse une élite de commerçants, islamisés par les commerçants arabo-berbères. Cette élite servait d'intermédiaire entre les populations africaines et les arabo-berbères, pour le commerce.

Cette élite de commerçants mandingues portait le nom de Dioulas, qui signifie en malinké « commerçants ». Petit à petit cette élite de marchands devint de plus en plus indépendante, car grâce au commerce, ils ont pu s'enrichir de telle façon qu'ils se sont détachés peu à peu de l'aristocratie du Ghana. Devenant puissants économiquement, ils commencèrent à adopter un mode de vie nomade, de riches marchands ambulants. Avec le nomadisme qu'ils ont adopté, ils se répandirent, de l'ouest à l'est, du Sénégal au Niger, et du nord au sud du Sahel africain aux forêts de Côte d'Ivoire.

Étant parmi les premiers musulmans d'Afrique de l'Ouest, ils ont été aussi parmi les premiers propagateurs de cette religion en Afrique, avec les Toucouleurs du royaume du Tekrour, au fleuve Sénégal, et les Malinkés.

Ils établirent plusieurs réseaux commerciaux à travers l'Afrique de l'Ouest, faisant de la langue mandingue la langue véhiculaire.

Les Dioulas établirent leur domination dans plusieurs régions, et ont constitué de puissants États islamiques, tel que le royaume de Kong, au XVe siècle, <dont le fondateur est Bokar Traoré>[réf. souhaitée]. Le royaume Kong était situé aux nord de la Côte d'Ivoire, ce royaume vivait presque exclusivement du commerce. Les Dioulas du royaume Kong étaient des musulmans tolérants vis-à-vis des populations animistes tels que les Sénoufos. <Ils avaient aussi l'empire de Bégho, le royaume dioula du Gondja>[réf. souhaitée] et de Bobo Dioulasso, où régnait la dynastie dioula de patronyme Watara, descendante de Sékou Watara.

Dans le passé, l'islam très tolérant des Dioulas vis-à-vis des ethnies telles que les Sénoufos, les Dan, les Baoulés et divers autres groupes Akans, créèrent des tensions avec les Peuls musulmans qui voulaient pratiquer le djihad chez les animistes des terres dioulas. Les Dioulas protégeaient les animistes, ils durent guerroyer plusieurs fois contre les tentatives de conversions forcées de leurs voisins et coreligionnaires peuls.

Samory Touré, d'origine dioula[réf. souhaitée], établit l'empire du Wassoulou, en Afrique de l'Ouest, il portait le titre d'almamy. C'était un empire musulman, remarquable par son organisation territoriale et sociale. Samory Touré fut un grand résistant contre la colonisation. Le Wassoulou s'étendait sur une partie de la Côte d'Ivoire, du Mali et de la Guinée.

Les Dioulas étant les plus grands commerçants d'Afrique de l'Ouest, ce sont eux qui détenaient la plupart des marchés, ils contrôlaient la vente de produits comme : l'or, le sel, la kola, les armes blanches ainsi que les armes à feu, les divers produits agricoles, des tissus en particulier pour la confection des boubous. Ils contrôlaient également dans certaines parties de l'Afrique, le commerce des esclaves, initié par les Européens et les Arabo-Berbères. Ils étaient les principaux fournisseurs d'esclaves auprès des Maures.

La Côte d'Ivoire, le Burkina et le Mali sont des pays où les Dioulas sont particulièrement implantés. En Côte d'Ivoire, toute personne mandingue pratiquant le commerce est nommée dioula. Les Dioulas ne sont rien d'autre que des commerçants d'origine malinké, soninké ou bambara.

En Afrique de l'Ouest – à part les Dioulas – les Wolofs et les Haoussas sont les principaux grands commerçants.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Ces patronymes sont ceux portés par les Mandingues : Touré, Cissé, Camara, Ouattara, Savané, Coulibaly, Fofana, Soumaré, Fakoly, Doumbouya, Traoré, Koita, Koné, Sylla, Sanogo, Diabagaté ou Djabagaté, Gbané, Timité, Bamba, Diané, Diaby, Dembélé, Kouyaté, Diarra, Dao, Dagnogo, Souané, Diané, Koma, Berthé, Comara, Kamagaté, Souaré, Bakayoko ou Bagayogo, Soumahoro, Kanté, Kamaté, Kanaté, Kanouté, Konaté, Meité, Timité, Karamoko, Dosso, Fadiga, Keita,Abou, Bouaré,Diomandé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source RAMEAU, BnF [1]
  2. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Robert Launay, Traders without trade : responses to change in two Dyula communities, Cambridge University Press, Cambridge, 1982, 188 p. (ISBN 0521241790)
  • (en) Robert Launay, « Spirit media : The electronic media and islam among the Dyula of northern Côte d'Ivoire », Africa, 1997, vol. 67, no 3, p. 441-453
  • (en) Lucy Gardner Quimby, Transformation of belief : Islam among the Dyula of Kongbougou from 1880 to 1970, University of Wisconsin, Madison, 1972 (thèse).
  • (fr) Jean Derive, Fonctionnement sociologique de la littérature orale. L'exemple des Dioulas de Kong (Côte d'Ivoire), Université de Paris 3, 1986 (thèse)
  • (fr) Bernhard Gardi, « Côte d'Ivoire : les boubous sénoufo et dyoula », in Boubou – c'est chic : les boubous du Mali et d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest, Éditions Christoph Merian, Museum der Kulturen, Bâle, 2000, p. 146-153, 192
  • (fr) N. Ouattara, Les commerçants dyula en Côte d'Ivoire, permanences et ruptures d'un milieu socio-professionnel, École normale supérieure d'Abidjan, Abidjan, 1987
  • (fr) Yves Person, Samori. Une révolution dyula, Dakar, IFAN, Université de Dakar, 1968, 3 tomes, t.I, 1-600 ; t.II, 601-1271 (Mémoire IFAN no 80), t.III, 1272-2377 (Mémoire IFAN no 89) parue en 1968 (t.I et II) et 1975 (t.III) (Thèse d’État)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]