Dioscore Ier d'Alexandrie

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Dioscore Ier d'Alexandrie († 4 septembre 454) , patriarche d'Alexandrie, succéda à Cyrille en 444. Il fut déposé au concile de Chalcédoine le 13 octobre 451[1]. Sa déposition, refusée par la majorité de l'Église d'Alexandrie, fut à l'origine de la crise monophysite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans le domaine christologique, il adopta dans un premier temps les positions monophysites d'Eutychès pour évoluer par la suite vers le miaphysisme : une nature composée de deux natures, la divine et l'humaine.

Présidant le deuxième concile d'Éphèse, connu sous le nom de « brigandage d'Éphèse » (449), il refusa de donner lecture de la lettre (Tome à Flavien) par laquelle le pape Léon soutenait la position christologique défendue par le patriarche de Constantinople Flavien contre Eutychès. Dioscore obtint la déposition de Flavien et excommunia le pape.

Au concile de Chalcédoine, tenu en 451, il soutint des positions miaphysites. À la rédaction du Symbole de Chalcédoine, « [..] reconnu en deux natures », il répliqua :

« J’admets : de deux [natures] ; je n’admets pas : deux [natures][2],[3]. »

Il niait que les deux natures fussent confondues dans le Christ :

«  Nous disons ni confusion, ni division, ni conversion, anathème à qui dira confusion, ou conversion, ou mélange[4] »

Le concile le déposa de l'épiscopat et du sacerdoce, le 13 octobre, non pour ses positions théologiques[5] mais pour son comportement lors du deuxième concile d'Éphèse. Ainsi, le patriarche de Constantionople Anatole a pu dire devant tout le concile sans être contredit :

« Dioscore n’a pas été déposé pour la foi, mais parce qu’il a excommunié l’archevêque Léon, et qu’ayant été cité trois fois, il n’est pas venu[6]. »

L'empereur Marcien l'exila à Gangres en Paphlagonie, où il mourut le 4 septembre 454.

Sa déposition entraîna le rejet par l'Église d'Alexandrie du concile de Chalcédoine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  1. Venance Grumel, Traité d'études byzantines, vol. I La Chronologie, Presses Universitaires de France, Paris, 1958, chapitre IV « Listes ecclésiastiques : Patriarches d'Alexandrie (282-535) », p. 443
  2. François Nau, « En quelle mesure les Jacobites sont-ils monophysites ? », Revue de l'Orient chrétien,‎ 1905, p. 126-127 (lire en ligne).
  3. Carl Joseph Hefele, Histoire des conciles d’après les documents originaux, Adrien Le Clère, 1870, vol. III, p. 26.
  4. François Nau, op. cit., p. 128.
  5. « Dioscore … disait qu’il reconnaissait que Jésus était composé de « deux natures », mais qu’il n’était pas « deux natures » ; ce qui semble orthodoxe : car ils [les jacobites] ne veulent pas avouer qu’il y ait deux natures en Jésus-Christ, de peur d’établir deux Jésus-Christ. » Richard Simon, Histoire critique des dogmes, des controverses, des coutumes et des cérémonies des chrétiens orientaux, cité par François Nau, op. cit., p. 132.
  6. François Nau, op. cit., p. 132.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • CPG 5452-5471
  • Venance Grumel, Traité d'études byzantines, vol. I La Chronologie, Presses Universitaires de France, Paris, 1958, chapitre IV « Listes ecclésiastiques : Patriarches d'Alexandrie (282-535) », p. 442-443.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • François Nau, « En quelle mesure les Jacobites sont-ils monophysites ? », Revue de l'Orient chrétien,‎ 1905 (lire en ligne).