Diogène d'Apollonie

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Diogène d'Apollonie, philosophe grec présocratique du Ve siècle av. J.-C., éclectique, actif vers 450 av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diogène d'Apollonie, fils d'Apollothémis, est né à Apollonie du Pont, colonie de Milet sur le Pont-Euxin[1]. Nous n'avons aucun renseignement sur ses dates de naissance et de mort. Il aurait été l'élève d'Anaximène[2] et le contemporain d'Anaxagore. Il considérait les philosophes de la nature comme des sophistes. On le considérait parfois comme un athée.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Il semble que sa pensée soit particulièrement influencée par Anaxagore et par Leucippe (atomisme). Diogène d'Apollonie est le philosophe qui pose une méthode du fondement : « Au commencement de tout propos, il faut, me semble-t-il, fonder le principe d'une manière absolument certaine »[3].

Cosmologie[modifier | modifier le code]

Il reprend la proposition ionienne : « Rien ne naît du non-être ni ne périt en non-être. » Pour Diogène d'Apollonie, il y a donc un principe éternel.

L'air est pour lui, comme pour Anaximène, l'élément premier unique, illimité et éternel ; par sa raréfaction et sa condensation, il engendre des mondes en nombre illimité, et les différentes formes des choses[4]. Le vide est lui aussi illimité. Le monde est corruptible, et il en naît une infinité au cours de chaque révolution.

« Alors que le tout est en mouvement, une partie du tout se raréfie tandis qu'une autre se condense. À l'endroit où le dense se rassemble, il produit la Terre par condensation, et c'est de la même manière que se trouvent produites les autres choses ; au contraire, les parties les plus légères, en se disposant en haut, donnent naissance au Soleil[5]. »

L'air illimité est ainsi la matière à partir de laquelle tout se forme, mais il « contient une raison divine sans laquelle rien ne pourrait procéder de lui[6]. »

Astronomie[modifier | modifier le code]

La Terre est ronde, au centre, supportée par l'air. Le Soleil est une sorte de pierre ponce.

Psychologie et physiologie[modifier | modifier le code]

Le principe étant l’air, l’âme c'est l'air, principe rationnel, mobile et incorruptible:

« En tant que l’air est premier et que le reste en dérive, il connaît, et en tant qu’il est le plus subtil, il est moteur[7]. »

Il s'efforce d'expliquer les sensations à partir de l'air, et soutient, comme Démocrite, que les sensibles n'existent pas par eux-mêmes, mais par convention, autrement dit par l'effet de nos opinions et affections.

Biologie[modifier | modifier le code]

Dans ce domaine, nous devons à Diogène d'Apollonie la première description détaillée et précise du système veineux. Rappelons toutefois qu'il n'y a pas encore distinction entre système veineux et artériel ; il en est de même chez Empédocle avant lui et chez Platon après lui. La pensée de Diogène d'Apollonie se devine dans divers traités du Corpus hippocratique, dont De la maladie sacrée, La nature de l'enfant.

Météorologie[modifier | modifier le code]

Il chercha à expliquer le tonnerre (chute du feu sur un nuage), les crues du Nil (le Soleil aspire l'eau de la mer qui retombe dans le fleuve), et les cycles de la pluie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Diogène Laërce nous a conservé le début de son traité De la nature. Les fragments qui restent de lui ont été publiés à Leipzig en 1830 par Panzerbutter.

Il a écrit de nombreuses œuvres:

  • De la nature
  • Contre les philosophes de la nature
  • Météorologie
  • De la nature de l'homme

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ancien nom de la Mer Noire
  2. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (57)
  3. Idem (VI, 81)
  4. Simplicios de Cilicie, Commentaire sur la Physique d'Aristote (25, I)
  5. Pseudo-Plutarque, Stromates, 12.
  6. Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu (VIII, 2)
  7. Aristote, De l'âme (I, II, 405 a 21) [lire en ligne]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]