Diocèse d'Aoste

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Diocèse d'Aoste
(la) dioecesis Augustana
Image illustrative de l'article Diocèse d'Aoste
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption d'Aoste.
Pays Italie
Église catholique
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse suffragant
Création IVe siècle
Affiliation Piémont-Val d'Aoste
Province ecclésiastique Turin
Siège Aoste
Diocèses suffragants aucun
Conférence des évêques Conférence épiscopale italienne
Titulaire actuel Mgr Franco Lovignana
Langue(s) liturgique(s) français
italien
Calendrier grégorien
Paroisses 93 (2006)
Prêtres 96 prêtres séculiers (2006)
28 prêtres réguliers (2006)
13 diacres permanents
Religieux 38 (2006)
Religieuses 135 (2006)
Territoire Vallée d'Aoste
Superficie 3 262 km2
Population totale 122 589 (2006)
Population catholique 119 546 (2006)
Pourcentage de catholique 97,5 %
Site web www.diocesiaosta.it/
Image illustrative de l'article Diocèse d'Aoste
Localisation du diocèse
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse d'Aoste (en latin : dioecesis Augustana ; en italien : diocesi di Aosta) est un des diocèses de l'Église catholique en Italie. Suffragant depuis 1862 de l'archidiocèse de Turin, il relève de la région ecclésiastique du Piémont-Val d'Aoste.

Le diocèse s'étend sur la Vallée d'Aoste sur une superficie de 3 262 km2, couvrant 93 paroisses et accueillant 119 546 fidèles baptisés (97,5 % de la population). Le clergé du diocèse est constitué de 96 religieux séculiers et 28 religieux réguliers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers la moitié du IVe siècle, l'église d'Aoste comme l'ensemble du territoire subalpin appartenait au point de vue ecclésiastique au diocèse de Verceil dirigé par Eusèbe et suffragant de Milan, avant d'être érigé en évêché et toujours rattaché à l'archidiocèse de Milan. Son érection date du IVe siècle et est le fait soit de saint Ambroise (340-397), évêque de Milan, soit de saint Jacques, évêque de Moûtiers. Il semble toutefois que la première version soit la plus probable dans la mesure où saint Eustase, premier évêque d'Aoste attesté participe au synode de Milan en 451 et que saint Jacques ne fut le 1er évêque de Tarentaise qu'en 420[1].

Au VIIIe siècle, le diocèse d'Aoste devient suffragant de l'évêché de Tarentaise vers 794/811[2]. Il revient provisoirement dans l'archidiocèse de Milan en 867[3]avant d'être définitivement réintégré dans l'archevêché de Tarentaise après 969. L'évêché d'Aoste restera suffragant de cet archevêché jusqu'à sa suppression lors de la Révolution française. Au XVIIIe siècle à la suite de querelles entre le Saint-Siège et la cour de Turin le siège reste vacant pendant une douzaine d'année.

Par le sénatus-consulte organique du 24 fructidor an X (11 septembre 1802), le Sénat conservateur décrète la réunion à la France du département de la Doire et des cinq autres départements[4] de la République subalpine.

Le siège épiscopal valdôtain est supprimé par le décret du 2 pluviôse an XIII (2 août 1805), par lequel Jean-Baptiste Caprara supprime, en exécution de la bulle Gravissimis causis adducimur du 1er juin 1803, sept des seize diocèses en Piémont.

Il est reconstitué par lettres apostoliques et incorporé au diocèse d'Ivrée[1]. Il faut attendre 1818 et la restauration sarde pour que le diocèse d'Aoste soit rétabli et qu'il devienne suffragant de l'Archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise. Lors de l'annexion de la Savoie, en 1860, le gouvernement français demande son détachement de Chambéry. Le pape y consent par une bulle du 1er décembre 1862 et en fait un suffragant de l'archidiocèse de Turin.

Le territoire[modifier | modifier le code]

Le diocèse coïncide avec le territoire de la vallée d'Aoste, à l'exception de la commune valdôtaine de Pont-Saint-Martin, adjacente à celle piémontaise de Carême, qui appartient historiquement au diocèse d'Ivrée. Le torrent Lys, qui descend de la vallée de Gressoney, marque sa limite. Toutefois, étant donné que le village de Pont-Saint-Martin s'étend depuis des décennies au-delà du Lys, vers Carême, les autorités diocésaines, pour améliorer la situation, ont décidé de rattacher cette commune au diocèse aostois.

Le diocèse comprend la région autonome de la Vallée d'Aoste. Le territoire est subdivisé en 93 paroisses dans les 74 communes valdôtaines : Allein, Antey-Saint-André, Aoste, Arnad, Arvier, Avise, Ayas, Aymavilles, Bard, Bionaz, Brissogne, Brusson, Challand-Saint-Anselme, Challand-Saint-Victor, Chambave, Chamois, Champdepraz, Champorcher, Charvensod, Châtillon, Cogne, Courmayeur, Donnas, Doues, Émarèse, Étroubles, Fénis, Fontainemore, Gaby, Gignod, Gressan, Gressoney-La-Trinité, Gressoney-Saint-Jean, Hône, Introd, Issime, Issogne, Jovençan, La Magdeleine, La Salle, La Thuile, Lillianes, Montjovet, Morgex, Nus, Ollomont, Oyace, Perloz, Pollein, Pont-Saint-Martin, Pontboset, Pontey, Pré-Saint-Didier, Quart, Rhêmes-Notre-Dame, Rhêmes-Saint-Georges, Roisan, Saint-Christophe, Saint-Denis, Saint-Marcel, Saint-Nicolas, Saint-Oyen, Saint-Pierre, Saint-Rhémy-en-Bosses, Saint-Vincent, Sarre, Torgnon, Valgrisenche, Valpelline, Valsavarenche, Valtournenche, Verrayes, Verrès, Villeneuve

Régime linguistique[modifier | modifier le code]

Exclusivement francophone jusqu'aux années 1920, le diocèse d'Aoste est aujourd'hui bilingue, les liturgies se déroulent en langue italienne et française, la quasi-totalité des chants religieux valdôtains étant seulement en français. Le chant de Noël au Val d'Aoste est la Pastorala de l'abbé Jean-Baptiste Cerlogne, en patois valdôtain.

Évêques d'Aoste[modifier | modifier le code]

Article principal : Liste des évêques d'Aoste.

Statistiques[modifier | modifier le code]

À la fin de 2006, le diocèse d'Aoste comptait 119 546 baptisés sur une population de 122 589 personnes, correspondant à 97,5 % du total.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bulletin de la Société de l'histoire de France de la Société de l'histoire de France, 1848, p.147.
  2. L'érection de la province de Tarentaise se place entre 794 et 811 date à laquelle l'évêque de Tarentaise résidant à Moûtiers figure avec le titre d'archevêque au testament de Charlemagne.
  3. Cette année là le Pape Nicolas Ier subordonne l'archevêché de Tarentaise à l'archidiocèse de Vienne
  4. Les départements du , de Marengo, de la Sesia, de la Stura et du Tanaro.
  5. selon le nécrologe de Saint-Ours
  6. Évêque d'Aoste évoqué mais non nommé dans une lettre de Pierre Damien à la comtesse Adélaïde de Suse lorsqu'il lui reproche de ne pas avoir inclus ce prélat parmi les évêques qu'elle avait comblés de ses dons
  7. Voir Famille Milliet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Aimé-Pierre Frutaz, Le Fonti per la storia della Valle d'Aosta, Ed. di Storia e Letteratura, Rome, 1966. Réédition 1997 (ISBN 8886523335)
  • (fr) Joseph-Auguste Duc, Histoire de l'Église d'Aoste, 10 volumes, (1901-1915)
  • (fr) Joseph-Marie Henry, Histoire populaire, religieuse et civile de la Vallée d'Aoste, 1929, réédition 1967.
  • (fr) Jean-Vincent Tasso, Lettre pastorale sur le sixième centenaire de la mort du Bienheureux Emeric de Quart, évêque d'Aoste : septembre 1313-septembre 1913 ; Aoste, Imprimerie Catholique 1913
  • (fr) Emanuela Lagnier, Corpus Musicae Hymnorum Augustanum, (MLEA XI), Aoste 1991
  • (fr) Jean-Baptiste de Tillier, Chronologies du Duché d'Aoste, Bibliothèque du séminaire d'Aoste, par les soins de Lin Colliard, 1994
  • (fr) Louis Christillin, Le rit particulier et l'autonomie de l'Eglise valdôtaine, par les soins de Lin Colliard, Cahiers sur le particularisme valdôtain, VI, Aoste 1973
  • (fr) Albert-Marie Careggio, Le clergé valdôtain de 1900 à 1984 : notices biographiques Aoste, Imprimerie valdôtaine, 1985
  • (fr) Ouvrage collectif, Recherches sur l'ancienne liturgie d'Aoste et les usages religieux et populaires valdôtains, 6 volumes, Aoste 1969-1976
  • (it) Fedele Savio Gli antichi vescovi d'Italia dalle origini al 1300 descretti per regioni: Piemonte Fratelli Bocca Editore, 1898.